Projets sacrifiés sur l’autel de la crise, révision drastique des budgets, gel des embauches… Nous l’entendons tous les jours, nous le lisons. Gartner, qui a interrogé plus de 1.500 décideurs ICT à travers le monde, nuance les propos. Pour ses analysMardi 10 Février 2009
0,48%. Certes, c’est peu. Mais mieux vaut être en croissance que pas du tout. En Europe, seulement 8% des entreprises seront confrontées à des réductions de leurs dépenses informatiques de plus de 10%.
Pour la quatrième année consécutive, la priorité des priorités sera d'améliorer l'efficacité des principaux processus de l'entreprise. Après les processus liés au back-office (fabrication, achats), place au front- office, affirme Gartner. On en oublierait presque la crise!
Son ombre est pourtant là. La réduction des coûts devient la deuxième priorité des responsables ICT… alors que l'an dernier elle arrivait en cinquième position. Sans surprise, IDC et Forrester Research confirment. Les «recettes»? Toujours la même cohorte de recommandations: réduction des coûts et des investissements, renégociation des prix avec les fournisseurs, gestion prudente… Après tout, ne s’obstine-t-on pas encore et toujours à comparer 2009 à 1929?
Sauf que le rythme des crises tend à s’accélérer: on a glissé d'une fréquence qui se comptait en dizaines d'années à une fréquence de quelques années. 1991, 2001, 2008. De même, la nature des crises change. Nous sommes entrés dans l'ère de l'ultra-volatilité, où un baril est capable de passer de 150 à 30 USD en sept mois et où les bourses peuvent perdre ou gagner 10% en une journée! Croire qu'appliquer les recettes anti-crise suffira, c'est se leurrer. KBC stoppe net un programme d'investissements ICT de 600 millions d'EUR
Il avait été annoncé non sans fierté voici tout juste un an. De nombreux acteurs de tout premier plan avaient été sollicités, dont Accenture et Capgemini. En septembre, quand Dexia et Fortis ont chuté, KBC pensait encore pouvoir garder le cap. C’était sans compter les trois derniers mois -noirs.
Bloqué, stoppé net. Au mieux, a fait savoir la direction, le programme d’investissement sera reporté à… 2011. D’ici là, le contexte aura changé. Le programme aussi.
La crise a par ailleurs entamé le budget du département ICT de l’institution -souvent présenté comme un modèle- passant de 800 millions d'EUR en 2008 à 700 millions en 2009.
«Optimiser les dépenses». Partout, le même discours. Faut-il comprendre par là qu’on a joué les cigales tout l’été, qu’on a dépensé sans compter? Surtout, faut-il comprendre qu’en période «normale» on n’optimise pas ses dépenses?
La question est lourde de sens: nous ne serions fourmi que sous la pression, la contrainte, autrement dit quand l’économie s’enfonce… et plutôt «généreux» quand tout va bien. Ne serait-ce pas plutôt quand tout va bien qu’on devrait faire preuve de prudence?
L’Histoire se répète, mais on cette fâcheuse tendance à l’ignorer. Qu’avons-nous retenu de la «bulle internet»? Rien. Ou si peu. Jusqu’à juin 2008, la hauteur des investissements n’a jamais été aussi importante -une inflation communément admise. Aujourd’hui, on parle de «repli», de «gros dos». On attend ça passe. Or, ce devrait être moment de marquer la différence, «sortir du bois» alors que les concurrents sont à la peine.
Autre erreur stratégique: «serrer» ses fournisseurs, gagner quelques points ici et là. De deux choses l'une: soit les tarifs sont effectivement réductibles et c'est une erreur de ne pas l'avoir fait plus tôt; soit ils ne le sont pas et les réduire revient à s'exposer aux pires ennuis.
De fait, on peut toujours «presser» ses fournisseurs. Mais ce n’est pas sans danger. La qualité des prestations s’en ressentira, forcément. Pis! changer par opportunisme pour un acteur mal en point qui jette ses dernières forces dans la bataille en faisant un dumping effréné, c'est fragiliser les bases de sa propre entreprise. N’est-ce pas plutôt le moment de faire évoluer la relation, de créer un véritable «partenariat» -au sens noble du terme- avec ses fournisseurs? En somme, faire cause commune pour se renforcer, développer les affaires, renforcer la satisfaction du client final. Bref, concrétiser ce fameux «win-win» qu’on avance sans vraiment en peser la valeur. Certes, on peut se contenter de «faire le gros dos», de compter sur le temps en se satisfaisant des difficultés de ses concurrents. Mais suffit-il de tenir? Au contraire, ne vaut-il pas mieux faire preuve d’agilité, de créativité en investissant plus que jamais sur les talents de ses ressources internes et ceux de ses partenaires. Ce ne peut être facile, convenons-en. C’est pourtant la meilleure façon d’en sortir grandi. Green… Reconnaissons-le: l’adjectif fait un peu sourire en ces temps de coupes sombres dans les budgets. Il y a plus urgent à régler, soutiennent la plupart des responsables ICT. Plus urgent, c’est sûr. Mais ce qui est sûr, aussi, c’est que la
Les difficultés économiques actuelles ainsi que le ralentissement des dépenses auxquels sont confrontées les entreprises devraient finalement favoriser l'adoption des technologies «vertes», indique IDC dans ses prévisions pour 2009.
Enfin! Pour ses analystes, il est fort probable que les entreprises investiront davantage dans des projets qui leur permettront, à terme, de réaliser des économies, comme l'informatique «green» ou encore le Cloud Computing. Certes, il faudra investir. Mais le «payback» est bien réel.
D’accord, on songera davantage à éteindre la lumière avant de fermer la porte, on imposera les copies recto verso, on s’équipera de PC recyclables… Ce sont les bonnes résolutions de 2009. Bien. Mais insuffisant. La démarche doit être plus large: gestion des actifs, analyse des charges applicatives, vision des systèmes informatiques à l'échelle de l'entreprise, etc.
Comme le conseille APC: ne plus considérer la problématique en termes d’équipements et donc de composants, mais bien en termes d’objectifs. Concrètement, comment dois-je faire pour réduire ma facture énergétique de 40, 50 ou 60%? Inspirez-vous de la stratégie de Google! Qu’importe la taille de votre entreprise: ses pistes de réflexion et sa démarche méritent qu’on s’y intéresse. Cette entreprise affirme, notamment, dépenser cinq fois moins d’énergie que des centres informatiques conventionnels pour alimenter et refroidir ses serveurs. Aujourd’hui, il apparaît que les problèmes de conception font que les data centers consomment régulièrement deux fois plus d’électricité que nécessaire, assure encore APC. Or, et c’est la bonne nouvelle, tous ces problèmes peuvent être évités avec peu ou pas de frais par de simples choix de conception… Dans la même rubrique :
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