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Solutions-magazine
 
 




Virtualiser 100% de l'infrastructure!

Lundi 18 Mai 2009

Quand la virtualisation supplante l’infrastructure. Quand VMware, Cisco et HP redoublent de créativité.



Virtualiser 100% de l'infrastructure!
Virtualiser à 100% son infrastructure. Pour Paul Martiz, virtualiser est la seule voie possible et viable pour bâtir les infrastructures de demain. Non sans humour, le président de VMware parle de «mainframe logiciel», une forme de retour aux sources rêvé par les responsables IT.

VMware veut changer la donne. La virtualisation servit d’abord à découper un serveur physique en plusieurs serveurs virtuels. «Aujourd’hui, nous partons de briques matérielles standard, et au moyen d’une série de couches logicielles nous les transformons en un seul ordinateur géant, note Paul Maritz. Lorsque je parle à des gens de plus de quarante cinq ans ans, je leur explique que nous essayons de construire un mainframe logiciel!» Tod Nielsen, directeur des opérations de VMware, évoque un «système d’exploitation distribué», capable de «réduire fortement l’importance des OS traditionnels». Un discours qui ne plaira pas beaucoup du côté de Microsoft…

Pilier de cette ambition, vSphere. Une nouvelle génération de l’hyperviseur haut de gamme ESX aux capacités renforcées: jusqu’à 8 processeurs supportés contre 4 aujourd’hui, 256 GB de mémoire contre 64, jusque 40 Gbit/s de bande passante contre 9 aujourd’hui, et plus de 200 000 entrés-sorties par seconde. Avec les modules vStorage pour le stockage et vNetwork pour le réseau, vSphere donnera la possibilité d’associer jusqu’à 64 nœuds dans un même cluster.Et surtout, vSphere replace l’hyperviseur au centre de tout.

Ce détail est important: on ne déploie plus un système d’exploitation serveur… mais l’hyperviseur qui va accueillir des machines virtuelles contenant les systèmes. De même, avec vSphere on n’achète plus des serveurs, mais de la virtualisation -plus précisément une plate-forme complète de virtualisation agnostique par rapport à ses applications et systèmes d’exploitations (une soixantaine supportée). Ce qui veut dire, encore, qu’une entreprise aura la possibilité de créer son propre Cloud Computing.

C’est la perception de l’infrastructure qui change, pas des éléments qui la constituent, rassure VMware. vSphere ne nécessite pas de redéveloppement. Il suffit de redéployer systèmes et applications. C’est pour cela que vSphere possède des outils d’infrastructure pour la gestion et l’administration des ressources et une partie applicative pour les applications. Mais comme on est en présence d’un «cloud», on dispose de la montée en charge et de l’adaptabilité des ressources selon les besoins de l’application. vSphere assure tout cela avec des notions de disponibilité, de sécurité, de montée en charge, de stockage et de réseau. Car vSphere gère aussi bien la machine virtuelle contenant applications et systèmes que le stockage, le réseau.

Très clairement, VMware veut reprendre la main sur Microsoft (HyperV et Windows Azure), Red Hat, Oracle (avec le rachat de Sun). Si vSpherse s’impose, ses concurrents devront accélérer le mouvement pour ne pas se laisser distancer. Car l’ambition est gigantesque, presque démesurée: tout virtualiser! La proposition peut faire sourire. Pour Tod Nielsen, le contexte économique actuel va accélérer le processus. «Même si, dans nombre d’entreprises et organisations, il reste des incertitudes face la virtualisation, le souci de réduire les coûts suscitera des vocations à déplacer les Exchange, les Oracle, les SAP. Je ne serais pas étonné que dans les 18 mois nous doublions ou triplions le pourcentage de serveurs virtualisés, environ 15% à ce jour!»

Un optimisme partagé par Gartner et Forrester Research. Pour le second, la virtualisation des serveurs figure en tête de liste des projets. En Europe, 34% des PME interrogées la pratiquent déjà et 19% souhaitent se lancer d'ici le mois de juin. Objectifs? Réduire les coûts dans les mêmes proportions que les grands comptes (74%) et améliorer la gestion du parc de postes de travail (60%).

