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Windows 7: pourquoi, comment et quand migrer

Rédigé par La rédaction le Lundi 23 Novembre 2009
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Inutile d’attendre le Service Pack 1, c’est maintenant qu’il faut s’apprêter à migrer, assure Gartner. A la clé, des économies réelles. Mais, surtout, des avancées en termes de performance et d’agilité.



Windows 7: pourquoi, comment et quand migrer
Un quart des postes de travail déjà sous Windows 7! Le projet de migration chez Lombard International Assurances va bon train. Quinze jours ont suffi pour installer 125 postes (un demi millier au total). Le premier assureur à Luxembourg (29% de parts de marché en 2008) s’est lancé dans une vaste refondation de son informatique autour des produits de Microsoft. Avec le concours de Vision IT Luxembourg, Lombard International Assurances est en train de basculer d’un environnement Novell à un environnement «full MS» qui, outre Windows 7, comprendra Windows Server 2008 R2, Exchange 2010, SharePoint 2010…

Certes, il ne s’agit pas à proprement parler d’une «migration». Le déploiement n’en reste pas moins significatif. Les grands comptes vont être les premiers à s’engager, assure Jurgen Van Duvel, Windows Business Group Leader, Microsoft. «Le déploiement de Windows 7 devrait avoir un certain nombre d'incidences sur les ventes de produits liés à l'infrastructure comme Windows Server 2008 R2, nécessaire à la mise en œuvre de certaines fonctionnalités avancées, mais également d'outils touchant à la productivité du poste de travail comme les prochaines versions d'Office et de SharePoint, dont les bêtas arrivent, et dont les disponibilités vont coïncider avec les premiers déploiements à grande échelle de Windows 7

Alors que la plupart des budgets ont été revus à la baisse, le commentaire peut surprendre. La crise n’aura-t-elle pas d’effet sur Windows 7? La réponse est plus prosaïque: la plupart des grands projets de «refresh» en matière de postes de travail datent de 2004. «Amortissement sur 48 mois, plus de 12 mois de non-renouvellement en raison de la crise. Le compte est bon!», résume Jean-Michel Remiche, General Manager, Vision IT Group Luxembourg.

Ce qui est vrai pour les postes de travail l’est aussi pour l’OS. Si l’on compte encore entre 65 et 70% de plates-formes XP en zone BeLux, les entreprises ont compris qu’il faut tourner la page. «Migrez! vous ferez des économies, conseille Thierry Fromes, General Manager, Microsoft Luxembourg. 50% d'énergie en moins par PC, ça compte. Plus tous les autres avantages inhérents à sa sécurité, à sa fluidité et à l’expérience utilisateur

A l’échelle d’une grande entreprise, les gains sont appréciables. En tant qu’utilisateur, Getronics a chiffré l’économie totale à 77 EUR par poste de travail et par an; 10% de ces économies sont liées aux coûts d’administration et 40% aux coûts de help desk. Aujourd’hui déjà à travers ses différentes filiales, 16.000 postes de travail (70% sont des laptops) tournent sous Windows 7. «Alors que les temps sont durs pour tout le monde, ces économies sont appréciables, commente Benny Corvers, Director Consulting & Business Development, Getronics. Elles motivent aujourd’hui nos plus gros clients; tous veulent accélérer. Notre plus grand projet porte sur 50.000 postes!»

Cette expérience est d’ores et déjà disponible à travers RDX7 (Rapid Deplyment eXperience 7), une solution de déploiement basée sur un PoC (Proof of Concept) permettant à un groupe déterminé d’utilisateurs de travailler avec un certain nombre de logiciels avec la dernière version de Windows pendant un essai de 5 semaines à prix fixe. «A l’échelle du groupe, nous avons économisé 2.500 heures d’assistance, commente Benny Corvers (Getronics). Nous proposons à nos clients de profiter de ces gains!»

