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Cloud... On ira, mais pas tout de suite

Jeudi 31 Mars 2011

Un vrai changement de paradigme qui exige de nouveaux modèles. Aujourd’hui, on commence seulement à les mettre en place...



Cloud... On ira, mais pas tout de suite
Que ferez-vous dans cinq ans? Où en sera votre entreprise? Existera-t-elle toujours ou aura-t-elle fusionné? Questions directes, mais réponses floues... «Si l’époque actuelle invite à s’engager, elle n’appelle pas à investir», observe Renaud Persiani, Sales Manager, Netcore. Avec Virtual Private Cloud, P&TLuxembourg propose une plateforme informatique à la demande immédiatement opérationnelle, dans un environnement de confiance, contrôlé de bout en bout, répondant aux exigences d’agilité, d'évolutivité et de résilience les plus strictes.»

Le Cloud Computing traduit un vrai changement de paradigme. «Cette forme de fourniture de service permet de s'affranchir des contraintes matérielles, analyse Serge Bar, Infrastructure Director, Bull. Ce n'est plus tel ou tel matériel qui est choisi, mais le service répondant réellement aux besoins métier du client!»

«Aujourd’hui, les solutions de Cloud représentent un alignement inédit des attentes de clients et des possibilités de la technologie, note David Barbaro, Sales Department Manager, Sourcing & Managed Services, Telindus. Et de voir dans le Cloud Computing une étape vers l’Utility Computing, à savoir le principe de la fourniture étendue des ressources ICT facturées à l'usage, comme l'eau, le gaz ou l'électricité. «C’est le but, la finalité. En ce sens, nous avons encore beaucoup à faire pour introduire de nouveaux modèles économiques. Pour moi, c’est le véritable enjeu. On va devoir se montrer très créatifs...»

C’est branle-bas de combat! L’émergence du modèle bouscule surtout les spécialistes de l’externalisation d’infrastructure. Logique: l’économie générée en matière d’exploitation apparaît comme l’un des points forts de ces nouvelles solutions basées sur des centres de production fortement automatisés. Bref, il va falloir s’adapter à la nouvelle donne: moderniser les installations et proposer des modes de facturation plus souples.

La période est un peu angoissante pour les prestataires, la tension est palpable. De fait, ils ne détiennent pas, dans leurs gènes, le modèle économique pour gérer cette souplesse. «Le Cloud n’a pas impacté le pay-per-use-par-month, on le pratiquait déjà. Mais il conforte le modèle. C’est un enabler. Les clients perçoivent mieux l’intérêt qu’ils peuvent en tirer», constate Peter Hellemans, Siemens IT Solutions and Services.

Et de poursuivre: «L’enchaînement a été très rapide. Il y a quatre ans à peine, le client voulait son environnement dans ses murs. Ensuite, il a accepté d’externaliser ses sauvegardes, puis son stockage et, enfin, ses serveurs. Personne n’aurait imaginer un tel basculement de valeurs!»

Selon Telindus, le marché est passé en «mode investigation»: il cherche, s’informe. C’est très net dans les grands comptes où la question de la constitution d’un catalogue d’infrastructure est à l’ordre du jour. Dans les PME, la photo est différente. Le Cloud est perçu comme une opportunité, un levier à actionner au plus vite pour accéder à des services impossibles à bâtir et à gérer autrement...

La révolution est en marche. «Au cours des prochaines années, nous allons assister à la formation d’écosystème business regroupant des entreprises inter-connectées et aux activités complémentaires, continue Jean-Marc Boxus, Senior Executive Outsourcing, Accenture. Ces entreprises vont se regrouper afin de fournir de façon transparente des services. Concrètement, cela signifiera qu’une étape supplémentaire sera franchie dans la spécialisation et les économies d’échelle...»
Autre prédiction: Le Cloud va donner naissance à des «business process utilities», à savoir des sociétés fournissant des services communs et simple mais à une échelle encore inconcevable aujourd’hui. Le Business Process Outsourcing poussé à l’extrême. La dernière prédiction d’Accenture touche l’IT. A l’avenir, l’IT pourra être conçue comme un exo-squelette alors qu’aujourd’hui il s’agit avant tout de moyens internes; datacentres et applications peuvent être fournis depuis l’extérieur d’une organisation.
Mais pas de révolution pour autant. Certes, certains business vont grandement bénéficier de la flexibilité -en profitant notamment de l’opportunité d’accéder à de tels services. Mais la majorité des besoins en CPU et puissance de traitement est prévisible et rend donc les modèles «pay-per-use» moins attrayants. Pour Accenture, le paradigme du Cloud Computing est -à tort- basé sur l’idée de réduction des coûts. «C’est bien plus qu’un modèle de facturation flexible ou un moyen de réduire les coûts de l’IT, insiste encore Jean-Marc Boxus. Le Cloud offre surtout des opportunités qui impacteront plus sensiblement notre conception du business que celle de l’IT!»
Point de vue confirmé chez CETREL qui propose notamment archivage régulier, archivage légal et mailroom management en mode SaaS. Le prestataire de Munsbach ambitionne de devenir avec I.R.I.S., son partenaire applicatif, «le tiers e-archiveur de référence» garantissant la valeur légale de l’information numérique au départ d’une offre en mode SaaS. Le duo capitalise sur ses offres d’ECM (Enterprise Content Management) et d’IDR (Intelligent Document Recognition), déjà proposées en mode hébergé. «Le marché est demandeur, observe Renaud Oury, Vice President Shared Services. Tout en étant conscientes de l’intérêt de la dématérialisation, les PME, en particulier, hésitent à se lancer seules dans ce type de projet par nature coûteux et complexe en termes de déploiement et de maintien. En mode SaaS, par contre, vous n’avez plus à gérer des ‘problèmes’, mais seulement à contrôler le niveau de service proposé!»

D’une manière générale, souligne-t-on chez CETREL, la perception du SaaS a changé du tout au tout. Le modèle tend à devenir le «premier choix», les entreprises ne retenant la solution interne que par défaut, si techniquement ou opérationnellement, elles ne peuvent faire autrement. Ce qui s’explique: qui dit SaaS, dit environnements techniques redondants, monitoring et support permanents, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sans compter la garantie des SLA.




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