Des Rich Desktop Applications aux Rich Mobile Applications
Rédigé par La rédaction le Vendredi 19 Juin 2009
RIM avait initié le mouvement avec son BlackBerry, Apple a confirmé l’essai avec l’iPhone et aujourd’hui Google espère rafler la mise avec Android. On ne parle plus ici d’applications de niche ultraverticales, mais d’applications mobiles riches.
Apple a déjà frappé un grand coup. L’iPhone supporte notamment Salesforce.com et les outils décisionnels de Cognos et de QlickTech, permettant de réaliser les mêmes opérations que sur un PC. Tout a été vite. Quelques mois après le lancement de l'iPhone, Avaya proposait son client de communications unifiées One-X Mobile. L’iPhone est devenu un terminal générique aussi bien pour accéder à ses données que pour communiquer et collaborer.
Changement d’époque. L'échec du WAP (Wireless Application Protocol) semble lointain, tout comme celui des premières applications Java lentes et très limitées, sans parler des premières applications Windows Mobile à l'ergonomie douteuse…
Aujourd’hui, on peut aller loin, très loin. Exemple, Business ByDesign. L’ERP en mode SaaS de SAP peut être accédé aussi bien depuis son PC que depuis un iPhone. Les opérations s'effectuent via le navigateur Safari du téléphone mobile après installation d'un certificat numérique. A chaque session, l'utilisateur doit s'identifier, ce qui supprime pratiquement les risques de fuite de données en cas de vol. Faute de formulaires spécifiques, l'iPhone affiche les mêmes pages que les PC.
C’est sans nul doute dans le collaboratif que l’on verra les plus grandes avancées. L'iPhone, toujours, sera bientôt en mesure de recevoir en mode «push» les e-mails, contacts et agendas des utilisateurs de Lotus Notes. Et en 2010, une version spécifique de la suite bureautique Office System sera annoncée. Si l'iPhone permet déjà de lire des documents Office, la nouvelle suite permettra notamment de créer des documents comme c'est déjà le cas sur les BlackBerry et les smartphones équipés de Windows Mobile. C’est que Microsoft n’entend pas se laisser distancer… même hors de l’environnement Windows Mobile.
Pour tout dire, Microsoft ne se contente plus de ses 11,1% de part de marché (3ème trimestre 2008, source: Gartner). D’ici la fin de l’été, la version 6.5 de Windows Mobile sera annoncée, introduisant de nouvelles fonctionnalités tactiles très proches de l'interface de l'iPhone; complètement repensée, l'interface permet de faire défiler des objets (fichiers, photos, etc.) avec le doigt.
Pour Microsoft, l'enjeu est énorme. Plus ergonomique, cette nouvelle mouture permet de prolonger l'accès aux applications métier de l'entreprise sur des périphériques mobiles. Les éditeurs partenaires de Microsoft attendaient cette évolution depuis longtemps. Ils pourront s'appuyer sur le nouveau service en ligne MyPhone pour synchroniser les données du mobile avec un espace de sauvegarde en ligne (200 MB) hébergé par Microsoft.
Pour parfaire son écosystème mobile, Microsoft lancera également Windows Market Place, un accès plus facile aux 20.000 applications déjà disponibles. Concurrent de l'AppStore, ce catalogue permettra de télécharger les applications directement depuis son mobile. Un nouveau canal de distribution très important pour Microsoft comme pour ses partenaires -on l’attend pour cet automne.
Et RIM? Fort d’un écosystème de quelque 850 éditeurs, contre plus de 7.000 pour Microsoft, le promoteur des BlackBerry n’est plus en position de force. Outre Microsoft, il doit concurrencer Apple et, maintenant, Google… Ou s’allier. C’est ce qu’il tente de faire avec ce dernier.
L’application Google Apps Connector pour BlackBerry Enterprise Server permettra aux utilisateurs de BlackBerry d’utiliser différentes applications de la suite de Google à partir d’applications installées nativement sur le terminal.
Ainsi, il sera possible d’utiliser directement Gmail, Google Calendar et Google Contacts à partir d'un BlackBerry. Par exemple, les utilisateurs recevront instantanément, les messages de Gmail dans le client de messagerie de BlackBerry, les rendez-vous et les événements seront immédiatement téléchargés sur BlackBerry Calendar.
Alors qu’un Apple fait feu de tout bois, RIM entend préserver son avance sur le marché des applications professionnelles en coopérant non seulement avec les grands éditeurs comme IBM ou SAP, mais aussi avec des fournisseurs de technologies comme HP. Exemple, HP Cloud Printing. Ce service Web permet d'utiliser un BlackBerry afin d'éditer un document sur une imprimante à partir du moment où elle est accessible via internet. Autre logiciel en développement, HP Operations Manager pour BlackBerry: administrer et gérer tout ou parties de l'infrastructure réseau de l'entreprise à partir de son smartphone. Ces services fonctionneront avec la nouvelle version 5.0 du serveur de messagerie et de gestion à distance des BlackBerry, à savoir le BES (BlackBerry Entreprise Server).
