La grande mutation de la BIMercredi 20 Mai 2009
Perte de pouvoir responsable IT, développement de l’offre en mode Saas, influence des fonctionnalités collaboratives et sociales… La BI est à la croisée des chemins. Tour d’horizon des nouvelles opportunités.
Perte d’influence, perte de responsabilité. D’ici à 2012, le responsable ICT contrôlera directement moins 40% du budget décisionnel total de son organisation, estime Gartner. Ce qui veut dire que l’opérationnel va prendre la main, de manière déterminée. En cause, le manque de confiance des utilisateurs. Ca ne marche pas, entend-t-on dire. Ca ne va pas assez vite, le service est trop loin des réalités du terrain…
Certains éditeurs s’en frotteront les mains, trop heureux d’initier et entretenir une relation directe avec leurs nouveaux «clients», les utilisateurs. Gartner est plus prudent: la dépossession de la direction ICT risque de se concrétiser par la constitution de silos d’applications et d’informations limitant l’analyse et l’exploitation croisée de données; elle peut aussi ralentir le processus de remontée d’éléments cohérents pour aider la direction générale à prendre rapidement les décisions stratégiques.
La menace est réelle. D’autant que, toujours selon Gartner, à cette échéance 20% des organisations utiliseront en mode SaaS (Software as a Service) une application analytique dédiée à leur secteur qui sera intégrée comme un composant standard de leur portefeuille applicatif décisionnel. Les organisations utiliseront plus de données externes via des services en ligne d’agrégation. L’information viendra donc de partout, avec les risques de téléscopage que l’on imagine.
Le modèle SaaS favorisera l’émergence de nouveaux acteurs proposant des applications analytiques spécialisées, voire spécifiques. Ainsi, la gestion des portefeuilles projets dans la gouvernance, la gestion des primes et intéressements, la détermination des prix de ventes… On verra aussi de plus en plus d’acteurs compléter des solutions génériques comme Salesforce.com. Plus d’informations, plus d’intervenants aussi. Toujours selon Gartner, on entre également dans l’ère du décisionnel collaboratif avec l’arrivée d’offres combinant fonctions d’aide à la décision et outils issus des réseaux sociaux. La BI est en pleine mutation. I Small is beautiful!
C’est la nouvelle étoile d’un nombre croissant d’intégrateurs… et la bête noire d’un nombre tout aussi important d’autres acteurs du marché de la BI. QlikView, seul produit de QlikTech, ne laisse pas indifférent. En témoignent ses ventes. La croissance la plus forte du marché. Près de 11.000 clients, dans 92 pays à fin 2008; 45% de plus qu’à fin 2007.
L’approche se veut radicalement différente des acteurs traditionnels du décisionnel: une offre simple qui répond efficacement aux besoins des utilisateurs fonctionnels et des responsables métiers. La solution peut être opérationnelle en quelques jours à peine. Mieux: alors que pour fonctionner les solutions traditionnelles de BI nécessitent une forte implication des équipes informatiques dans l'élaboration et la prévision de leurs requêtes, on se contente, avec QlikView, de définir avec l'utilisateur non pas les requêtes qu'il serait à même de poser, mais les données d'entreprise auxquelles il souhaite avoir accès.
QlikTech n’est pas seul. Spotfire, de Tibco, joue également sur le même registre en comblant des besoins très précis: audit et diffusion de rapports, sécurité, gestion de versions… Mais c'est principalement dans la visualisation de données qu'ils se distinguent.
