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Du développement interne au progiciel, de la licence au service: le secteur bancaire fait sa révolution

Mardi 24 Juin 2008

L’informatique d’un établissement bancaire, c’est la banque! Et pourtant, de plus en plus d’institutions financières n’hésitent plus à basculer leurs applications de gestion sur des progiciels… Pour l’éditeur Callataÿ & Wouters, le mouvement serait désormais irréversible. A l’occasion des 25 ans de l’entreprise, Marc De Groote, CEO, fait le point.



Du développement interne au progiciel, de la licence au service: le secteur bancaire fait sa révolution
En 1983, il n’était pas question de progiciel, a priori dans le secteur financier. Comment, dans ce contexte, est né Thaler?
«Callataÿ & Wouters a démarré dans le conseil D’important projets ont été menés à bien notamment pour Petercam, la Sogénal ou la Banco Hispano Americano. La première mouture de notre progiciel date de 1990; le développement a été réalisé en coopération avec la Caisse Privée Banque. Son ébauche capitalisait les connaissances acquises. Pour Callataÿ & Wouters, ce fut un formidable accélérateur

«Ce premier logiciel a ensuite été complètement réécrit en architecture client/serveur dans un environnement UNIX pour constituer une véritable solution bancaire multi-plates formes. Cette réalisation a été complètement finalisée avec l'aide de la Banque UCL, aujourd'hui Fortis, et officiellement ‘marketé’ en 1995 sous le nom de Thaler Les références ont rapidement suivi: Banque de la Poste, Argenta Spaarbank, San Paolo IMI à Luxembourg, Record Bank (Groupe ING).

«Aujourd’hui, via Thaler, Callataÿ & Wouters sert une quarantaine d'institutions financières dans quinze pays et réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’international»

En somme, une belle «success story». Mais l’Histoire ne s’arrête pas…
«Évidemment! Ces 25 ans sont un jalon, une étape… Certes, on pourrait se contenter d’en être arrivés là, se dire que c’est un beau succès pour une entreprise belge et couler des jours heureux à entretenir une clientèle au demeurant satisfaite. Au contraire, nous estimons avoir plusieurs défis à relever. Dans le contexte actuel, en particulier, il y a une formidable opportunité pour Callataÿ & Wouters de s’imposer davantage à l’international

«Pour ce faire, nous devons changer de braquet, passer à la vitesse supérieure. Et donc investir à tous niveaux. Aujourd’hui, nous réalisons 75% de notre chiffre d’affaires en services. C’est bien. Mais pour croître, nous devons multiplier nos licences, et donc les projets. Nous visons un doublement, mais sans toutefois doubler nos ressources. Ce qui ne peut se faire qu’en développant les partenariats. De là, nos contacts avec des acteurs comme Accenture, Deloitte et IBM pour ne citer qu'eux. Ensemble, nous réfléchissons à la façon de nous partager les tâches.

«Investir signifie aussi renforcer les produits, accélérer la R&D. Aujourd’hui, sur le demi millier d’employés que compte l’entreprise, pas moins de 160 collaborateurs ont pour mission de faire évoluer la plate-forme Thaler et nos autres produits! A l’échelle de l’industrie ICT belge, c’est énorme. Mais pas à l’échelle mondiale.»

Investir ne signifie donc pas seulement renforcer les efforts en R&D. En qualité d’éditeur, sur quels leviers pouvez-vous agir?
«Pour croître, nous devons pouvoir répondre aux attentes de nos grands clients, s’inscrire dans leur rythme de croissance. C’est ainsi que nous sommes liés au déploiement des nouvelles banques du groupe Rabobank. Pour eux, nous avons ‘construit’ une première banque internet en six mois Rabobank.be. Aujourd’hui, nous finalisons le développement de la sixième banque. L’objectif du groupe est d’en compter dix -dans dix pays différents- à l’horizon 2010… A nous, donc, de maintenir le rythme. Sur base de nos premières expériences, et surtout grâce à l’extrême modularité de Thaler, nous avons déjà pu réduire les délais de création à quatre mois.»

Sur le plan opérationnel, comment cela se passe-t-il? Où sont situées les infrastructures de ces banques internet?
«Aux Pays-Bas, dans les installations de Schuberg Philips. Nos deux équipes pilotent les infrastructures et garantissent un niveau de disponibilité contractuel de 99,999%. Qui plus est, une fois par mois, chaque banque reçoit une version upgradée de sa plate-forme sur base de ses spécificités.»

En somme, le métier est en phase d’industrialisation…
«Incontestablement! Entamée progressivement, cette phase est désormais perçue comme un levier essentiel dans l'amélioration du coefficient d'exploitation et, plus généralement, dans la maîtrise des coûts. Concrètement, elle se traduit par le découplage entre les métiers de la production et ceux de la distribution, avec un alignement du système d'information vers des processus métier fluidifiés et homogénéisés.