Reste l’inconnue: Android de Google. Tout est possible. Outre HTC, Google peut compter sur le soutien de Acer qui s’apprête à lancer toute une gamme de produits sur cette plate-forme. On cite encore le nom de HP, qui pourrait renoncer à Windows Mobile dans l’espoir de relancer les ventes de ses iPAQ. Tout le monde y va de ses spéculations. Androïd, assure encore Informa Télécoms & Media, devrait faire tourner plus de téléphones vendus que d'iPhone dès 2012…
Android a de solides atouts: à la fois système d'exploitation et plate-forme applicative, Android est Open Source; son SDK fournit un débogueur, des bibliothèques Java et un plug-in Eclipse. Tout devient possible, qui plus est dans la sphère des services de Google...
Pas de «one shot»! Pour Pragma Consult, la valeur des applications mobiles est intimement liée à la stratégie de communication
iPhone ou Android? Les deux! Après avoir été le premier à développer une application pour iPhone au Luxembourg, Pragma Consult entend l’être aussi pour Android.
Alors que l’iPhone a tout de suite conquis le grand public, Android présente un aspect plus technophile qui s'adresse aux utilisateurs familiers avec les services Google. De même, si l’iPhone est un produit Apple à part entière, Android est «open source». Pour le premier, la diffusion d'une application nécessite la validation d'Apple; pour le second, c'est l'inverse.
Pragma Consult s’était déjà illustrée avec l’application Hot City Walker, téléchargeable depuis l’Apple Store, pour trouver la solution de mobilité la plus adaptée à sa situation -lignes de bus, horaires, correspondances, arrêts les plus proches- quel que soit l’endroit où l’on se situe.
Application primée, Hot City Walker peut aussi localiser en temps réel un utilisateur, indiquer les trois parkings les plus proches, donner leur taux d’occupation et le guider vers celui de son choix. Il en va de même avec les stations «Vel’Oh!», mais aussi les informations concernant les départs et arrivées à l’aéroport ou encore l’info trafic pour tout le territoire grand-ducal. Le tout, c’est à noter, en temps réel et téléchargeable gratuitement.
«Nous ressentons un rée engouement autour de ce type de terminaux. Le potentiel de développement est énorme, à nous de développer l’offre», explique Philippe Illoul, Managing Director, Pragma Consult. Dans la foulée de Hot City Walker, Pragma Consult a développé une application spécifique aux besoins des habitants de la ville de Esch-sur-Alzette. Entre-temps, la ville de Luxembourg a renchéri, commandant une «V2»…
Les entreprises ne sont pas en reste. Début 2009, la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat lançait, en tant que première banque de la place financière, sa propre application iPhone -également développée par Pragma Consult. Tirant pleinement parti de la technologie de la géolocalisation et un lien vers Google Maps, l’application guide l’utilisateur vers l’agence ou le guichet automatique S-BANK les plus proches. Répondant prioritairement à un objectif de communication, l’application est disponible gratuitement sur l’App Store, le site commercial d’Apple.
«Au cours de ce mois de juin, nous avons quatre applications à développer, pour une douzaine d’offres en cours, confirme Arnaud Cossa, directeur associé. Décisionnel, collaboratif, mais aussi CRM, ERP: le monde de l’entreprises et les pouvoirs publics sont demandeurs. Pour l’entreprise, la communication mobile est une extension de l’activité, mais aussi une porte ouverte à ses partenaires et clients; pour les pouvoirs publics, c’est une façon de mieux servir, partout et à tout moment. Même les politiques s’y intéressent!»
La mobilité s’inscrit dans le prolongement des activités originelles de Pragma Consult, notamment le développement Java et Open Source, mais aussi le développement d’applications Microsoft. Un partenariat spécifique à l’environnement RIM BlackBerry devrait être prochainement signé. Autant dire que le marché voit dans cette approche résolument multi-plate-forme un souci d’indépendance qui rassure.
Indépendance et garantie d’intégration. «Qu’elles soient liées au Campaign Management, au Back Office ou au CRM, ces applications n’ont rien de gadgets. Elles s’inscrivent dans une stratégie globale; elles doivent permettre d’atteindre des objectifs clairement identifiés. On est loin du ‘one shot’», estime Fabrice Dewasmes, directeur du département Java & Open Source. Ces applications jouent aussi un rôle de communication. Pour Arnaud Cossa, il faut maintenir le «buzz», et donc être en mesure de faire évoluer les applications. A l’entendre, on opère dans le court terme, la durée n’excédant pas six mois. «Ce sont des produits à consommer tout de suite!», résume-t-il.
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