QlikTech et Spotfire se démarquent par leur capacité à digérer tout type de contenu. Des bases relationnelles, bien sûr, mais également des cubes (SQL Server ou SAP BW) ou des documents bureautiques (Excel notamment). Ces fichiers sont sélectionnés, puis chargés (en quelques secondes) par les utilisateurs eux-mêmes. Et les noms des colonnes apparaissent automatiquement sous la forme de variables dans l'espace de visualisation. Ces nouveaux entrants jouent sur la simplicité. Dans les entreprises, cela signifie plus d’indépendance vis-à-vis des équipes techniques, en particulier dès qu’il est question de besoins ponctuels. Les clients voient aussi un moyen de s’affranchir des grands éditeurs -déséquilibre de taille dans les négociations, augmentation des prix, politique tarifaire confuse, portefeuille frisant la boulimie… Et certains d’aller plus loin en critiquant le manque d’innovation des grandes plates-formes. Small is beautiful! Au cœur de QlikView, la technologie des bases de données vectorielles
Singularité de QlikView, la notion d’application. Une application contient à la fois les objets d’analyse, leur paramétrage et les données à analyser. Lorsqu’on charge une application en mémoire, on accède ainsi à l’ensemble des informations qu’elle regroupe. Impossible, en revanche, d’accéder à des données externes sans qu’elles n’aient au préalable été chargées dans l’application…
Au cœur de QlikView, la technologie des bases de données vectorielles -popularisée par Sybase IQ. L’idée est, d’une part, d’optimiser l’accès aux données en les organisant par colonnes et, d’autre part, d’indexer l’ensemble des informations. Toute donnée étant indexée, elle est accessible instantanément dans la phase d’analyse. C’est ce que QlikView appelle «l’association». Les données sont toutes liées les unes aux autres par la technologie d’indexation et chaque action sur une donnée est répercutée sur l’ensemble de la base. Concernant les simulations, QlikView ne permet pas de modifier manuellement une donnée importée dans l’application. Il faut modifier la donnée initiale et relancer l’importation. En revanche, l’utilisateur peut créer de nouveaux champs et les alimenter manuellement (budget, simulations...). Cette étape d’alimentation des données est la seule phase «technique». «Nous ne réfléchissons pas de façon linéaire, mais opérons par associations. QlikView aussi!»
Gilles Hocepied, Sales Manager BeLux – Rogier Verheij, Vice President Benelux and Eastern Europe, QlikTech
° QlikView concrétise la BI de deuxième génération, affirmez-vous. Sur quels critères cette solution se distingue-t-elle des outils de première génération? Gilles Hocepied: «Essentiellement par la rapidité de développement qu’il procure et la facilité d’accès à l’information… Chez certains clients, nous avons déployé des applications de Dashboard et Reporting en moins de trois jours et formé les utilisateurs en quelques minutes à peine!» Rogier Verheij: «Il n’y a pas de secret. Conceptuellement, QlikView est différent. Pour travailler plus rapidement, QlikView charge toutes les sources de données dans la mémoire de travail des serveurs. Le taux de compression utilisé à cette occasion est énorme -les données récurrentes ne sont enregistrées qu’une seule fois et avec pointeurs. Les gigaoctets de la base de données deviennent ainsi, au final, des mégaoctets. Les données en question sont ensuite interconnectées selon le même procédé associatif que celui qui prévaut au fonctionnement de notre cerveau pour, finalement, obtenir des informations cohérentes et exploitables…»
° Concrètement, qu’apporte ce procédé associatif?
Gilles Hocepied: «Nous ne réfléchissons pas de façon linéaire, mais opérons par associations, selon l’approche et l’orientation souhaitées. Fonctionnant de la même manière, QlikView peut donc être aisément partagé. Avec un maximum d’utilisateurs, notamment à travers un extranet. Du coup, la BI change de dimension: la connaissance est réellement partagée.» ° Faut-il comprendre par là qu’on se passe désormais de l’IT? Gilles Hocepied: «Au contraire, on peut désormais créer une interaction nettement plus étroite entre les équipes de développement et les utilisateurs. Hier, quand les utilisateurs formulaient une demande, ils devaient se montrer patients avant d’accéder aux données… alors que, entre-temps, le contexte avait sans doute changé! Aujourd’hui, on exige ‘time to execute’ des plus courts. A raison.» Rogier Verheij: «Ce qui veut dire, encore, que la relation avec l’IT n’a jamais été aussi étroite. QlikView permet de travailler de concert, de viser et atteindre un objectif commun. L'information est là, au bout des doigts; elle vous donnera les éléments dont vous avez besoin pour agir plus vite.»
° Produit unique par son concept, QlikView sera-t-il préféré par les organisations qui n’ont pas encore abordé la BI?
