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Ce n’est pas parce qu’il est impossible de faire des projections solides sur la date à laquelle le marché renouera avec la croissance qu’il ne faut pas préparer la sortie de crise.

Vendredi 19 Juin 2009



Ce n’est pas parce qu’il est impossible de faire des projections solides sur la date à laquelle le marché renouera avec la croissance qu’il ne faut pas préparer la sortie de crise.
Quand ce moment tant attendu arrivera… il sera trop tard pour les entreprises qui ne l'auront pas anticipé, prévient Gartner, qui fixe le 1er juillet comme date butoir pour parachever les préparatifs de reprise économique. 



La démarche peut surprendre alors même que nous subissons de plein fouet les effets de la crise et que nous savons qu’elle traduit avant tout l'épuisement d'un système. Un indice parmi d’autres: les ventes de serveurs qui ont baissé de 25%. Du jamais vu!

Sans doute. Mais si la réduction des coûts -une des priorités des dirigeants d'entreprise depuis plusieurs années- est accrue, l'amélioration des processus métier figure en tête au top 10 des priorités «business», qu’il faut distinguer des priorités «IT». Ce qui suppose une volonté de changement.

Et Gartner d’interroger: comment initier ce changement si l’on continue à faire comme on a toujours fait après avoir réduit les effectifs et fait travailler les collaborateurs restants à plein régime? Le jour où le marché repartira, il leur sera impossible de répondre à la demande. C’est sûr, le nez dans le guidon n’incite pas à réfléchir, à reconsidérer ses priorités.


Préparer la sortie de crise, propose Gartner. Miser sur le changement, voire la rupture, renchérit Cisco qui propose de structurer et industrialiser les processus d’innovation.

Officialiser l’innovation. Ce qui veut dire l’organiser et la gouverner. Aujourd’hui, regrette Cisco, on en est encore loin. A l’issue d’une enquête auprès de grands groupes industriels, il apparaît que 85% des entreprises interrogées ont créé des directions de l’innovation depuis moins de deux ans; 40% d’entre elles datent de 2008. Cela ne signifie pas que l’innovation n’existait pas auparavant, mais c’est seulement aujourd’hui qu’elle trouve sa place à la croisée des chemins entre la R&D, berceau historique de l’innovation, et le marketing.

Forester Research enfonce encore un peu plus le clou en assurant que la façon dont les entreprises ont innové jusqu'ici va fondamentalement changer. On associera davantage les partenaires et des acteurs extérieurs comme des start-up spécialisées ou le milieu académique; on associera aussi davantage les clients pour susciter leurs avis, leurs attentes. Pour ne pas l’avoir compris suffisamment tôt, l'industrie automobile américaine est en train de sombrer, assure George Colony, CEO de Forrester Research.

Et d’y voir une formidable opportunité pour l’IT. Quelle que soit l'activité de l'entreprise, tout va désormais passer par ce qu’il nomme les Business Technologies, appellation plus engagée que l’Information Technology. En somme: comment les nouvelles technologies s'articulent dans une vision orientée business.

Anticiper, innover. La crise doit donc être considérée comme une opportunité: faire ce qu’on n’a jamais le temps de faire en phase d’expansion ou de conquête.

Il est urgent de se poser des questions de fond, de faire passer des idées qui n’auraient jamais pu être envisagées auparavant, de se réorganiser, de se repositionner.

Si, jusqu’ici, l’IT a été synonyme de recherche de gains de productivité par la réingénierie des processus existants et par le contrôle des coûts, les BT correspondent, elles, aux multiples déclinaisons des innovations technologiques et non technologiques qui sont maintenant indispensables pour favoriser l’émergence et le développement de l’innovation.

Par opposition à l’IT, les BT permettront notamment de vendre différemment partant, notamment, que le temps où les clients étaient fidèles à une marque est révolu. Aujourd'hui, l'attachement à une marque ou un produit passe par les outils sociaux; il faut donc que les BT prennent en compte les réseaux sociaux et autres outils de type Web 2.0.


Pour Forrester Research, seules les BT vont pouvoir prendre en compte les habitudes de la génération Y -les fameux «digital natives», âgés de 18 à 27 ans, née avec le numérique. Bref, de nouvelles façons de communiquer, de vendre, mais aussi d’attirer et de fidéliser. Ce sera à l’informatique de prendre les devants, de mettre en œuvre les outils nécessaires.

Il y a une grande différence entre cette récession et celle qui a suivi l'explosion de bulle Internet, résume Gartner. A l'époque, les technologies étaient perçues comme le «problème», alors qu'aujourd'hui elles sont comprises comme la «solution». Dans ces conditions, assurent ses analystes, il n'est pas trop surprenant que les budgets IT n’aient pas été réellement impactés. Moins de 10% des entreprises auraient réduit leur budget de 10% et plus. Un signe évident de maturité.


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