Cloud Computing… à aborder progressivementMercredi 28 Avril 2010
«On ne se demande plus ‘pourquoi’, mais ‘quand’ et ‘comment’», constatent Sogeti et Microsoft à l’issue d’un séminaire sur le Cloud Computing à Luxembourg le 25 mars dernier. Une étape importante a donc été franchie.
«Il faut baliser le chemin. Pas du point de vue technologique, mais au départ du business. En ce sens, le Cloud Computing est radicalement différent d’un projet de virtualisation!»
Rien d’étonnant. Parmi les atouts du Cloud Computing, il faut souligner la capacité à monter en charge, mais aussi la fiabilité grâce à une spécialisation des technologies, des compétences et des outils. Côté coûts, on en constate une meilleure maîtrise, liée à une facturation à la consommation, voire une réduction de par le facteur d’échelle inhérent au gigantisme des infrastructures dans les nuages. Autant d’atouts qui viennent s’ajouter aux bénéfices intrinsèques du Cloud Computing: une simplification, voire l’automatisation de la gestion des opérations, ainsi qu’une forte réactivité pour la mise à disposition d’applications métiers. «Ces cinq dernières années, les applications d'entreprise ont fait l'objet d'un changement considérable dans leur déploiement, commente Hubert Beaucarne, Department Manager, Sogeti BeLux. D'un choix binaire entre applications sur site et créées en interne, d'une part, et externalisation, d'autre part, le choix s'étend aujourd'hui aux environnements basés sur le réseau, comme en témoignent le SaaS -une forme de Cloud Computing. D'autres formes auront également un impact sur les applications d'entreprise, comme l'exécution d'applications non partagées sur des infrastructures publiques ou bien sur une infrastructure privée à l'intérieur du firewall d'une entreprise.»
On attendait un déclic, le voilà! En tirant parti d’infrastructures prêtes à l’emploi, on se rend compte qu’il est à la fois possible d’étendre et de soulager le système d’informations et les équipes, tout en maîtrisant les coûts et en gagnant en agilité.
Reste à définir quel type de «cloud». «Car il existe en différents parfums et nous devons entrer dans un niveau de détails important pour bien comprendre ce que chaque entreprise veut faire avec et comment nous pouvons l'y aider. Je vois chez nos clients différentes formes d'externalisation, de plus en plus nombreuses. Certains ont besoin de services d'infrastructure, d'autres de services applicatifs ou de services métiers.» Le Cloud Computing peut aussi prendre en charge des besoins annexes pour l'exécution des applications d'entreprise. Ce peut être le cas, par exemple, de besoins informatiques spécialisés, où une analyse sporadique consommant une grande quantité de données est requise. Autre exemple, l'utilisation de l'infrastructure à des fins de test et de prototypage. Sogeti propose déjà du TaaS (Testing as a Service), une forme d'externalisation du «déverminage» et de l'optimisation des performances des services métiers.
Travaillant depuis quelques mois sur cette évolution, Sogeti propose de gérer la transformation en plusieurs étapes -optimisation du data center, virtualisation, etc. Pour gérer ces différentes briques, Sogeti a développé des processus et méthodologies pour faciliter la migration du système d'information du physique au virtuel, puis au «cloud», tout en passant d'une logique classique d'intégration de systèmes à celle d'un assemblage de services. Capable de gérer aussi bien les «clouds» publics, privés ou hybrides, les offres proposées, reposent sur des solutions reconnues, dont Microsoft Azure.
«La première étape consiste à aligner le business model de l’organisation avec sa feuille de route technologique. Via notre offre Infostructure Transformation Services, nous accompagnons ce processus, de l'analyse de rentabilité du projet à sa mise en production, en passant par la conception et l'architecture du projet.» A mesure que ces concepts se précisent, de nombreux points devront être pris en compte. Ainsi, la sécurité des données, la conformité de l'intégrité des processus ou encore le contrôle de la définition des données et des processus. «On peut aborder le ‘cloud’ sur un périmètre donné, par exemple sur les zones les moins critiques du business. C’est là que nous intervenons pour observer les enjeux, la maturité des infrastructures et définir comment accompagner les organisations. De toute évidence, ce ne sera pas une approche tout ou rien, ni une bascule à 100% vers le ‘cloud’, mais une démarche progressive et raisonnée, avec une solution et une infrastructure privée prolongée, sur certains domaines, par des services ‘cloud’», assure encore Hubert Beaucarne. Du «pourquoi», on passe lentement au «quand» et au «comment»
Beaucoup d’intérêt. Et autant d’interrogations. Faut-il s’en étonner? La perception n’est pas toujours très claire: SaaS, IaaS, PaaS… il y a confusion.
Le terme a été vilipendé. «Le Cloud est aujourd’hui victime du hype», reconnaissent en chœur, Thierry Fromes, directeur général de Microsoft Luxembourg, et Hubert Beaucarne, Department Manager Sogeti BeLux, principaux animateurs d’un intéressant séminaire sur le Cloud Computing à Luxembourg le 25 mars dernier. A les entendre, c’était une étape; on ne pouvait y échapper. Au vu de l’intérêt des participants, il y a progrès. «On ne se demande plus ‘pourquoi’, mais ‘quand’ et ‘comment’», apprécie Thierry Fromes. Avec un accent tout particulier sur le «comment». Ainsi à propos du partage et de la consolidation de données à l’extérieur de l’entreprise. «Les données d’entreprises sont de plus en plus souvent mutualisées sur un parc de serveurs de bases de données qui vit derrière la DMZ, et mettre ces données à la disposition d’applications accessibles sur Internet est complexe, poursuit Thierry Fromes. SQL Azure permet de répliquer des jeux de données sur le Cloud, par exemple pour publier des données de référence ou permettre à des applications externes d’accéder aux données dont elles ont besoin sans maintenance lourde d’un serveur de bases de données en DMZ.»
Plus sensible encore, l’ouverture des applications d’entreprise à des tiers -partenaires ou clients. Quid, en particulier, de l’annuaire Active Directory? «Ici encore, Microsoft a une solution avec AppFabric, qui permet d’ouvrir les applications aux partenaires et clients de façon simple et rapide, en s’appuyant sur les protocoles standardisés de gestion d’identité sur Internet…»
Plusieurs questions, aussi, au sujet du déploiement -«Faut-il tout mettre sur le Cloud?», «Faut-il privilégier ou non une approche big bang?» Comme le note Thierry Fromes, il faut parfois freiner les ardeurs. «Le collaboratif est un beau point de départ avec SharePoint, par exemple. Ou Office…» De toute évidence: ne rien précipiter. «Le premier driver est économique, le second est la facilité: accéder à aux ressources aussi facilement qu’à l’énergie. C’est une valeur de service. En même temps, on change de modèle, passant d’un CAPEX à un OPEX.» A Luxembourg, on attend maintenant une réaction du régulateur. Il y a manifestement une opportunité pour le pays, qui peut jouer le rôle de «data ambassy». On y travaille, notamment via Euro-Cloud, l’ABSI et autres associations professionnelles. Dans la même rubrique :
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