Gilles Hocepied: «Pas exclusivement, non. QlikView exploite l’existant, il n’y a donc rien à reconstruire. En un sens, QlikView pérennise les développements existant, récupérant aussi les données des Datawarehouses et autres Datamart, les intégrants dans des Dashboard et Reports systématiquement mis en valeur par le concept associatif. Du coup, nos clients sont aussi bien des entreprises qui débutent dans la BI que celles qui l’exploitent depuis longtemps. Quel que le soit le secteur d’activité où ils ont eu l’occasion de présenter QlikView, nos premiers partenaires -dont Credon, Iterias/Cronos, et Real Dolmen- enregistrent le même intérêt: pouvoir accéder plus vite et plus facilement aux données.» II Multiplier les accès
En 2012, les directions métiers vont contrôler au moins 40% du budget consacré à la BI. Ce pourcentage confirme une tendance que les professionnels ressentaient sans pouvoir réellement l’évaluer; une tendance qui semble indiquer que les utilisateurs métiers ont perdu confiance dans la capacité du service IT à fournir aux opérationnels les informations dont ils ont besoin pour prendre des décisions.
Les temps changent. Les «consommateurs» de BI veulent devenir réellement «acteurs», et plus seulement dans les phases de conception générale. En somme, un besoin d’autonomie pour exploiter l’information. Un engagement aussi. Les utilisateurs veulent s’impliquer plus en profondeur: maîtriser la qualité des données, gérer et faire évoluer les référentiels qui sont dans leurs domaines de responsabilité, voire créer par eux-mêmes les data warehouses de leur choix de la manière la plus dynamique possible. A travers cette tendance, les éditeurs identifient une évolution des investissements dans les applications analytiques, en y incluant les outils de CPM/EPM, les fonctions d'analyse marketing en ligne, ainsi que l'analyse prédictive qui permet d'optimiser les processus en amont et pas seulement d'en analyser les résultats.
Toutefois, avertit Gartner, en réalisant ses investissements de façon indépendante par rapport à l’IT, on risque de créer des silos d'information distincts qui limiteront l'analyse croisée, augmenteront la complexité et rallongeront les délais de mise en oeuvre des changements. Danger!
Le risque est bien connu. Aussi, faut-il prioritairement préserver et garantir la gouvernance des projets de BI: donner aux métiers les moyens de leur autonomie, tout en assurant le contrôle. Il est capital de s’assurer de la bonne définition des besoins, de la pertinence des indicateurs, hiérarchiser les projets… Gartner suggère par ailleurs que l’IT incite les opérationnels à utiliser les applications existantes et préconisent l'achat d'applications analytiques packagées pour minimiser l'impact de fonctions isolées. «La BI n’est plus l’affaire du CIO!»
Yves Colinet, Managing Partner, Velixis
° En 2012, les directions métiers vont contrôler au moins 40% du budget consacré à la BI, affirme Gartner. Pure prospective? «Non! Les contacts avec les utilisateurs finaux n’ont jamais été aussi étroits. Ils savent pertinemment quelles informations ils attendent et sous quelle forme ils veulent les exploiter. Les analyses sont plus fines. Globalement, au-delà de l’acquisition et de la conservation des données, l’enjeu consiste à les exploiter afin d’éclairer au mieux les décisions stratégiques. Il ne suffit plus de décrire et d’expliquer, il faut prévoir les évolutions auxquelles l’entreprise sera confrontée -quels sont les risques de marché? Quelle est l’élasticité de prix pour un nouveau service? Comment, aussi, redéfinir une politique de distribution en exploitant les données comportementales des consommateurs? A ces questions, qui interrogent réellement l’avenir, les utilisateurs finaux attendent des réponses immédiates. Ils sont plus exigeants. C’est ainsi qu’ils refusent les contraintes liées à la structure de l’outil de BI. Seul le résultat compte!»
° Bref, une rupture avec le passé…
«Qui plus est, une rupture soudaine, exacerbée par la période instable que nous traversons. Bien qu’actif dans le secteur de la BI depuis quelques années, je m’étonne du rythme de cette évolution, également de la maturité de ses ‘consommateurs’ -j’utilise ce terme sciemment: la BI n’est plus l’affaire de l’IT! Au cours d’un récent séminaire qui réunissait autour d’une même table des CEO et des CIO, j’ai été frappé par le nombre de fois où le mot BI a été cité… par les CEO!»
° Justement, comment réagissent les CIO?
