«A l’heure où il est difficile de faire passer les budgets en interne, accéder aux communications unifiées en mode ‘as-a-service’ va booster le marché, assure Jean-Pierre Henderyckx (Telindus). Le marché n’a jamais été aussi sensible aux notions de prédictibilité et de visibilité. Sans compter le souhait de se décharger des aspects opérationnels. Le recentrage sur le core business n’est pas une vue de consultant, mais un réel besoin!»
Vrai. Sauf que l’on parle de communications, nuance Thierry Grégoire (Aastra), et que l’ombre du PBX reste imposante. «Culturellement, ce PBX a toujours trôné dans l’entreprise. Passer en mode service prendra du temps. Souvenons-nous de l’échec du centrex... Je ne dis pas que nous n’y arriverons pas, mais je pense qu’il faudra du temps, alors qu’aux Pays-Bas, par contre, les UCaaS s’imposent rapidement.»
De fait, notre marché est relativement conservateur, confirme Christophe Masse (Dimension Data). Si, globalement, on préfère encore et toujours acquérir des technologies, Il est temps de penser différemment. Et, d’abord, faire les comptes. Que coûtent les multiples licences que nous n’utilisons que partiellement, voire pas du tout? «Mieux vaut se centrer sur les gains fonctionnels. Notamment avec des technologies que l’on n’aurait pas osé introduire autrement. Je pense aux multiples applications de la vidéo. L’idée est de voir comment améliorer notre façon de travailler.»
Patrick Berg (P&TLuxembourg) confirme: «Les technologies évoluent trop vite. Aussi, les acquérir sous forme de services permet d’en disposer rapidement et, surtout, pouvoir en calculer le résultat, les gains...» De toute évidence, les avantages des communications unifiées dépassent les simples gains obtenus en termes de gestion et d’efficacité opérationnelle. Si l’évolutivité accrue et la rationalisation des capacités permettent d’optimiser les ressources, les avantages ne s’arrêtent pas là. En effet, la centralisation des fonctions clés de traitement simplifie les tâches administratives, ainsi que la gestion des mises à niveau.
On est loin du modèle de financement. Pour Stephan Moelans (Siemens Enterprise Communications), «on peut chiffrer aisément les gains sur les coûts en trafic, ne serait-ce que par la convergence fixe-mobile. Ou sur les économies en termes d’infrastructure du fait de la rationalisation. On peut encore chiffrer l’économie sur la facture électrique. Mais on ne peut avancer des économies précises au niveau de la productivité dans la mesure où celle-ci variera fortement d’une entreprise à l’autre, voire d’une activité à l’autre...»
Et Stephan Moelans de prendre comme exemple la web conference. Réunir ses collaborateurs autour d'une plateforme virtuelle pour une réunion de travail, des formations ou encore des séminaires peut être très rentable. Tous les participants, devant leurs ordinateurs et munis d'une connexion internet, communiquent et échangent des données en temps réel à distance....