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PaaS, IaaS, SaaS... Le coup de force de Microsoft

Jeudi 31 Mars 2011

L’éditeur devient prestataire de services via son réseau de partenaires. Les PME n’hésitent pas, les grands comptes s’interrogent encore...



PaaS, IaaS, SaaS... Le coup de force de Microsoft
Reporting-as-a-Service. Mais aussi Business Intelligence as-a-Service. Et Corporate Performance Management as-a-Service. Selon element61, société spécialisée dans l’aide à la décision, tout peut devenir service. L’entreprise gantoise teste actuellement ces services au bénéfice des PME sur la plate-forme Azure via un programme co-financé par les instances européennes et le Gouvernement flamand.

«Le Platform-as-a-Service va nous permettre d’adresser des entreprises qui n’auraient jamais fait le premier pas, faute de moyens, explique Nico Verbaenen, Senior Business Intelligence Architect, element61. Via Azure, on leur fournit à la demande et dynamiquement des capacités sans investissement préalable. Par exemple, si je suis une TPE et que je me lance dans un business, je n'ai pas forcément besoin de faire l'acquisition de serveurs et d'avoir des compétences informatiques au sein de l'entreprise, c'est l'informatique qui devient une commodité, comme l'eau et l'électricité, pendant que je me concentre sur mon coeur de métier.»

SaaS, IaaS, PaaS... En 2020, 80% des applications tourneront dans le cloud, assure Microsoft, tout en expliquant que les responsables ICT devront s'adapter à ces changements. On sait l’intérêt de Microsoft pour Azure. La plate-forme demeure en effet la couche où l'éditeur joue sa légitimité, déclinant Windows et SQL dans le nuage pour mieux sensibiliser son écosystème de développeurs (applications .Net, PHP et Java supportés). Début février 2011, un an après son introduction, Microsoft annonçait 31.000 clients, dont une centaine en zone BeLux -essentiellement des Independant Service Providers ciblant pour leur part des PME. «Les grandes entreprises suivront, c’est une question de temps, assure Jan Smessaert, BG Lead Information Worker, Microsoft. Elles aborderont le PaaS dans le cadre de projets plus stratégiques; elles s’interrogent actuellement sur le devenir de leurs propres infrastructures, n’hésitant plus à envisager des scénarios radicaux...»

Au niveau SaaS, l’introduction de BPOS (Microsoft Business Productivity Online Standard) a suscité les mêmes interrogations. Avec, parfois, des décisions majeures. Ainsi, cette organisation luxembourgeoise qui a décidé d’en généraliser l’usage pour 9.000 utilisateurs! «Chaque structure IT va devoir faire face au challenge de devenir un fournisseur de cloud interne parce que les services IT seront dans le futur de plus en plus confrontés à la pression des services cloud externes», estime Michael Mossal, Executive Director chez tecsys Luxembourg. En Belgique, Des grands comptes comme GSK ou Coca Cola ont suivi. Plus récent, Brussels Airlines, qui a étendu les services de BPOS à son personnel naviguant...

C’est OPEX contre CAPEX. Si les coûts sont aussi transparents et programmables que ceux liés au téléphone ou à l’électricité, l’adoption bute encore sur certaines réticences. En particulier dans le secteur financier. «C’est très net à Luxembourg, où la législation est stricte sur l’emplacement des données, observe encore Michael Mossal. Je note aussi que ce sont les CIO qui freinent, craignant sans doute de perdre une part de leur pouvoir...» Autre frein, moins émotionnel mais tout aussi réel, les investissements déjà consentis. Sauf que, comme le rappelle Microsoft, une des particularités de la proposition est que les clients ne sont pas obligés de choisir entre un logiciel en location ou un logiciel de type service hébergé, ils peuvent opter pour une combinaison des deux et sont ainsi à même de profiter des avantages des deux approches.

Prochaine étape, Office 365. La nouvelle «marque» fédérera un ensemble de services, regroupant notamment les version Online 2010 de SharePoint, d'Exchange et de Lync, ainsi qu'Office Web Apps; Microsoft inclura aussi Office Professionnel Plus 2010 (qui comprend la messagerie électronique, vocale, un réseau social d'entreprise, conférence web, extranet, etc.) sur les postes clients par un abonnement mensuel.

Lancement imminent. «Belgacom a été le premier en Belgique à signer un contrat de revendeur avec Microsoft; un contrat similaire serait en bonne voie avec un acteur de premier plan au Luxembourg», complète Rudy Van Hoe, BG Lead Server & Tools, Microsoft. L’idée est de proposer le service Office 365 combiné à la connectivité (internet fixe ou mobile) au marché des PME via différents canaux de vente. Ca va faire mal!


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