«Intelligemment! La porte est ouverte. La BI n’est plus leur chasse gardée; ils accueillent spontanément les utilisateurs. Désormais, on parle métier avant de prendre en considération les aspects techniques. Voici un an à peine, en qualité de prestataire de services, nous étions essentiellement en contact avec des responsables techniques, puis ce fut avec des responsables technico-fonctionnels; aujourd’hui, nous discutons régulièrement avec les décideurs métiers. En même temps, la BI a changé de statut: elle a valeur de différenciateur stratégique. «Je constate aussi que la BI n’est plus une finalité. Mature, elle se propage dans des projets transversaux basés sur des processus. La BI induit le BPM comme le BPM induit la BI. Je vois dans ce phénomène de convergence le prochain tournant stratégique du marché de l'intelligence économique: les entreprises pourront mesurer le rendement de leurs processus en même temps que les résultats de l'entreprise.» III Décisionnel collaboratif
Arrivée d’offres combinant fonctions d’aide à la décision et outils issus des réseaux sociaux. Selon Gartner, il y a là matière pour concevoir une plate-forme d’exploitation de données collaboratives informelles. Concrètement, il s’agira d’exploiter, dans un contexte décisionnel, les données liées au développement de l’usage des outils de réseaux sociaux en entreprise.
Exemple type d’application, le budget -typiquement un processus de décision collectif, qui nécessite de se mettre d’accord entre le management (top down) et l’opérationnel (bottom up).
Une évolution logique selon Microsoft. La collaboration permet d’assurer la transition entre le mode «vision et analyse» et l’action concrète. La BI collaborative donne à l’utilisateur de vrais leviers pour agir: initier des plans d’actions, créer des espaces collaboratifs autour d’un objectif critique et gérer les processus autour de worflows… Collaborer signifie aussi s’ouvrir, en particulier aux données non structurées. On voit de nombreux éditeurs tenter de combiner la simplicité des moteurs de recherche avec les fonctionnalités de leurs outils décisionnels. En 2006 et 2007, Information Builders, Hyperion, Cognos et SAS avaient déjà tissé des partenariats avec Google pour élargir leurs offres en ce sens.
En faisant évoluer sa plateforme SQL Server et développer les fonctionnalités décisionnelles de son produit SharePoint, Microsoft n’est pas en reste. L’une des principales nouveautés de SQL Server 2008 est de lier les données non structurées identifiées au sein du système d’information à des éléments stockés dans les bases de données. En proposant des fonctions de recherche et d’analyse croisées de ces deux types de données, Microsoft consacre à sa façon le rapprochement des bases de données et des moteurs de recherche d’entreprise.
Ce n’est qu’une étape, assure les analystes. Le poids des données non structurées va progressivement augmenter dans le processus de décision pour se rapprocher de son poids réel dans le système d'information -à savoir 80% d'informations non structurées pour 20%. Ce qui veut dire, aussi, que nous avons déjà beaucoup investi pour n'exploiter… que 20% de l'information disponible! «Exploitez davantage vos réseaux pour collaborer!»
Timo Elliott, Senior Director, Strategic Marketing, SAP BusinessObjects Division
° Comment voyez-vous évoluer la BI? «Je constate trois tendances majeures. D’une manière générale, les entreprises cherchent à combiner stratégie et exécution. Elles doivent donc réunir plus d’informations, en particulier non structurées. Ce qui leur permettra d’améliorer analyse et collaboration. Elles cherchent également à optimiser les réseaux de l’entreprise.» ° Précisément, quel lien établissez-vous entre BI et réseaux d’entreprises? «Chaque entreprise a développé un certain nombre de réseaux. Il s’agit de les identifier et faciliter la mise en relation des personnes à travers une interface graphique intuitive. Comment? Au départ d’une détection automatique des relations à partir des données existantes, que celles-ci proviennent d’une application CRM par exemple ou d’Outlook, peu importe. Il faut présenter les informations de façon contextuelle en exploitant la puissance de la solution de BI.»
° Concrètement, où en êtes-vous?
