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Le «as a service»… en nuance

Rédigé par De redactie le Vendredi 23 Octobre 2009
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SaaS, PaaS, IaaS, STaaS… Le principe «as a service» s’impose. De nombreux avantages, mais aussi de réelles limitations. Economique, mais pas toujours. Tendance irréversible? Oui. Mais en nuance. Gare aux idées reçues! Gare aux pièges!



Le «as a service»… en nuance
SaaS à tout faire

Le prix n’est pas encore fixé. Mais il est question de facturer le service 3 EUR par utilisateur, soit près de trois fois moins qu’un service Exchange. Avec LotusLive, ensemble de services de travail collaboratif hébergés sur ses propres serveurs, et accessibles par abonnement via un simple navigateur, IBM capitalise sur le succès de Notes -pas moins de 18 millions de postes clients dans le monde!- pour faire son entrée dans le SaaS.

En face, Microsoft. Mais aussi Google, Salesforce, SAP… Tout le monde vient au SaaS. Souvent en solitaire, parfois en partenariat. Comme SAP avec Google. L'Allemand se rapproche de celui qui apparaît aujourd'hui comme l'alternative la plus crédible à Microsoft sur le poste de travail. Le temps où l’on croyait le SaaS réservé au CRM et au HR est bien révolu.

Pour preuve, le rachat de MessageLabs par Symantec. Domaines couverts: la sauvegarde et la récupération après sinistre, mais aussi la DLP (Data Leak Prevention). Un signe qui ne trompe pas. En peu de temps, plusieurs ténors de la sécurité ont été rachetés, précisément dans cette perspective «as a service»: Postini par Google, SurfControl par Websense et ISS par IBM…


Le concept d’usage au goût du jour

Nouveau modèle adapté à la croissance des entreprises, scandent ses promoteurs. L’investissement informatique ne doit plus peser sur le budget, mais se positionner comme un centre de profit: on ne paie plus pour posséder le logiciel en lui-même, mais plutôt pour l’utiliser.

L’un des autres atouts majeurs du Saas tient à son accessibilité pour tout type de structure. En effet, au niveau des PME, il permet par exemple de démocratiser l’accès à des logiciels souvent jugés trop onéreux pour une acquisition en mode licence. Pour les grands comptes, il permet indiscutablement de réaliser des économies d’échelle pour des déploiements massifs. Au niveau de l’exploitation, on notera que le Saas permet aux entreprises de s’affranchir de toutes les problématiques de support et de mises à jour.

Retour sur le cœur de métier, toute l’énergie pour développer les parts de marché et non pour gérer des infrastructures techniques. Dans le contexte actuel, l’argument fait mouche, particulièrement dans les PME qui manquent de ressources techniques en interne et qui ne peuvent pas nécessairement ouvrir de poste à plein temps dédié à cette fonction.


Solution anticrise pour une entreprises sur trois

Au début de l’année, 52% des développeurs interrogés par l'institut Evans Data prévoyaient de travailler sur des projets SaaS en 2009. La tendance est identique en Europe. Markess International constate une accélération de la demande: 66% des responsables interrogés évoquent une augmentation du budget qui sera consacrée à ces applications d'ici 2010. Et pour 38% des entreprises, le SaaS est une solution anticrise.

Le cabinet Saugatuck Technology présente le SaaS comme un agent de changement: il représentera en 2012 quelque 25% des nouvelles dépenses contre 15% aujourd'hui. Les raisons? Le cabinet les résume à trois grandes tendances.

Un: l'adoption du SaaS est influencée par un ensemble de tendances vers une plus grande utilisation du fond de roulement pour certains investissements informatiques. Le Saas constitue un des facteurs clés, favorisent les changements opérationnels et entraînant des modifications sur les besoins et les attentes de l'informatique.

Deux: l'adoption du SaaS n'intervient pas dans un environnement statique. La majorité des entreprises essaient d'aligner les opérations et le système d'information. Il n'y a rien de différent dans le SaaS. Une adoption plus large du SaaS engendre à son tour des modifications au niveau de l'organisation, dans l'adoption et l'organisation de l'informatique.

Trois: une utilisation plus large du SaaS vers des applications plus stratégiques ont une influence sur les fournisseurs. Plus les utilisateurs d'application en mode SaaS seront à l'aise avec ce type d'applications, plus ils seront demandeurs. Les fournisseurs devront donc adapter leur offre en conséquence.


Opportunité de rationaliser le système d'information

Au delà de l'intérêt financier du SaaS, le modèle est à mettre en perspective avec un mouvement plus vaste d'une industrie informatique qui arrive aujourd'hui à pleine maturité. Derrière le SaaS se cache la notion plus simple de bouquet de services.

En mode SaaS, l'entreprise accède à un service véritablement mutualisé. Ce qui présente des avantages... et des inconvénients. En effet, il devient plus difficile d'identifier et d'anticiper les dégradations de performance nuisibles à l'activité métier, les paramètres à prendre en compte étant trop nombreux. Les entreprises n'ont en outre que très peu de moyens pour réagir par elles-mêmes face à ces problèmes.

