«Il ne faudrait pas que la réglementation de la CSSF se retourne contre les prestataires de services.» Thierry Dez, Business Development Director, European Business development, CSC
Rédigé par La rédaction le Vendredi 23 Octobre 2009
CACEIS occupe aujourd’hui l’essentiel de vos ressources à Luxembourg. Tous vos œufs dans le même panier?
«Un important contrat comme nous avons l’habitude, depuis cinquante ans, d’en gérer un peut partout dans le monde… qui a été sensiblement étendu en août! Une évolution dans la foulée de la montée dans le capital de CACEIS par le Crédit Agricole qui en contrôle 85% au lieu de 50% précédemment et en assure ainsi le contrôle exclusif, alors que Natixis conserve 15% du capital. L’objectif du Crédit Agricole est clair: renforcer l’efficacité opérationnelle de la plateforme industrielle tout en l’ouvrant à d’autres partenaires européens afin de bénéficier des économies d’échelle. Depuis la signature du contrat initial, nous avons intégré nombre d’activités du groupe ici à Luxembourg; on s’apprête à présent à accueillir les activités allemandes et italiennes du groupe…»
D’autres débouchés?
«Nous sommes en contact avec d’autres grandes institutions financières intéressées à venir s’installer à Luxembourg. Leurs motivations sont similaires: profiter de l’expertise du Luxembourg en qualité de centre d’excellence en matière de banque privée.
«Les temps changent. Les institutions françaises, en particulier, qui ont toujours eu, culturellement, du mal à envisager le principe même d’externalisation révisent actuellement leurs positions… Il est vrai que le contexte économique joue en notre faveur. Les institutions que nous rencontrons cherchent toutes à rationaliser et à industrialiser davantage leurs processus afin d’en réduire les coûts.
«Cette quête n’est propre ni à la banque privée, ni à la banque de détail. Elle est quasi générale, tous secteurs confondus. Une même ambition donc, mais des approches et des prestations spécifiques parce que les niveaux de qualité de services le sont aussi. Et c’est là que, chez CSC, nous pouvons marquer des points en calant systématiquement l’opérationnel sur les besoins métiers de nos clients.
«Aussi, contrairement à d’autres acteurs du marchés, nous ne présentons pas l’externalisation comme une finalité, mais bien comme un moyen. Le plus souvent, nous débutons par des missions de conseil, suivies de projets de transformation, lesquels peuvent aboutir sur une forme d’externalisation.».
Que représente aujourd’hui l’externalisation?
«En Belgique, un cinquième du volume d’affaires; à Luxembourg, quasi la totalité de l’activité! Nous avons débuté en qualité de PSF en 2007, onze ans après avoir initié un projet d’externalisation pour DuPont, lequel a d’ailleurs été reconduit voici peu. Chez CSC, nous visons toujours le long terme.»
Comment jugez-vous le statut de PSF?
«Comme un label de qualité, c’est évident. Mais il ne faudrait pas que la réglementation de la CSSF se retourne contre les prestataires de services. Aujourd’hui, en l’état, nous ne pouvons pas faire profiter nos clients de tous nos atouts en termes de standardisation et d’industrialisation des processus, lesquels sont pourtant nécessaires si l’on veut réduire les coûts. Autant la spécificité du cadre juridique de PSF est un atout unique, autant il serait regrettable de ne pouvoir explorer tous les moyens d’optimiser les processus et les infrastructures.»
En termes d’infrastructures, justement, vous ne disposez pas de vos propres data centers, du moins à Luxemburg. Est-ce un choix délibéré?
«C’est un choix d’opportunité. Dans le contexte de 2007, nous n’avions pas à construire ou à acquérir un data center. Economiquement, cela ne se justifiait pas. Qui plus est, cette idée de ‘propriété’ ne motive pas nos clients. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne s’intéressent pas aux ressources que nous mettons en œuvre. Pour eux, le plus important, est de disposer des meilleures conditions pour opérer en toute sécurité. Ils nous font confiance…
«Aujourd’hui, dans le contexte de croissance soutenue que nous entrevoyons, nous pourrions réviser nos plans à Luxembourg en devenant propriétaire ou, à tout le moins, gestionnaire d’un data center. Et d’en faire un centre ‘qualifié CSC’ comme nous en détenons dans différents pays. Nous pourrions aussi reprendre un centre existant, le mettre à niveau sur base de nos propres critères et le gérer.
«Dans le monde entier, la stratégie de CSC joue à la fois sur le global et le local pour tirer parti de sa couverture mondiale, généraliser les meilleures pratiques sur tous ses sites, offrir la même qualité de service partout dans le monde, grâce à une présence locale bien implantée.»
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