«Nous explorons divers concepts dans nos Business Objects Labs. Nous les testons et les affinons avec nos employés, avec nos clients. Certains sont déjà disponibles, comme PoleStar sur BusinessObjects XI 3.0 qui prend en charge des données non structurées -courriers électroniques, fichiers bureautiques, contenus web, flux RSS…. PoleStar, reprend l'ergonomie des moteurs de recherche en proposant une interrogation à partir de mots-clés. En fonction des éléments identifiés, le produit interroge les sources disponibles, génère le graphique le plus pertinent et permet l’exploration des données. Ce nouveau type d'interface devrait ravir tout autant l'utilisateur, libéré de la compréhension de l’organisation des données, que le service informatique, libéré de la conception des états.» IV BI en mode SaaS
QlikView pour 85 EUR par mois. Ou Jaspersoft, leader du décisionnel en Open Source, également en mode SaaS, avec un argument majeur: parce qu’elles ne nécessitent pas de data warehouse et de technologie OLAP, ses fonctionnalités d’analyse intégrée sont désormais à la portée des entreprises.
A une toute autre échelle, SAP Business Objects. Après avoir fait ses premiers pas en mode SaaS avec crystalreports.com -le service propose des fonctions de reporting à la demande disponibles, ce qui permet de gérer et de partager des rapports en toute sécurité, sans dépendre du service informatique- l’éditeur a a introduit plus récemment SAP BusinessObjects BI OnDemand, plate-forme hébergée, et SAP BusinessObjects Information OnDemand, une solution permettant de comparer ses données à des données financières et commerciales tierces. En 2010, prévoit Gartner, quelque 20% des organisations utiliseront en mode SaaS une application analytique dédiée à leur secteur qui sera intégrée comme un composant standard de leur portefeuille applicatif décisionnel. Surtout, ce composant sera ouvert aux données externes via des services en ligne d’agrégation. Ces derniers devraient émerger par centaines, pronostique encore Gartner.
Un avis qui ne fait pas l’unanimité. En cause, la confidentialité des données. A ce jour, peu d’entreprises accepteraient de les stocker ailleurs que chez elles. Contrairement aux données qui enrichissent le CRM, le décisionnel est par nature stratégique. Qui plus est, il est spécifique. Ce qui pousse les sceptiques à mettre en évidence l’importance des étapes d’analyse et d’expression des besoins métier propres à chaque entreprise.
Les promoteurs du mode SaaS voient les choses différemment. Premiers arguments, les avantages de la mutualisation: coût de licence, d’architecture, de compétence technique interne… A les écouter, appréhender une logique SaaS encourage à réfléchir à la singularité de ses spécificités. Les services en mode SaaS étant par nature industrialisés, ils permettent de disposer de solutions clé en main qui couvrent en standard entre 60 et 80% des besoins d’une entreprise. Fort de ce tronc commun «plug and play» à bas coût, on peut dès lors investir «sans compter» dans l’analyse de ses vraies spécificités et dans le paramétrage qui en découlera.
Par-delà le pur gain budgétaire, ces solutions «préfabriquées» permettent encore de réduire significativement la durée des projets. Ca tombe bien: les entreprises veulent des solutions de type «quick wins»; des solutions qui s'installent sans impact sur le système d'information existant, qui se mettent en place en quelques jours ou semaines au maximum et qui sont immédiatement adoptées par les utilisateurs.
Le SaaS s’inscrit parfaitement dans ce contexte d’urgence. Le temps n'est plus aux solutions complexes et longues à mettre en oeuvre: un projet de BI doit être mis en place en quelques semaines au maximum. Selon les intégrateurs et autres sociétés de conseil, le marché a sensiblement évolué au cours des derniers mois: on regarde davantage au prix, aux délais de mise en place. Des offres packagées ou SaaS arrivent sur le marché exploitant des technologies récentes et une logique de vente pragmatique basée sur du «try & buy» où le client utilise et teste la solution avant de l'acheter. La crise qserait en train de jouer un rôle important dans l'accélération de l’évolution des demandes des entreprises; les directions fonctionnelles font désormais passer leurs besoins de rapidité, de flexibilité et leurs contraintes de budget avant tout. Cela dit, le modèle SaaS a ses limites. S’il s’adapte bien à des sujets que l’on peut aisément isoler du reste du système d’information, force est de constater que plus il y a de points d’intégration, plus il perd de sa pertinence. V Focus sur les risques
Où en est la performance de mon entreprise, quels sont les risques, ai-je la visibilité requise pour prendre les bonnes décisions au bon moment? Questions devenues quotidiennes, contexte de crise oblige. Aussi, l’analyse de risques est appelée à s’imposer. Cognos, filiale d’IBM, y voit une formidable opportunité.
