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En 2010, la téléprésence va se démocratiser

Rédigé par La rédaction le Vendredi 12 Février 2010
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Alliances ici, acquisitions là. Le marché de la téléprésence est en train de se refonder. Un vent de démocratisation souffle. Ce qui veut dire des systèmes moins chers, ouverts à un plus grand nombre d’utilisateurs. Et, surtout, de nouveaux usages.



En 2010, la téléprésence va se démocratiser
Téléprésence via Skype! Tout arrive… Au dernier Consumers Electronic Show 2010, qui s’est tenu à la mi-janvier, le spécialiste luxembourgeois de la voix sur IP a noué des alliances avec LG et Panasonic, qui fourniront les systèmes ad hoc. Objectif: démocratiser le marché de la téléprésence.

Skype, mais pas seulement. Au cours du même événement, IBM et Polycom ont confirmé leur alliance dans le domaine de la téléprésence domestique. Tout comme Cisco -acquéreur de l'américain WebEx en 2007 et, plus récemment, du norvégien Tandberg. Le nouveau tandem prévoit d'introduire prochainement une nouvelle génération de solutions grand public s'appuyant sur les téléviseurs HD et les lignes haut débit. Les premiers tests en Europe débuteront au cours de cette année. Pour l’heure, Cisco finalise une série de partenariats avec de grands opérateurs. Les noms de Sprint et de France Telecom ont été avancés. En Belgique, Belgacom pourrait en être. Via les décodeurs de Belgacom TV, Cisco n’a-t-il pas déjà un pied dans les foyers?

Les annonces se suivent. Face à un Cisco-Tandberg, un autre couple se forme: Juniper Networks-Polycom. Mais sans rachat. Dans un premier temps, Juniper et Polycom se concentreront sur une intégration approfondie des infrastructures de réseau des prestataires vidéo et de services en vue de pouvoir étendre et améliorer l’offre de services vidéo gérés. Premier lancement prévu pour la mi-2010.


Reprises ou alliances. En mettant la main sur LifeSize, Logitech montre clairement l’intérêt que peut avoir un spécialiste des produits grand public -souris, claviers et webcams en particulier- pour une technologie longtemps réservée aux plus grandes entreprises. Avec 9.000 clients dans 80 pays, LifeSize a déjà fait ses preuves. En l’achetant fin novembre 2009, le géant suisse entend prendre position dans les communications vidéo de PC à PC.

Avec son modèle 220, LifeSize 220 propose la vidéo 1.080p pour moins de 6 000 EUR. Et l’offre n’a rien d’une solution au rabais: équipé de la première unité de contrôle multipoint intégrée HD supportant jusqu’à 8 sites, cet équipement offre 30 images par seconde pour la plus haute résolution et 60 images de 720p par seconde pour l’ultime traitement du mouvement.

Pas de reprise pour Siemens Enterprise Network, mais une alliance avec Polycom. Le spécialiste des infrastructures voix et réseaux entend compléter ses solutions de visioconférence avec les solutions de téléprésence au sein d’OpenScape Unified Communications Server, sa plate-forme de communications unifiées.


Vidéoconférence ou téléprésence? En retrait des grands mouvements actuels, Aastra rappelle qu’il fut un précurseur en visioconférence. Aujourd’hui, son VIPr, première solution basée sur SIP, fonctionne avec MS Live Meeting en compression H.264 et garantit un chiffrement AES 128 bits. Assurément une belle solution de collaboration multimédia qui peut concrétiser une première étape vers la téléprésence.

Mitel parle de TeleCollaboration. Un cadre de téléprésence en HD où l'interaction visuelle de haute qualité s'allie au partage en temps réel de l'environnement desktop. TeleCollaboration est une solution logicielle, ce qui préserve les investissements déjà réalisés et permet d’exploiter l’existant. Un navigateur web permet aux participants internes et externes à l'entreprise de participer à une réunion virtuelle. Il est également possible d'enregistrer les réunions.

Si l’on joue sur les dénominations, c’est que les frontières sont de plus en plus floues entre visioconférence et téléprésence. Avec Telepresence 6G, présentée comme la «première solution légère de téléprésence immersive», Teliris joue sur la fréquence et la résolution d'images, gérée de façon dynamique, tout comme la bande passante. L'expérience de chaque résultat est ajustée indépendamment selon les conditions variables du réseau. L’ambition est clairement affichée: marquer la fin des systèmes monolithiques à faible déploiement nécessitant des connexions réseau à haute QoS.

