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Avec le statut de PSF de support, le Luxembourg dispose d’un cadre unique pour un sourcing régulé… Une formidable opportunité pour contrer la crise. Mais encore faut-il le promouvoir.Alain de Fooz
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Réduire les effets de la crise du secteur financier, développer des partenariats avec d’autres acteurs technologiques afin de pouvoir proposer un véritable écosystème de compétences et diversifier les marchés quitte, pourquoi pas, à démarcher des entreprises hors du secteur financier. Et, surtout, viser l’international.
Pour Yves Baguet, IT Managing Director, Clearstream Services, ce sont les trois principaux défis pour rebondir. «Nous disposons d’un cadre unique pour promouvoir Luxembourg comme centre de compétences pour un sourcing régulé». De fait. Mais qui connaît le statut de PSF? S’il ne devait avoir qu’un seul défaut, c’est bien celui-là: il est méconnu! La promotion de ce formidable instrument n’a jamais été faite. Les instances publiques n’ont pas joué leur rôle d’«ambassadeur». Hier, dans un contexte économique en croissance, le sujet était secondaire. Aujourd’hui, dans un contexte de récession, la question s’est naturellement imposée lors de la conférence de printemps de l’Association des PSF de Support qui s’est tenue le 19 février à la Chambre de Commerce de Luxembourg. D’autant que ce statut a un coût financier et organisationnel.
Quelque 69 PSF sur plus de 600 acteurs IT. A priori, le rapport n’est pas déséquilibré. Sauf qu’avec la crise, le Luxembourg est devenu tout à coup trop étroit, d’autant plus que le secteur financier seul ne peut plus répondre aux attentes. C’est sûr, il y aura des rapprochements, voire des disparitions. Tant pour l’Association des PSF de Support que pour les autorités, il est urgent de définir une stratégie globale, d’imaginer de nouveaux débouchés.
On peut être performant dans son activité et piètre communicant. Voici tout juste deux ans, pour Soluxions, le CRP Henri Tudor insistait -déjà- sur la nécessité d’un travail de clarification et de promotion. Qu’a-t-on fait?
Qu'est-ce qu'un PSF? Quel est son rôle, son apport? Répondre à ces questions c'est participer à lever les imprécisions. A en croire le CRP Henri Tudor, il y en a toujours. Exemple, la confusion, dans les textes officiels, entre «externalisation» et «mise à disposition de personnel»...
Un travail important a été réalisé avec la publication de «Luxembourg Regulated Outsourcing» présentée lors cette conférence de printemps. Mais une plaquette -si réussie soit-elle- ne peut suffire. Il faut aujourd’hui prendre son bâton de pèlerin et s’en aller prêcher la bonne parole… Des acteurs de tout premier plan comme IBM, eBRC et Cleastream Services ont déjà attiré des groupes financiers à venir s’installer à Luxembourg. Le partenariat qui lie aujourd’hui CSC à CACEIS au départ des infrastructures de eBRC est un bel exemple. Le choix de Dexia de centraliser son informatique à Luxembourg à travers une entité spécifique, Dexia Technology Services, aussi.
Tout comme les autorités aiment à rappeler l’installation de fleurons de l’industrie comme Amazon, eBay, Skype ou iTunes, il est urgent, aujourd’hui, de voir plus loin. Certes, on a toujours besoin de mettre en avant des «références», mais comme le conseille le CRP Henri Tudor, il faut désormais étendre le champ d'action du statut de PSF par-delà le secteur purement financier. En somme, exploiter les notions de confidentialité, de prudentialité et de conformité qui le caractérisent pour sensibiliser d’autres secteurs, comme la santé par exemple.
Tout miser sur le seul secteur financier est un leurre. Nous sommes à un tournant. Deux jours après la conférence de printemps, dans un tout autre contexte il est vrai, Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères, a plaidé pour une «redéfinition» du secret bancaire. La preuve, encore, que rien n’est acquis, rien n’est définitif. En revanche, il est possible de capitaliser sur une expertise unique. Le législateur a fait ce qu'il fallait pour que la gestion des OPC soit intéressante à développer ici et pas ailleurs. Les compétences ont suivi. Et, depuis, la Place est reconnue dans le monde entier pour ses compétences. Pourquoi ne pas imposer de la même façon le secteur ICT? Le statut est unique en Europe, rappelle à raison Luc Frieden, ministre du Trésor et du Budget. Nulle part ailleurs il n’existe d’organisation de services externalisés régulés. Or, en temps de crise n’est-ce pas précisément ce que demande le
«Le monde paie aujourd’hui ses excès: excès de crédits, excès de pratiques douteuses, excès de confiance dans les marchés… La reprise viendra de l’orthodoxie, donc de la gouvernance.»
Une évidence? Pas si sûr, constate amèrement Patrick Zurstrassen, président de l’Institut Luxembourgeois des Administrateurs. Jusqu’ici, le silence de Bruxelles est plutôt assourdissant. Aucune mesure, pas la moindre proposition de la Commission européenne en la matière. Les entreprises anticipent encore mal les problèmes de gouvernance, de risques et de conformité réglementaire. Or, le besoin est là, flagrant. Une récente analyse de l'Economist Intelligence Unit (à l’issue d’une étude en ligne menée auprès de 195 dirigeants) montre que les entreprises européennes n'ont toujours pas adopté une approche intégrée des problèmes de conformité réglementaire.
La majorité (54%) des dirigeants ayant répondu affirment que leur organisation ne s'est dotée d'aucun conseil ou comité chargé des problèmes de gouvernance, de risques et de conformité réglementaire; 61% des dirigeants interrogés indiquent par ailleurs qu'en ce domaine l'approche de leur organisation est uniquement réactive.
Significatif: les services ICT sont jugés partiellement responsables de cette situation. Moins de la moitié des personnes interrogées (45%) pensent que les systèmes d’information de leur organisation sont correctement adaptés à leurs initiatives en matière de gouvernance, risques et conformité réglementaire. Plus inquiétant: selon 27% des dirigeants interrogés, lorsqu'ils demandent des informations dans le cadre d'un audit réglementaire, celles-ci sont le plus souvent indisponibles ou incompatibles avec leurs besoins. Bref, il est urgent de promouvoir le statut de PSF, de mettre en valeur son aspect régulatoire. Il est urgent, aussi, que ses acteurs, notamment via l’Association des PSF de Support présidée par Nicolas Buck, tissent des relations de partenariat plutôt que s’opposer. Comme le rappelle Vectis, il y a énormément à faire, en particulier dans le domaine de l’assurance. Le législateur, aussi, est attendu. Notamment pour créer un nouveau cadre légal autour de l’archivage établissant une fois pour toutes la valeur probante du document électronique. Nouveau commentaire :
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«Une solution Endpoint Security ne s’improvise pas et ne s’impose pas, mais s’évalue cas par cas!»