Dans la pratique, l'utilisation d'un service SaaS peut ainsi se traduire par un retour en arrière, par rapport aux efforts consentis par les entreprises pour augmenter la visibilité sur les performances de leurs applications critiques. Une nouvelle fois, ce n'est que lorsque l'utilisateur sera perturbé dans son travail, par des temps de réponse trop longs ou l'indisponibilité de l'application, que le service informatique sera alerté et pourra à son tour en référer au fournisseur du service SaaS.


° Les bénéfices du SaaS sans les effets pervers

Il s’agit donc de mesurer en permanence la performance telle qu'elle est perçue par l'utilisateur métier, seul moyen pour anticiper dès aujourd'hui les effets potentiellement pervers d'un mouvement général et inéluctable de l'industrie informatique. A juste titre, face à la croissance toujours exponentielle des volumes de données et des applications, les entreprises cherchent à rationaliser l'usage de leurs ressources, ne conservant par devers elles que celles qui représentent un avantage concurrentiel déterminant.

Infrastructures des centres de données, solutions bureautiques, et même applications au service des fonctions transversales de vente, de gestion de la relation client ou des ressources humaines, sont appelées à être externalisées et partagées afin de réaliser des économies d'échelles, mais aussi de profiter des meilleures pratiques et du surplus d'expertise qu'apporte la mutualisation. Dans cette nouvelle évolution majeure des usages métiers, la capacité à mesurer la performance par le ressenti de l'utilisateur jouera un rôle essentiel, en créant les bases d'un dialogue objectif entre clients et fournisseurs.


Les vraies questions à se poser

° Quelle est la maturité des solutions SaaS sur le segment en question?
Si certains sont déjà matures (outils collaboratifs, CRM, HR…), d’autres (Business Intelligence, solutions d’intégration…) ne présentent pas d’alternatives crédibles aux solutions existantes.

° Quelle est la maturité du projet en interne?
Le modèle par abonnement peut s’avérer un choix judicieux dans les cas où, les processus internes et les besoins n’étant pas clairement définis, une période pilote est nécessaire avant d’engager un investissement conséquent.

° Quelles sont les contraintes budgétaires?
Doit-on privilégier une approche OPEX (Operating Expenses) ou CAPEX (Capital Expenditures)? Faut-il acheter ou louer? Le mode SaaS offre une bonne visibilité. En revanche, sur plus de 5 ans, le modèle n’est pas forcément moins onéreux.

° Quelle est l’urgence du démarrage opérationnel?
Le déploiement d’une solution en mode SaaS est beaucoup moins chronophage et peut être réalisé en quelques semaines. Pour une application à usage ponctuel, le modèle peut s’avérer très rentable.

° Quelles sont les attentes en termes d’intégration avec le SI de l’entreprise?
Un des inconvénients majeurs des solutions en mode SaaS est la difficulté à les intégrer avec les autres systèmes de l’entreprise. Seulement 22% des organisations utilisant le mode SaaS estiment qu’elles sont complètement intégrées.

Cinq idées reçues à prendre en compte (source: Gartner)

1- Les logiciels SaaS sont moins chers

C'est effectivement le cas sur les deux premières années, car l'entreprise n'a pas à amortir le coût d'achat du matériel et des logiciels. Elle se contente de payer un abonnement mensuel par utilisateur. Mais l'intérêt économique est bien moins évident à calculer au bout de cinq ans. Les entreprises obtiendraient, dans la majorité des cas, un coût total de possession (TCO) plus faible avec une application hébergée en interne.

2- Les logiciels SaaS se paient à l'usage

Avec l'avènement du Cloud Computing, de plus en plus de fournisseurs de services en ligne proposent un modèle de tarification lié à la durée d'utilisation du service. Lorsque cette redevance fixe n'existe pas, le fournisseur accompagne souvent son loyer mensuel d'une clause contractuelle d'engagement annuel si l'utilisateur souhaite bénéficier de meilleurs tarifs.

3- Les logiciels SaaS ne requièrent aucun déploiement

C'est en partie vrai d'un point de vue technique. De plus en plus d'entreprises commencent à relier leurs applications hébergées au reste du système d'information via les services web proposés par l'éditeur. D'autre part, il existe toujours une phase de paramétrage, qui, selon les cas, peut demander plusieurs mois de travail.

4- Les logiciels SaaS ne peuvent pas être intégrés au reste du système d'information

C’était vrai il y a trois ou quatre ans. Depuis, la plupart des éditeurs proposent des interfaces de programmation (API REST, services web, etc.) pour accéder aux données et fonctions de leurs progiciels en mode synchrone. Il est même possible d'importer ou d'exporter les données en batch sous une ribambelle de formats différents.

5- Les logiciels SaaS répondent uniquement à des besoins fonctionnels basiques

Non. Si les applications de gestion des forces de vente telles que Salesforce.com ont contribué à populariser cette architecture technique, les progiciels SaaS répondent désormais à presque tous les besoins des entreprises, même complexes. Pour preuve, SAP.





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