Le SaaS est mature. Qu’attendez-vous?Jeudi 18 Décembre 2008
Des craintes, encore. Et pourtant… Les avantages du modèle sont bien réels. Et les offres se multiplient, se complètent même à travers de véritables écosystèmes. Du logiciel aux infrastructures, tout devient -ou peut devenir- «service». Le SaaS est aujourd’hui mature.
Protection Network de Symantec s’étoffe. Online Remote Access permet un accès sécurisé à distance à des applications et fichiers sans recourir à un VPN (Virtual Private Network). Après la sauvegarde avec Online Backup et la restauration avec Online Storage for Backup Exec, ce nouveau service est la troisième brique de l’offre SaaS (Software as a Service) de Symantec.
Comme d’autres, Symantec fait son entrée dans le monde SaaS. A pas comptés. Pour la majorité des éditeurs, le virage est délicat. Pas question de cannibaliser ses activités traditionnelles, génératrices de revenus immédiats. Pas question, non plus, de s’exclure… Impossible, en effet, d’échapper au phénomène SaaS. Et comme l’accès à la bande large joue un rôle important dans l’adoption du modèle, surtout pour les PME, le Luxembourg et la Belgique seraient, selon le cabinet Saugatuck Technology, aux avant-postes.
Le Saas plutôt que l’ASP. Là où l’ASP (Application Service Provider) consiste simplement à accéder à distance à une application en bénéficiant de ressources mutualisées avec d'autres entreprises, le SaaS s'étend à la notion de plate-forme, en incluant personnalisation et intégration, que ce soit à l'existant ou à d'autres programmes hébergés. Toujours selon Saugatuck Technology, nous venons d’aborder la phase 3 du phénomène. La phase 4 introduira le Cloud Computing: une interface client accessible, un navigateur web et la possibilité de rapidement ajouter ou réduire de la puissance de calcul nécessaire aux applications.
Du logiciel à l’infrastructure
Pour nombre d’éditeurs de logiciels, le mode SaaS est un moyen unique de fédérer leur offre. Via la plate-forme Acrobat.com, Adobe propose aussi bien Photoshop (traitement d'images) que Buzzword (traitement de texte) et ConnectNow (conférence web) sous forme de «services»; l’éditeur va même jusqu’à proposer les espaces de stockage nécessaires à leur usage. Et de viser différents publics. Avec un Photoshop, Adobe vise le marché de la retouche d’image; avec un ConnectNow lié à Buzzword, Adobe encourage le mode collaboratif en entreprise… à l’instar d’un Google Apps ou d’un IBM Lotus Bluehouse.
En fait, tout peut devenir «service». Y compris l’infrastructure. Thynx ne vient-il pas de présenter le WaaS -Workplace as a Service. Derrière l’acronyme, un modèle de services qui, par la virtualisation, fait déplacer l'ensemble du poste de travail vers le centre de données. A l’origine du concept, des acteurs comme Citrix, Microsoft et IBM, mais aussi Vasco Data Security, Commvault et Juniper. A les écouter, le poste de travail fixe perd rapidement du terrain: de plus en plus de gens souhaitent pouvoir travailler et communiquer en tout lieu et à toute heure; dans leur voiture, à leur domicile et chez leurs clients…
De là, de nouveaux besoins: support à la demande, administration de systèmes, accès et contrôle distants, partage et échange de fichiers, mise en place de réseaux privés virtuels, archivage de données… LogMeIn «surfe» sur cette vague. Sa suite de solutions SaaS permet, notamment, de faire du support à la demande pour serveurs, ordinateurs et smartphones. Exemple, Ignition. Via ce service, le PC prend la forme d'un support mobile -clef USB, iPod, téléphone mobile, etc. Ignition donne un accès physique et réel aux informations; il permet, entre autres, de stocker de façon sécurisée ses informations confidentielles de connexion et ses préférences afin de pouvoir entrer en liaison avec plusieurs ordinateurs d'un clic et transférer des fichiers vers plusieurs ordinateurs en une seule session.
