Un stockage plus gourmand qu’il n’y paraîtLundi 21 Avril 2008
Consommation sous-estimée, alors même que les volumétries s’envolent. Les solutions existent. Encore faut-il les mettre en œuvre…
Entre 30 et 40%. Comparativement aux serveurs, la part que représente le stockage en termes de consommation est encore relativement réduite. Mais, compte tenu des quantités de données stockées, elle ne fera que croître. Les problèmes sont à venir, estiment les spécialistes. Songeons seulement à ces projets d’archivage impliquant que des disques durs ou des robots optiques demeurent allumés pendant trente ans au moins…
D’une manière générale, l’augmentation des demandes et des investissements en matière d’applications et de fonctions critiques, de reprise après sinistre et de réglementations vont faire exploser les volumes de données à stocker. IDC estime qu’en 2006 l’humanité a sauvegardé 161 milliards de GB; elle devrait en conserver six fois plus d’ici à 2010.
Aujourd’hui, on se contente de «gonfler» les capacités de stockage, augmentant ainsi les besoins des data centers en termes de consommation électrique, d’espace et de ventilation, mais aussi en termes de capacité sous-utilisée. «Optimiser» est bien souvent synonyme de «consolider». A titre d’exemple, le département informatique de NetApp a pu, de cette manière, concentrer ses équipements de stockage et faire passer le taux d’utilisation à 60% en moyenne, réduisant l’encombrement de ses systèmes de 75%, éliminant 94 tonnes d’air conditionné et faisant baisser la facture annuelle d’électricité de près de 60 000 USD.
La consolidation est une piste. Il en existe d’autres, estime la SNIA (Storage Networking Industry Association). Dont la virtualisation. EMC annonce un ratio de consolidation de 10 pour 1 et une réduction des coûts énergétiques de 30 à 70%. Pour atteindre ces résultats, la stratégie d’EMC se décline non pas en une concentration sur une seule ligne de produits, mais au contraire sur son architecture par «tier». Autres pistes: la dé-duplication des données et la consolidation qui limitent le volume de stockage physique nécessaire. A la clé, une réduction du nombre d’équipements utilisés, mais aussi de l’empreinte carbonique des entreprises et, à terme, une baisse des frais d’exploitation et des investissements.
L’industrie cherche aussi à faire consommer moins d’énergie aux équipements qui doivent fonctionner en permanence. Et, dans ce contexte, la bande pourrait redevenir un média de choix pour sauvegarder et archiver de façon écologique: le support étant inerte, il ne nécessite pas d’alimentation pour conserver des informations, contrairement aux baies de disques classiques!
En fait, de nombreux axes sont explorés. Certaines solutions sont très simples. Ainsi, la généralisation des disques SAS 2,5 pouces qui réduisent la consommation et la dissipation d’énergie. Plus généralement, recommande la SNIA, acheter systématiquement des disques moins rapides si la vitesse de lecture/ écriture n’est pas primordiale. Mais tout n’est pas si simple. Ainsi, le principe écologique voudrait que l’on augmente sans cesse la densité de stockage sur les supports. Cependant, des supports trop denses peuvent générer davantage de goulots d’étranglement au niveau des connexions. Il faut trouver un juste équilibre entre redondance, sécurité, niveau de service et consommation énergétique.
L’industrie se veut très active. HP, EMC, HDS, IBM, Cisco, NetApp, Brocade: qui n’est pas «green» aujourd’hui? L’innovation est aussi le fait de nouveaux acteurs. Comme Codan, à l’origine de MAID (Massive Array of Idle Disk), technologie aujourd’hui reprise au catalogue de Hitachi Data Systems. L’idée est de proposer une baie de stockage où les disques ne sont alimentés que lorsqu’ils sont utilisés. Le MAID assure les mêmes fonctions et niveaux de sécurité qu’un système Raid traditionnel, mais les disques ne tournent que lorsqu’ils écrivent ou lisent des données. Le reste du temps, quand rien ne les sollicite, le système éteint ces disques. Du coup, la baie consomme moins d’énergie et chauffe moins, réduisant les besoins de climatisation.
Selon Hitachi Data Systems, un système MAID représente un bon compromis entre les disques rapides, toujours en service, et la bande, plus complexe à manipuler, mais économique. Et comme les disques ne tournent pas en permanence, leur durée de vie s’en trouve prolongée… Les faibles besoins en énergie électrique de l’architecture MAID intégrée à la densité de stockage extrêmement importante génère plus que la quantité impressionnante de 100 TB par kilowatt, la plus élevée du secteur. Un ordre de grandeur à comparer à la densité moyenne d’énergie des disques Fibre Channel qui est d’environ 4 TB par kilowatt et 17 TB par kilowatt pour le disque standard SATA .
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