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SIP, le protocole qui change toutRédigé par La rédaction le Vendredi 19 Juin 2009
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Oublié le MGCP! Rangé le H323! SIP s’est imposé -malgré ses lacunes. Après l’avoir destiné à centraliser les ressources -téléphonie et informatique- pour réaliser des économies, c’est aujourd’hui son caractère applicatif qui mobilise: gestion de présence, messagerie instantanée professionnelle et autres échanges documentaires associés aux communications vocales et vidéo.
Certaines annonces ont valeur de symbole. Présentant officiellement la plate-forme Office Communications Server R2 le 3 février dernier, Microsoft annonce, parmi une série d’innovations, le SIP Trunking. En clair, la possibilité de connecter directement la plate-forme aux services de voix sur IP des opérateurs télécoms de ToIP et d'éliminer la nécessité de séparer la voix et les données.
Autre symbole, le MD Evolution V10. Désormais aux couleurs d’Aastra, l’IP-BX pour PME d’origine Ericsson, au format rack, embarque une messagerie unifiée et un serveur vocal. Si cette plate-forme n’est pas vraiment nouvelle, son adaptation au protocole SIP change la donne. L’interface SIP Trunk sert à raccorder l’IP-BX à un lien à signalisation SIP fourni par un opérateur de VoIP, évitant ainsi la connexion aux réseaux publics de l’opérateur historique. En gérant nativement SIP dans leur nouvelle génération de PBX, Aastra, Avaya, Cisco ou SEN évitent aussi le recours à un serveur proxy externe pour assurer l'interopérabilité avec la signalisation SIP. Cela leur permet de proposer, en SIP Trunking côté réseau d'opérateurs, une connexion directe du PBX-IP sur le réseau de l'opérateur, à condition que ce dernier propose lui aussi cette signalisation sur ces liaisons d'accès.
Côté client, l'adoption de SIP a d’abord répondu au souhait de centraliser les ressources (téléphonie et informatique) pour réaliser des économies sur les postes de travail et leur maintenance. Aujourd’hui, c’est davantage le caractère applicatif de SIP qui mobilise: gestion de présence, messagerie instantanée professionnelle et autres échanges documentaires associés aux communications vocales et vidéo.
L'évolution de produits comme Notes vers Lotus Sametime ou Microsoft Exchange vers Office Communication Server sans négliger les solutions open source SIP légitiment ce choix de migration. En s'appuyant sur SIP, les services de gestion de présence et de messagerie unifiée forment un vrai catalyseur pour la téléphonie IP. Par ailleurs, avec SIP, on peut lancer un appel depuis son logiciel métier, une application de gestion de contacts ou de la relation client. L'interaction s'étend ainsi à l'ensemble des collaborateurs et partenaires, où qu'ils se trouvent. Revers de la médaille, SIP introduit dans l'entreprise une surcharge applicative qui est loin d'être négligeable. En outre, on voit de plus en plus de terminaux hybrides -PDA et smartphones GSM/3G/Wi-Fi- dialoguer en SIP. Avec SIP sur un iPhone, c’est l’assurance de disposer d'un seul et même téléphone en déplacement, à la maison et au bureau. Le cabinet américain ABI Research en est convaincu: les services fonctionnant sous SIP domineront à partir de 2010 le marché mondial des télécommunications -notamment du fait de la généralisation des appareils mobiles… Toujours selon le même organisme, les utilisateurs devraient réaliser sur ces terminaux mobiles un grand nombre des opérations jusqu’ici effectuées sur un ordinateur de bureau.
Seule ombre au tableau, l’interopérabilité de SIP. Elle reste «basique». En cause, la signalisation. Des dizaines de normes ou d'embryons de normes existent à l'IETF et décrivent des extensions ou des cinématiques d'utilisation de SIP, en plus des usages propriétaires qu'en font nombre de constructeurs.
Dès lors, s'affirmer simplement «compatible SIP» a peu de sens, notamment dans la téléphonie d'entreprise, fonctionnellement riche.
Fort heureusement, SIP évolue. De nouvelles extensions sont régulièrement disponibles (par exemple la RFC 5263 pour gérer la présence). Il n'est pas impossible, d’ailleurs, que SIP devienne l'unique protocole de VoIP disponible sur les terminaux: on ne lui voit plus aujourd'hui de réel concurrent. Mais SIP n'est pas le protocole ultime. Possible successeur, l'AMS (Advanced Multimedia System) qui vise à définir une architecture technique permettant par exemple, des partages d'applications ou l'adaptation du contenu aux terminaux; XML servirait comme protocole de signalisation. Pour Telindus, SIP est un pas de plus vers l’IMS
SIP est devenu «le» protocole de voix sur IP largement intégré dans la grande majorité des solutions entreprises et opérateurs. Sa robustesse et sa facilité de déploiement ont conduit Belgacom, maison mère de Telindus et de Tango, à inclure ce modèle de connectivité dans son offre Explore. Et de proposer au marché une solution complète «full IP» intégrant communication unifiée et mobilité, une convergence des outils de collaboration avec les applications multimédia.
Sécurité, maîtrise de la qualité et du contenu, support du multimédia, présence contextuelle, redondance et dimensionnement dynamique variable… Le SIP Trunking apporte beaucoup. En particulier la possibilité, pour les entreprises, de terminer des appels VoIP au plus prêt de leurs clients internationaux à des coûts de transport réduits. Mais Belgacom préfère avancer les avantages du Business Trunking. A savoir l’intégration d’applications. Soit des services évolués sur base des fonctionnalités SIP et IP tels que la messagerie unifiée bien évidemment, mais aussi l’allocation temporaire de bande passante, voire la reprise après sinistre. Un plus, il va sans dire, par rapport à l’ouverture multi-constructeurs. Bref, d’un côté le protocole; de l’autre, les avantages fonctionnels, en ce compris les garanties de qualité de service…
Un protocole toutefois bien utile. L’année prochaine, SIP sera au cœur de l’IMS (IP Multimedia System), le réseau du futur de Belgacom. Techniquement, l'IMS joue le rôle de couche logique intermédiaire entre, d'un côté, les terminaux et les réseaux de transport orientés IP et, de l'autre, les services applicatifs de télécoms (voix sur IP, messagerie instantanée). L’IMS, qui concrétise aussi la convergence entre réseaux fixes et mobiles, met en oeuvre certaines fonctions techniques (mécanismes de contrôle et signalisation) entre différents équipements au coeur d'un réseau d'opérateurs, en recourant à SIP.
Dans SIP, Telindus voit avant tout le moyen de créer un nouveau poste de travail supportant les communications unifiées. SIP n'est pas destiné à refaire la téléphonie telle qu'elle existe, mais à enrichir le poste de travail; SIP permet l'enrichissement sur mesure des services de téléphonie via le développement d'applications XML. Résultat: on passe d'une communication téléphonique à une session multimédia avec toute la richesse fonctionnelle que cela suppose! Nouveau commentaire :
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