2009, année des services collaboratifs
Préparer des réunions en ligne, monter des groupes de travail, créer des espaces collaboratifs, animer des conférences web... Avec Lotus Bluehouse, IBM capitalise l’expérience de Lotus Notes -plus de 140 millions d’utilisateurs; 46.000 organisations clientes- pour déployer les fonctionnalités des différents outils Lotus sous forme de services.
Objectif: faciliter l'échange et le partage d'informations au sein d'une organisation éclatée. Lotus Bluehouse intègre une communauté d'utilisateurs au sein de l'entreprise, mais aussi des clients, des fournisseurs et partenaires. A la manière d'un portail d'entreprise, IBM entend faire tomber la barrière qui sépare le poste de travail des espaces de collaboration et de partage. Et de positionner sa plate-forme comme un regroupement de services. Disponibilité: début 2009. Attendu, aussi, Cisco. Avec WebEx Connect, le spécialiste des réseaux sort de ses activités traditionnelles de fournisseur de technologies pour venir titiller IBM sur le même marché de la collaboration. Atout de sa plate-forme, la vidéoconférence. Via des API, Cisco promet de connecter tout type de «widget» tiers. En faisant une comparaison grossière, WebEx Connect rappelle l'approche des réseaux sociaux comme Facebook, avec la possibilité d'ajouter une multitude de «widgets» à une plate-forme de base. Les solutions d'e-mail et de calendrier de PostPath vont, par exemple, y être connectées.
Attendue, aussi, l’offensive de Microsoft via Online Services. Au menu, cinq applications en ligne: Exchange Online (messagerie), SharePoint Online (collaboration et gestion documentaire), Office Communications Online (communication et présence), Office Live Meeting (téléconférence) et Dynamics CRM Online. Microsoft Exchange Filtering, un antispam, complètera l’ensemble. Si, commercialement, l’offre marque un changement majeur dans sa stratégie de commercialisation, le premier éditeur mondial insiste sur la «cohabitation» entre logiciels installés et services hébergés. Pas question de choquer… Lancement prévu en mars ou avril 2009.
En 2013, 60% des entreprises auront opté pour les «services»
Aujourd’hui, les solutions de messagerie électronique et de conférence Web devancent la gestion des salaires, les services de voyage, les applications de finance, le sourcing et l’e-procurement. Entre 2009 et 2012, estime IDC, au moins 40% des entreprises, moyennes et grandes, évalueront des solutions SaaS pour les applications métier: ERP, SCM, HR… Un premier tiers choisira un fournisseur de ces solutions de prochaine génération et un deuxième tiers migrera vers des versions SaaS. Au-delà de 2013, près de 60% des entreprises auront opté pour les services. Une estimation partagée par Microsoft qui estime qu’à la même échéance une «box» Exchange sur deux sera en mode «software + services».
Dans ce contexte, l’ERP en mode SaaS n'est pas encore un marché de masse. Loin s'en faut. Contrairement à la gestion des salaires, qui reste un système d'information à part, contrairement aussi à la gestion de la relation client, très standardisée, externaliser l’ERP fait encore peur… Selon une étude française, 27% des PME craignent les éventuelles coupures et lenteurs de l’internet et 23% les risques de sécurité informatique.