Risques opérationnels, risques de crédit, risques liés au marché, à la conformité; mais aussi risques environnementaux et naturels: tous, désormais, ont un impact sur la reprise après un sinistre et sur la continuité de l'activité. Une vision intégrée des risques s’impose. Pour SAP, la gestion des risques va de pair avec la gestion de la gouvernance et de la conformité. Elle est globale et devient stratégie d'entreprise à part entière. Concrètement, il s’agit de réduire les coûts de conformité, intégrer des contrôles d'atténuation des risques à tous les niveaux de l'organisation et unifier les stratégies de gestion des risques et de l'entreprise. Mais rares, encore, sont les acteurs à pousser la démarche. SAS est assurément le plus engagé. Avec Risk Intelligence, en particulier, SAS donne la capacité de consolider des informations disséminées à tous les niveaux de l'institution, combiner plusieurs types d'instruments dans un seul et même portefeuille, réaliser des tests de scénario et de stress, calculer des mesures de risque et diffuser aux utilisateurs des rapports personnalisés.
Ce qui veut dire, encore, que la vision traditionnelle de la prise en compte du risque seulement en bout de chaîne appartient au passé. Le «risk-management» devient aujourd’hui un élément de la création de valeur de l’entreprise, pense-t-on chez SAS. Toutes les grandes organisations ont besoin, à tout instant, d’avoir une vision claire et précise du risque.
Dès lors, la gestion du risque ne peut être décentralisée. L’organisation doit pouvoir déterminer précisément en quel endroit de sa chaîne de production ou de distribution sont situés les risques industriels ou les risques clients les plus importants. Enfin, n’oublions pas que la gestion du risque est un facteur déterminant dans la délicate recherche d’un équilibre dans les rapports entre actionnaires, soucieux de voir l’entreprise augmenter ses performances impliquant ainsi, dans une certaine mesure, la prise de risques, et les créanciers qui souhaitent avant tout avoir la certitude que les dettes seront honorées. Le raisonnement va loin: tout ce qui peut contribuer à convaincre les créanciers que le risque d’insolvabilité reste négligeable est bon pour l’entreprise -le loyer de l’argent sera meilleur marché et la renégociation de sa dette facilitée. En temps de crise, ça compte! DeepSee, produit «alternatif»
Le risque est devenu quotidien, il est devenu «opérationnel». «Aujourd’hui, explique Eric Spannenburg, General Manager InterSystems Benelux, l’essentiel dès qu’on aborde la BI temps est d’obtenir une réponse temps réel à la question ‘Que dois-je changer à ma méthode de travail?' On doit donc pouvoir disposer des informations destinées à provoquer l’action, avec l’accès direct aux données analytiques puisées dans les grandes applications stratégiques.»
On connaissait CACHÉ, puissante base de données orientée objet, et Ensemble, la plate-forme d’intégration rapide. L’offre d’InterSystems s’étend aujourd’hui avec DeepSee, solution qualifiée délibérément d’«alternative». L’éditeur vise la simplicité, qui impacte favorablement le coût. Egalement la rapidité. Et de mettre en avant sa technologie bitmap transactionnelle permettant le traitement transactionnel de gros volumes d'informations en temps réel, très utile lors des requêtes complexes. «Lorsque des fonctions de BI en temps réel sont disponibles au sein d'applications transactionnelles, les utilisateurs ont une vue immédiate sur les données opérationnelles et la base d'analyses BI, ce qui leur permet d’intervenir directement sur les processus de travail, d’adapter les règles en vigueur ou de prendre des mesures pour améliorer les performances», assure Alain Hoef, Senior Sales Engineer, InterSystems Benelux.
DeepSee permet à chacun de disposer à tout instant des informations les plus récentes, notamment dans des environnements où le nombre d'utilisateurs est élevé comme c'est le cas dans le secteur médical, les grandes entreprises ou les administrations. Au quotidien, ces informations les aident à prendre des décisions fondées.
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