Pas de bon sourcing, sans un bon business case !Lundi 21 Avril 2008
Si les marges des prestataires diminuent les risques pour les clients augmentent!
Manque de ressources, envolée du coût de l'énergie. Mais, en IT, des prix serrés au plus juste. «J'ai calculé, pour nos seuls véhicules, qu'Unisys avait enregistré une augmentation de sa facture de carburant de 120.000 EUR au cours des deux premiers mois de l'année, commente Marc Lambotte. La répercuterons-nous? Nos clients s'en offusqueraient. Or, quand le prix du pain augmente, pour de bonnes ou de moins bonnes raisons, on ne se sent pas offensé.. »
La pression sur les prix est bien réelle. Et le restera. Dans les cahiers de charge, le coefficient relatif au prix est plus proche des 40% que des 30%... Pour Marc Lambotte, ne pas impacter l'augmentation des coûts, c'est accroître la part de risques.
«Pour emporter un contrat important, on peut serrer ses coûts. Mais la marge de manœuvre se réduira d'autant. Que faire en cas de problème, a priori si l'on est engagé pour trois, cinq ou sept ans, comme c'est courant en outsourcing. Le prestataire y perdra.. .mais le client aussi!»
Aujourd'hui, en prônant l'offshore, les prestataires se rattachent à une bouée de sauvetage. Mais sa résistance laisse à désirer, estime encore Marc Lambotte. «Ma réflexion ne porte pas sur la compétence des informaticiens des pays 'low cost'. Mais sur les conséquences d'une mauvaise compréhension. Or, nous savons tous l'importance d'une bonne analyse des besoins. Nous savons tous que, même dans un environnement de proximité, il n'est pas toujours possible d'atteindre un parfait niveau de compréhension. Aussi, quand vous travaillez avec des gens a six ou sept mille kilomètres d'ici, on peut comprendre qu'il peut y avoir un certain flottement.. »
Question: qui paie ce risque? Le client? Non, bien qu'en finale... Le prestataire de Bengalore ou de Mexico? Pas davantage. Mais l'offreur. Marc Lambotte pose aussi la question des gains. «Récemment, pour un projet complexe, nous avons évalué l'économie 'a 2% si nous le menions en Inde. Mais face au risque, nous avons préconisé a notre client une autre voie.. » Aujourd'hui, de manière générale pour des entreprises belges ou luxembourgeoises, l'intérêt de l'Inde se limite à des gains économiques de l'ordre de 25%, dans le cas d'un projet de help desk par exemple, à moins 10% pour la plupart des projets relativement évolués, compte tenu des dérives de charges, des surcoûts liés aux traductions, du pilotage à distance, du recodage suite à la non-qualité, etc.
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