De toute évidence, le SaaS marque une profonde rupture avec les solutions actuelles. Le premier frein, aujourd’hui, est psychologique, note-on chez e-Kenz, premier prestataire de services SaaS pour SAP au Luxembourg et dans la Grande Région. En même temps, les avantages sont bel et bien là, indéniables: pas d’investissement initial, pas de contraintes techniques (sauvegarde, sécurité, etc), pas de maintenance et autres coûts cachés et pas besoin de ressources humaines qualifiées…
Ce qu’un Delaware Consulting constate dans le secteur industriel, un Callataÿ & Wouters l’observe dans le monde financier. S’en remettre à un seul prestataire inquiète… Qu’importe son expérience, sa reconnaissance sur le marché: l’effet est bien réel. En particulier dans les grandes organisations. Néanmoins, constate l’éditeur du progiciel Thaler, nombre de CEO s’interrogent: «faut-il continuer à faire?» Hormis cette question fondamentale, le contexte joue en faveur du modèle. Une solution en mode SaaS pouvant être rendue disponible très rapidement, Callataÿ & Wouters voit aujourd’hui venir à elle des institutions de renom désireuses de «construire» une banque en… trois mois! Une performance «réaliste» en mode SaaS, et seulement en mode SaaS. L’éditeur a déjà pu en faire la preuve. Les «drivers» du SaaS
Les spécialistes relèvent aussi d’autres «drivers», le mode hébergé permettant, par exemple, d’utiliser l’ERP en mobilité avec des terminaux portables, style PDA. D’une manière générale, le SaaS est intéressant dans les configurations multisites, avec des effectifs à géométrie variable (croissance, saisonnalité). Egalement -c’est très net pour les PME- lorsque l'entreprise ne désire pas déployer in situ un serveur et une application réputée «complexe»…
Les prestataires avancent aussi des arguments purement financiers. A périmètre fonctionnel comparable, les délais de mise en production peuvent être réduits dans des proportions de 1 à 5, voire de 1 à 10. Le mode SaaS favorise en outre des mises en place progressives (par module fonctionnel ou processus) en obtenant des succès rapides garants de la bonne fin des projets. Le SaaS permet aussi de mieux maîtriser les coûts induits d’une application. On sait en effet que les coûts initiaux d’acquisition et de déploiement représentent rarement plus du tiers du coût complet (Total Cost of Ownership) d’une application sur une période de 5 à 7 ans. Deux tiers de ce coût complet sont en effet liés aux coûts de maintenance et d’évolution ultérieurs.
Reste à faire bouger les lignes. Fin septembre, Oracle s’est associé à Amazon pour accélérer l’adoption de ses solutions en mode hébergé. Et SAP compte désormais sur le SaaS pour contrer le tassement de ses ventes. A l’instar de Microsoft, l’éditeur allemand prône une approche mixte avec des composants en local et d’autres hébergés sous forme de services; une approche qui fait d’autant plus sens qu’elle pourrait habilement permettre de justifier la brutale augmentation des tarifs de maintenance applicative…
Vers de véritables écosystèmes
A quand un véritable essor? La question taraude tous les professionnels. On attend toujours la phase d’industrialisation, les déploiements à grande échelle. Ils sont rares. Peu de grands prestataires ont suivi l’exemple de Capgemini, qui distribue depuis un an la suite bureautique Google Apps Edition Premier.
A entendre Capgemini, la solution de Google est totalement complémentaire des suites bureautiques classiques. Elle est idéale pour les employés qui n'ont pas de PC attitré comme les vendeurs en magasin ou les agents qui interviennent sur des lignes de production; elle peut aussi servir d'outils de travail collaboratif entre des salariés et des personnes extérieures à l'entreprise -clients, fournisseurs, partenaires- amenés à travailler ensemble de manière temporaire sur un projet commun. Mais plus que les prestataires, qui sont aussi les prescripteurs, c’est par les communautés d’utilisateurs et les plates-formes que le modèle s’imposera. Aujourd’hui, la plate-forme Force.com compte plus d’une centaine d’ISV (Independant Software Vendors) développant dans des domaines variés: ressources humaines, santé, immobilier… Force.com permet de développer et exploiter des applications métiers en fournissant un ensemble de briques applicatives de base (bases de données, workflows, intégration, personnalisation...) et l'espace d'hébergement.
