Le Cloud pour contrer la pression sur les prix?Lundi 22 Novembre 2010
L'outsourcing n'échappe pas au mal qui frappe tous les services ICT: la pression sur les prix. Sauf si l’on change le modèle de «delivery»
Lentement mais sûrement, la dynamique de l'outsourcing s'essouffle. Fonctionnant à contre-cycle, l’outsourcing aurait du remonter la pente en 2009 et 2010. Ce n'est plus le cas, des facteurs puissants enrayent sa progression.
Les donneurs d'ordre continuent de pressurer leurs prestataires; le taux journalier moyen facturé par les prestataires reste désespérément bas et la pression sur les prix reste forte.
Par nature, le marché de l’outsourcing est toujours en mouvement. Aujourd’hui, s’accordent les analystes, ce sont les PME -parfois non satisfaites, mal informées ou qui ne savent pas comment aborder ce type de prestation- qui sont le cœur de cible des prestataires. Via Le Cloud Computing. Le Cloud Computing modifie radicalement les habitudes de consommation du fait qu’il repose sur un autre modèle économique: la facturation d’un moyen informatique en fonction de son utilisation. Chez les offreurs, il constitue une transformation en raison de l’industrialisation plus poussée qu’il induit: les services doivent être conçus pour être prêts à l’usage, packagés comme des produits «finis», à peine configurables et standardisés pour s’adapter au plus grand nombre d’entreprises. Selon Gartner, le Cloud Computing va non seulement accélérer la démocratisation des services du fait de leur industrialisation, mais aussi modifier la relation avec les offreurs, les clients étant désormais en mesure de se concentrer sur les avantages des services fournis plutôt que sur la manière dont les services sont implémentés.
Rien à voir avec le succès d’estime du CRM en mode ASP (Application Service Provider). Le Cloud Computing propose une source d’optimisation de la gestion du système d’information sur base de cycles de mises à disposition courts, une donne budgétaire plus efficace et une capacité d’adaptation quasi instantanée.
Première percée dans l’infrastructures (Infrastructure as a Service). Alors que, fin 2009, moins de 8% des organisations européennes avaient recours à des services de type IaaS, on s’attend à un doublement d’ici la fin 2010. Les domaines adressés en priorité sont les infrastructures serveurs, de stockage et de sauvegarde. D’ici 2012, la demande devrait aussi porter sur les infrastructures sous-tendant l’archivage de contenus ainsi que sur les réseaux. Contrairement au SaaS, le modèle privilégié pour l’IaaS par les entreprises serait avant tout privé, que le «cloud» soit hébergé dans le datacenter de l’entreprise ou celui d’un prestataire. En revanche, la demande semble plus hétérogène pour recourir au PaaS (Platform as a Service). Les organisations les plus ouvertes comptent opter pour ce modèle afin de développer et déployer des applications programmées avec des langages tiers tout en conservant la maîtrise de leur développement, des applications intégrant des briques applicatives (interfaces de programmation par exemple ou API pour Application Programming Interface), ou encore afin de tester des développements applicatifs avant leur mise en production. Les entreprises mènent de nombreuses réflexions sur le cloud privé, le maintien de leurs configuration avec la possibilité de télécharger leurs données. Le cloud va ainsi renforcer la transition vers de nouveaux modes d'externalisation. Conséquence, le Saas, l'Iaas et le cloud privé vont progressivement tenir leur place aux côtés des grandes prestations d'externalisation que sont l'externalisation globale ou l’externalisation applicative. Le Cloud par l'exemple. Avec IC2, Sogeti propose des PoC
Le cloud inquiète parce qu’on évalue mal sa forme. Il faut donc démontrer. C’est ce qu’entend faire Sogeti avec IC2. Mais aussi, à travers un portail en self-service, permettre aux entreprises de réaliser leurs propres maquettes de faisabilité.
Cinq premières étapes ont été retenues. Il sera d'abord possible de tester une plateforme de collaboration basée sur SharePoint 2010, personnalisable et comportant des services pré-packagés. Sogeti montrera aussi comment maîtriser les mécanismes de sécurité du Cloud suivant les architectures (cloud privé, public ou hybride). Une plateforme de développement .Net sera également accessible. Elle inclura des services pré-packagés. Egalement disponible, une plate-forme de testing, reposant sur l'offre Team Foundation Server 2010 sur laquelle Sogeti met en oeuvre sa méthode de testing TMAP. Enfin, il sera possible de montrer la façon d'administrer les éléments qui constituent le cloud. Ces scénarios, qui s'appuieront sur les solutions System Center de Microsoft et CSA de HP, seront illustrés de cas pratiques, notamment pour l'automatisation de clouds privés, publics ou hybrides. La force de la solution IC2 est de présenter au travers de son outillage la capacité à gérer avec les mêmes logiciels ce qui se trouve dans le cloud privé et dans le cloud public. Sogeti prévoit que les clients vont vouloir passer d'un cloud à un autre, ce qui pourra aussi être démontré. (Thierry Seignert, Director, IBM Services Financial Sector «Début 2011, IBM Luxembourg lancera son Shared Private Cloud!» ° Le Cloud Computing est-il l’avenir de l’outsourcing?
«Gare aux amalgames! Le Cloud est une voie d’avenir dans le sens où il transformera fondamentalement l’outsourcing, sans toutefois se substituer à lui. La nuance est importante. Chez ISFS, filiale PSF d’IBM Luxembourg, nous comptons intégrer le Cloud dans notre de Shared Services Center. Concrètement, nous proposerons à plusieurs clients de partager une même infrastructure sous forme de capacité adaptée en temps réel au besoin de consommation de chacun.»
° Une telle proposition est-elle attendue?
«Dans un contexte où l’on manque de visibilité, il est important pour les organisations de pouvoir ajouter de nouvelles capacités rapidement, sans devoir investir dans un nouveau matériel, former du nouveau personnel ou payer des licences pour de nouvelles applications. Via le Cloud Computing, on accède simplement et immédiatement à ce dont on a besoin; on peut surtout se concentrer sur les éléments les plus importants de son activité et laisser à son prestataire le soin de gérer la question des ressources... Aujourd’hui, matériels et logiciels sont des commodités; le marché attend désormais des services au départ de ces commodités!»
° Qui dit Cloud dit paiement à l’usage. La proposition est évidemment tentante, mais est-elle aisée à mettre en œuvre?
«C’est évidemment complexe d’autant que nous aurons à définir des SLA spécifiques. De même, pour répondre aux exigences de la CSSF, nous devons garantir une réelle traçabilité de cette mise à disposition de ressources. L’aspect contractuel est, de toute évidence, la partie la plus sensible du développement de cette offre.»
° Le changement est fondamental. Pensez-vous que le marché soit aujourd’hui prêt à basculer vers un tel modèle?
«Le marché abordera le Shared Private Cloud comme il est passé d’un service de help desk sur site à un service externalisé dont le coût est calculé sur base du ticket. A cette nuance près: le transfert d’un modèle à l’autre se fera très rapidement -quelques mois à peine. Pour preuve, ce concept suscite beaucoup d’intérêt chez d’autres acteurs ICT. Des alliances ne sont pas exclues tant les investissements sont importants. Début 2011, je verrais bien trois ou quatre offres au départ d’un même ‘engine’...»
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