La virtualisation est au cour de tous les développements récents. Quand, en mars, Cisco a présenté Unified Computing System, son offre de serveurs, c’était autour de la virtualisation. Plutôt que de serveurs, il s'agit de «data centers prêts à l'emploi» en châssis, modulaires et évolutifs. La virtualisation et la consolidation ont clairement inspiré Cisco. Son infrastructure s'appuie sur l'utilisation combinée de serveurs physiques et virtuels et sur l'idée d'une augmentation de la capacité de traitement au fur et à mesure de l'évolution des besoins de l'entreprise.


L'UCS est destiné à des environnements virtualisés. VMware est un des partenaires principaux de Cisco sur le sujet, mais le constructeur ne néglige pas Microsoft et son Hyper-V. C'est néanmoins avec le premier qu'il a mis au point un commutateur logiciel capable de mixer serveurs physiques et virtuels. «Le réseau est partie intégrante du processus, insiste Cisco, même quand on souhaite migrer des machines virtuelles d'un serveur physique vers un autre, par exemple.»


HP et Cisco veulent simplifier la mise en oeuvre et l'exploitation d'un datacenter virtualisé

Optimiser la fourniture de services au sein des data centers. Plutôt qu'un nouveau produit en tant que tel, HP BladeSystem Matrix est présenté comme une plate-forme située à la convergence entre applications, serveurs et unités de stockage au sein des centres informatiques.

«Avec ce 'package' de solutions, nous avons évalué que certains déploiements de services qui pouvaient prendre jusqu'à 33 jours peuvent être ramenés à... deux heures», soutient Steen Lomholt Thomseen, VP directeur général de l'entité Software & Solutions de HP EMEA.

Au cœur de l’offre, le nouveau module HP Virtual Connect FC 8 Gbps 24 ports –d’origine Brocade- couplé avec les modules HP Virtual Connect Ethernet. Il permet de virtualiser les connexions serveur, stockage et réseau, mais aussi de réaliser des changements sur les serveurs en quelques minutes, tout en améliorant la gestion et l’utilisation des actifs de stockage, ainsi que la performance réseau et la flexibilité opérationnelle. A la clé, plus d’intelligence réseau de bout en bout pour supporter la performance, l’évolutivité et la gestion nécessaires à la virtualisation des data centers de nouvelle génération.


Par-delà la technologie, c’est l’approche qui est intéressante. HP BladeSystem Matrix rassemble des outils et méthodes de déploiement de services, intervenant à la fois et simultanément sur les serveurs de données, sur les unités de stockage et sur le réseau -donc de façon transversale, d'où le concept de «matrice».

Ces services ou applications concernent, par exemple, la restauration des données après incident, la planification, le provisionnement ou la consolidation de ressources. Ces «applications services» sont accessibles à partir d'un portail; elles sont pré-configurées et donc rapidement mises en oeuvre avec quelques «clics» dans des menus de type «templates».

Par ailleurs, HP s’apprête à coupler au BladeSystem Matrix trois nouvelles solutions de stockage, à savoir le StorageWorks SB40c Storage Blade avec le logiciel de Virtual SAN P4000, s'intégrant à des configurations de serveurs virtuels; le StorageWorks 600 Modular Disk System et le HP P4000 SAN, issu du rachat l'an dernier par HP du fournisseur de stockage iSCSI

Même si HP s'en défend, c’est clairement une réponse à Cisco, promoteur du concept UCS (Unified Computing System), plate-forme de data center de nouvelle génération réunissant serveurs, réseaux, accès au stockage et ressources de virtualisation dans un seul système.

Via Unified Computing System, associée à la technologie de virtualisation de VMware, Cosco se propose d’étendre leur déploiement de la virtualisation à une plus large gamme d’applications stratégiques. Et, surtout, de réduire sensiblement leur TCO, gagner en agilité de fonctionnement et bénéficier d’une plus grande simplicité d’administration système tout en réduisant la consommation d’énergie.



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