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Le Cloud Computing… dans le contexte luxembourgeois

Exploiter les ressources d’un data center en adoptant les principes du Cloud Computing engendre de nouveaux challenges



Les infrastructures réseaux de très haut niveau sont en place, de nombreux data centers sont aujourd’hui opérationnels. Pour rester compétitif à l'échelle mondiale, le Luxembourg a déjà déployé d'importants moyens pour développer ses infrastructures ICT. Le Cloud Computing pourrait s’inscrire comme une suite logique. Cependant, comme toute technologie émergente, il soulève bon nombre de questions et nécessite d’anticiper plusieurs challenges.

Si le Luxembourg est aujourd’hui une destination de choix pour les entreprises à la recherche d’infrastructures de pointe, le défi reste de taille. De fait, certains risques demeurent: la nécessaire évolutivité des infrastructures, la difficulté à les gérer et les besoins en énergie qu’elles vont susciter.
Une réponse peut probablement être trouvée dans une configuration basée sur le Cloud Computing, modèle d’informatique distribuée permettant l’accès à des ressources et services fournis par des serveurs répartis et reliés par une connexion internet ultra-rapide. Ce modèle se caractérise par trois niveaux de services:

- un service d'accès à une application hébergée et exécutée à distance (SaaS - Software as a Service);
- un service d’accès à un environnement d'exécution qui, au lieu de fournir un logiciel hébergé et exécuté de manière délocalisée, offre un cadre d’exécution à distance du code de l’utilisateur (PaaS - Platform as a Service);
- un service de gestion et d'accès direct à des ressources distantes via la location d’un ensemble de serveurs virtuels pour une entreprise ne possédant pas de moyens propres (IaaS - Infrastructure as a Service).

Au-delà de la technique, et dans le contexte actuel, bon nombre d’entreprises seront assurément intéressées par le modèle économique sous-jacent dans lequel les applications sont facturées au prorata du temps d’utilisation et non plus par l'achat de licences. En effet, même si la question du coût fait débat, les avantages sont évidents: agilité, déploiement des ressources «on demand», prévisibilité des coûts d’infrastructure et, tout particulièrement pour les PME, possibilité de s’affranchir d’un certain nombre de soucis liés à l'informatique.

Cependant, exploiter les ressources d’un data center en adoptant les principes du Cloud Computing engendre de nouveaux challenges. Tout d’abord, l’introduction de notions d’agilité dans la gestion de l’infrastructure. Le développement croissant de solutions de type SaaS imposant des variations importantes de la capacité d’hébergement, il convient de proposer un système qui puisse monitorer et gérer la configuration et le partage des ressources, afin de s’adapter aux fluctuations et d’aligner dynamiquement les capacités et les performances du système avec les besoins immédiats du client. De plus, dans un souci de flexibilité, les infrastructures devront être à même de faire cohabiter tout type d’applications et ce, quelle que soit leur taille.

D’autre part, la quantité d’électricité nécessaire au fonctionnement de telles infrastructures (alimentation des machines, climatisation) représente une véritable problématique. Il apparaît dès lors indispensable de développer des solutions de monitoring et de stockage de l'énergie afin de réduire les coûts de consommation et l’impact environnemental. Les réflexions autour de la transformation de la chaleur en énergie, si elles aboutissaient, pourraient être une solution pour réduire les besoins en énergie des data centers.

Enfin, concernant la relation clientèle, un effort important doit être fourni pour la constitution de catalogues de services et la mesure de leur qualité (SLA), éléments décisifs de garantie de la fiabilité de l’offre.

Au Luxembourg, bien que le concept et les premières expériences soient prometteurs, d’autres questions se posent, surtout dans le contexte d’une économie locale où le secteur financier est prédominant. La problématique liée à la sécurité et à la confidentialité des données hébergées à distance y reste sensible et ce, quel que soit le niveau de qualité de service (SLA) préalablement fixé entre le client et le fournisseur.

D’autre part, l’adoption du paradigme «cloud computing» dans la conception d’applications complexes induit une phase d’appropriation de certains métiers clés dans la gestion d’un système d’information. Parmi eux, l’architecte IT qui, disposant de ressources distantes présentées sous forme de services, peut à présent directement composer ses systèmes indépendamment de contraintes de performance, de fiabilité et de coût d’exploitation autrefois corrélées à sa propre infrastructure matérielle. Ou encore l’analyste business qui, séduit par les promesses d’agilité et de souplesse d’exécution du concept, y verrait un remède immédiat aux problèmes d’alignement entre les couches métiers et IT de l’informatique d’entreprise. Dans un tissu économique essentiellement constitué de PME comme au Luxembourg, cette nécessité de sensibilisation préalable des professionnels de l’informatique peut représenter un coût de formation non négligeable.

Séverine Mignon, Pierre Brimont et Benjamin Gateau,
Centre de Recherche Public Henri Tudor

Les 3 niveaux de services du Cloud Computing

Modèle d’informatique distribuée, le Cloud Computing permet l’accès à des ressources et services fournis par des serveurs répartis et reliés par une connexion internet ultra-rapide. Ce modèle se caractérise par trois niveaux de services:

- un service d'accès à une application hébergée et exécutée à distance (SaaS - Software as a Service);
- un service d’accès à un environnement d'exécution qui, au lieu de fournir un logiciel hébergé et exécuté de manière délocalisée, offre un cadre d’exécution à distance du code de l’utilisateur (PaaS - Platform as a Service);
- un service de gestion et d'accès direct à des ressources distantes via la location d’un ensemble de serveurs virtuels pour une entreprise ne possédant pas de moyens propres (IaaS - Infrastructure as a Service).

La rédaction
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