Quoi qu’il en soit, on sent la volonté de démocratiser la téléprésence. Via MOVI, Tandberg avait, lui aussi, ouvert la brèche. MOVI permet de convertir n’importe quel PC en un système vidéo de qualité professionnelle, capable aussi de connecter son utilisateur à n’importe quel autre système de téléprésence conforme aux standards H.323 et SIP.


Démocratiser. Mais jusqu’où? Acteur encore peu connu en Europe, Vidyo estime apporter au poste de travail une expérience utilisateur proche de celle d’une solution immersive de téléprésence. Son «truc»? Supprimer les temps de latence et générer une qualité d'image suffisamment élevée au niveau du visage. Les critères minimaux retenus sont un temps de latence inférieur à 250 ms et une qualité vidéo SD (VGA).

Pour y parvenir, Vidyo s'appuie sur deux piliers technologiques: le protocole SVC (Scalable Video Coding) qui s'adapte aux pertes de paquets IP (jusqu'à 20%) en assurant un réassemblage de l'image de manière quasi instantanée, d'une part; et, d'autre part, le routeur dédié développé nativement par Vidyo, au centre de la technologie de l'entreprise. Précisions ici que l'entreprise a été fondée par des experts des technologies de compression vidéo, qui ont notamment travaillé sur le protocole haute définition H.264 et MPEG4.

Polycom, LifeSize, Teliris, Vidyo… Tous nourrissent une seule et même ambition: freiner Cisco dans son élan. Si le géant des réseaux doit sa réputation aux grands systèmes, il compte à son catalogue des solutions d’entrée de gamme en phase avec l’évolution du marché. Ainsi, le CTS-500. Système personnel avec écran de 37 pouces et caméra unique, il a été conçu pour être intégré dans des sessions de téléprésence avec d’autres systèmes Cisco en ligne.

Autre exemple, l’introduction des nouveaux CTS1100 et CTS1300. Ce denier, en particulier, permet d’accueillir six participants dans une salle normale, autour de la table, et de partager en téléprésence comme autour d’une session multipoint.


Interopérabilité, fluidité. Plus d’intervenants, c’est plus de systèmes. Ce qui suppose une réelle interactivité entre systèmes. Tandberg, le premier, l’a défendue. Aujourd’hui, Cisco tente de promouvoir TIP (Telepresence Interoperability Protocol) aux organismes de normalisation. Objectif: faciliter la connectivité des différents systèmes et afficher les écrans de façon similaire.

Autre besoin: fluidifier la vidéo sur les réseaux. Les acords entre, d’une part, Juniper Nertworks et Polycom et, d’autre part, entre Siemens Enterprise Network et Polycom s’inscrivent dans cette logique. La finalité de ces alliances est d'éviter aux opérateurs de construire des réseaux de télécommunications dédiés à ce service en fluidifiant, sur leurs infrastructures mutualisées, ouvertes à d'autres trafics, l'acheminement du trafic vidéo haute définition, qui exige -même compressé- une bande passante importante et une qualité de service sans faille.

Cette année 2010 sera décisive. Longtemps, on a constaté que l’utilisation de la téléprésence était assez limitée. A peine 6% du temps, selon certaines études. On a aussi remarqué que lorsque l’on apporte de la simplicité, on gagne 50% d’utilisation. Il s’agit donc de libérer les usages en proposant un service simple d’accès, interopérable et avec un support. Egalement en initiant de nouveaux usages -en particulier verticaux. C’est là que les fournisseurs de services, à commencer par les opérateurs, peuvent faire la différence.


Cinq questions à se poser

Les avantages de la téléprésence et de la visioconférence sont indéniables: les coûts d'exploitation sont réduits, la prise de décision est plus rapide et plus éclairée, les employés et les équipes passent moins de temps dans les transports et peuvent ainsi se consacrer entièrement à des tâches essentielles. Pour choisir la solution adaptée, garante d'un retour sur investissement rapide, cinq questions clés méritent un peu d’attention…

> Quel usage ferez-vous de la vidéo: interactions de groupe, conversations en face à face, sessions de formation ou combinaison d'utilisations?

> Où l'utiliserez-vous: grandes salles de conférence, petites salles de réunion, amphithéâtres, bureaux, postes de télétravail, ordinateurs portables?

> Quelle est la qualité attendue: sons et images haute définition, conférences classiques, résolution de la webcam?

> Y aura-t-il partage de contenus et, le cas échéant, quel sera le type de données: feuilles de calcul, schémas détaillés, animations?

> Comment être sûr que les investissements réalisés aujourd'hui seront encore rentables demain?


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