Salesforce.com s’est aussi rapproché de Google. Via Salesforce for Google Apps, le précurseur du modèle SaaS mêle astucieusement ses fonctionnalités -service et support client, ventes, marketing, relations partenaires- à celles des outils de communication de google Apps, dont la messagerie Gmail, la suite bureautique Google Docs, la messagerie instantanée Google Talk…
«Drivers» de ce type de tendances, les services Web. En se concentrant sur l'intégration préalable des applications logiques, les entreprises peuvent déployer plus vite les solutions. On parle aujourd’hui d’«écosystèmes logiciels». Comment évaluer une offre SaaS (source: Saugatuck Technology)
Principaux contrôles
Importance (coefficient de pondération) A Conformité (note) B Score définitif C = A x B Fonctionnalités de la solution Termes et conditions tarifaires Disponibilité ou temps de fonctionnement Temps de réponse système Engagement en termes de qualité de services Sécurité et confidentialité Capacaoté de sauvegarde et de restauration Capacité d’adaptation Capacité de personnalisation Capacité d’intégration Capacité de workflow Accès aux données et fonctions analytiques Réactivité face aux demandes de support Réactivité face aux demandes d’amélioration Communauté ou réseau d’utilisateurs
Attribuez un coefficient de pondération à chacun des critères d’évaluation selon l’importance que vous lui accordez (A). Ensuite, évaluez chacun des critères selon le degré de conformité qu’offre la solution SaaS (B). Multipliez le coefficient de pondération par la note attribuée de façon à obtenir le score définitif pour chaque critère (C). Totalisez les scores et comparez les résultats. En cumulant les scores définitifs des 15 critères, vous obtenez la note totale pour chacune des solutions SaaS étudiées.
Principales solutions SaaS sur le marché
Applications métier
Supply Chain Finance Vente Achats HR Marketing ERP CRM Applications sectorielles Logistique Transport Recrutement Distribution Collectivités locales Applications collaboratives Solutions bureautiques Web Conferencing Gestion de projets Télécommunications Applications d’infrastructure Sauvegarde de données Sécurité Traitement de données Archivage Stockage SaaS 2.0, phase III. Etape intermédiaire avant le Cloud Computing (source: Saugatuck Technology)
SaaS 1.0
Phase I : 2001-2006 Optimisation des coûts Adoption réduite Applications «stand alone» Multi-tenants Configuration réduite Focus sur le TCO et la rapidité de déploiement SaaS 2.0 Phase II : 2005 – 2010 Intégration dans les solutions existantes Adoption étendue Intégration aux applications business Plate-formes d’intégration Premiers écosystèmes et «market places» Possibilités de personnalisation Focus sur l’intégration SaaS 2.0 Phase III : 2008 – 2013 Transformation des flux «busines» Omniprésence du modèle Ecosystèmes optimisés Premières plates-formes de développement Collaboration inter-entreprise Intégration dans l’«IT Utility» Processus personnalisés Focus sur la transformation Cloud Computing Phase IV : 2011 – 2016 Processus «business» mesurés, monitorés et gérés
Adoption post-SaaS
Processus business «end-to-end» Disponibilité sans limites des services Hubs intelligents SLA pour applications composites Infrastructures évolutives dynamiquement Focus sur l’optimisation des processus business Commentaires
SaaS 1.0, SaaS 2.0, Cloud Computing… Tout s’accélère. Pour le cabinet Saugatuck Technology, très engagé dans ces domaines, nous sommes entrés dans la troisième phase du SaaS, celle-ci devant s’achever en 2013. Ensuite, on parlera réellement de Cloud Computing.
La première phase, qui s'est échelonnée des années 2001 à 2006, a concerné des applications «stand-alone» dont Salesforce.com a été clairement un des pionniers. On est passé ensuite vers des solutions métier intégrées sous-tendues par des services Web et des ESB (Enterprise Service Bus). La phase 3 devrait faciliter la transformation des entreprises grâce à des applications de collaboration et de workflow pour lesquelles la force du «on-demand», qui est synonyme d'ubiquité, est particulièrement adaptée. Enfin, la dernière étape, à partir de 2014, facilitera la gestion et la supervision des processus métier. Dans la même rubrique :
|
|
|
|
|





InterSystems lance la nouvelle génération de HealthShare