«Et c’est là que Thaler fait clairement la différence: notre progiciel repose sur un grand nombre de paramètres variables qui peuvent facilement être déterminés et modifiés. A la clé, la possibilité d'introduire de nouvelles valeurs de codification, d'établir de nouveaux tarifs, de définir des règles de rapport, etc. Au bout du compte, une grande flexibilité pour l'organisation qui peut décider sa stratégie ou la faire évoluer en fonction des opportunités du marché.»

«Cette expérience nous a amenés à développer un nouveau concept que l’on peut nommer a bank in a box’. En clair, la mise à disposition d’une plate-forme pour démarrer une activité de banque directe dans les plus brefs délais. Nous pensons que dans le contexte actuel lié aux ‘subprimes’, de nombreuses organisations sont pressées à développer de nouvelles activités… »

Cette mise à disposition d’une infrastructure complète caractérise également le modèle SaaS (Software as a Service), un modèle que Callataÿ & Wouters expérimente actuellement. Au-delà de l’effet de curiosité inhérent à tout nouveau concept, peut-on parler de succès?
«Nous avons lancé cette offre avec notre partenaire Clearstream Services en 2007. Et nous comptons aujourd’hui deux références -la Nord Europe Private Bank et la Dresdner Bank Luxembourg. Deux autres projets sont en voie d'être signés. Ce qui signifie que le phénomène va sensiblement s’accélérer

«Les réticences, aujourd’hui, sont purement culturelles. Opter pour le modèle SaaS, c’est s’en remettre entièrement à un prestataire… Plus d’infrastructure, plus d’applications, plus d’informaticiens: je conçois que le choc peut être brutal, même si toutes les garanties sont apportées. Personne, je pense, ne peut mettre en doute la rigueur, l'expérience et les compétences de Clearstream Services. Quant à la solidité de Thaler, elle a largement fait ses preuves! «De même, si actuellement un tel modèle sensibilise davantage les petites organisations, je constate qu'il ne laisse pas insensible les plus grosses aux prises avec un marché en mutation. La réflexion de bien des CEO se résume à une question fondamentale: faut-il continuer à faire? Certes, on peut mettre en avant le fait que chaque institution a ses spécificités et sa façon de travailler. Mais ce serait négliger la modularité et l'extensibilité de notre plate-forme. Car si Thaler répond parfaitement aux attentes de petites banques, une organisation comme la National Savings Bank, au Royaume-Uni, a démontré qu'il est possible de gérer plus de 40 millions de comptes!»

Autre voie, le Business Process Outsourcing. Quelles opportunités voyez-vous? Le secteur financier est-il ouvert au principe d’externalisation?
«Nous sentons bien que, pressées par la concurrence, les institutions financières cherchent à se recentrer sur leur cœur de métier. Hier, l’idée même d’externaliser des processus métiers était impensable. Mais plus aujourd’hui. Nos interlocuteurs expriment globalement les mêmes besoins: adopter de nouvelles façons d’opérer, pour devenir plus rapides, plus agiles, plus performants. C'est Va qu'une une organisation basée sur la mutualisation des moyens fera la différence en permettant de passer d’une structure de coût fixe à une structure de coût variable et, ainsi, de réaliser des économies d'échelle. En vingt-cinq ans, Callataÿ & Wouters peut se prévaloir de l’expérience nécessaire et des meilleures pratiques en matière de ‘service delivery’. Aujourd’hui, la démarche est limitée aux Pays-Bas, en partenariat avec Ordina.»

Thaler est aussi disponible dans les environnements CICS/DB2. Pourquoi cette incursion dans l’environnement mainframe?
«Pour répondre aux besoins des très grandes banques qui maintiennent de tels environnements. Cet investissement nous a permis de décrocher récemment un important contrat au siège de BNP-Paribas. Et nous devrions signer tout prochainement un deuxième contrat avec un autre acteur français de tout premier plan… »

L’année passée, un accord stratégique a été signé avec SAP. Qu’attendez-vous de cet «engagement»? Car s’il présente des avantages évidents, ne met-il pas à mal votre indépendance?
«Cette collaboration associe la force des applications de SAP à nos progiciels. Pourquoi s'obstiner à développer nous-mêmes des outils de comptabilité générale, analytique ou d'analyse des risques quand un éditeur de renommée mondiale les propose? Pour sa part, SAP ne peut tout faire, tout développer. Avec Thaler, SAP dispose d’un progiciel qui a fait ses preuves, renforçant son offre dans le secteur financier.

«A la différence d’un Oracle qui absorbe, SAP s’entoure. Pilier de cette association unique dans le domaine, NetWeaver Cette plate-forme permet d’orchestrer des services et processus métiers réutilisables. Cette dernière notion nous paraît fondamentale. Elle signifie que nous entrons dans l’ère des composants sous forme de services. Aussi, je placerais cet engagement sous le sceau de l’ouverture.»

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