Des arguments sonnants et trébuchants… pour faire oublier Vista. L’échec est cuisant. Certains estiment sa part de marché à 15%, d’autres à moins de 10%. «Dans ce décompte, n’oubliez pas tous ceux qui ont ‘downgradé’ Vista, précise Jean-François Liénart, Alliance Manager, Sogeti. Les contraintes ont été nombreuses. Au niveau matériel, bien évidemment. Au niveau conjoncturel aussi: dès octobre 2008, les budgets ont été littéralement gelés. Microsoft a joué de malchance. La disponibilité de SP1 n’y a rien fait: lors de sa disponibilité, les premières informations sur Windows 7 circulaient déjà!» Une situation diversement analysée. «Vista est arrivé trop tôt, le marché s’est lassé des problèmes de compatibilité qui ont suivi», constate Michel Carette, Senior Consultant - Department Manager, Applications & Engineering Solutions, Telindus luxembourg.

Pour Windows 7, Microsoft a pris les devants. Le rythme sera fonction des ambitions. Il sera aussi réactif. Certains, c’est sûr, préféreront attendre, rappelant que c'est le Service Pack 1 qui a rendu Vista utilisable et qu’avant le SP 2 Office 2007 était bourré de bugs… «Je crois effectivement que le marché attendra le SP 1, estime Johan Vermeulen, consultant, Sogeti. Nécessaire ou pas, on peut discuter. J’y vois davantage une raison culturelle. Au Luxembourg, les ‘early adopters’ se comptent sur les doigts de la main. Windows 7, on en reparlera dans dix-huit mois, pas avant!» Toujours est-il que Windows 7 devra faire oublier Vista et, plus encore, apporter des solutions crédibles aux entreprises qui cajolent depuis des années un XP super stable et totalement maîtrisé.

N’empêche. «Pour nombre de comptes, Windows 7 est une étape préalable avant de déployer Windows Server 2008 R2 et les nouveaux grands applicatifs. Je suis confiant, je sens même de l’impatience de la part des entreprises», assure Thierry Fromes (Microsoft). De fait, Windows 7 s’inscrit dans un bon timing. Pour son OS serveur, Microsoft avance aussi, outre les bénéfices de la virtualisation, des économies substantielles.

«De toute évidence, il est urgent de se préparer, martèle Jean-Michel Remiche (Vision IT Group). Gartner nous dit que plus de la moitié des applications professionnelles ont besoin de Windows et les entreprises doivent utiliser une version de l’OS qui sera supportée -par Microsoft, mais aussi par les éditeurs tiers. C’est un fait. Mais j’en vois aussi un autre. A savoir l’impact des utilisateurs sur l’entreprise. Disposer des fonctionnalités de Windows 7 sur son PC familial et pas au travail risque de poser problème. Pour l’environnement de travail, ce n’est plus le CIO qui décide, mais les utilisateurs!»

Microsoft ne cache pas qu’il va s'appuyer sur Windows 7 pour inciter ses clients à déployer simultanément Windows Server 2008 R2. «C’est le binôme parfait!», estime Jurgen Van Duvel. Les atouts de Windows 7 seront décuplés avec Windows Server 2008 R2; tous les deux utilisent des technologies communes -en particulier DirectAccess et BranchCache.

La premier vise à rendre inutile le déploiement d'un VPN pour permettre aux utilisateurs itinérants de se connecter aux ressources du système d'information -Microsoft promet l'ubiquité des connexions professionnelle en assurant que toute liaison Internet permettra d'avoir un accès transparent aux données et applications de l'entreprise. Le second, BranchCache, permet d'optimiser l'utilisation de la bande passante dans un contexte de réseau d'agences -ce service consiste à «cacher» sur un poste Windows 7 (ou un serveur local) les fichiers les plus utilisés permettant d'accélérer les temps d'accès, après un premier chargement, et de réduire ainsi les débits WAN.

Michel Carette (Telindus) est plus nuancé. «Avec le service d’annuaire du serveur 2008 R2 , c’est évidemment beaucoup mieux. Mais avec simplement 2008 R2, les avancées sont néanmoins réelles -plusieurs des fonctionnalités peuvent être activées. Outre le fait d’associer Windows 7 au remplacement du parc de machines, je note de l’intérêt de la part des métiers qui songent au futur de leurs applications; même constat de la part de l’IT qui inscrit cette migration d’OS dans un contexte de gestion optimisée. Ce qui veut dire que l’écosystème de Microsoft ne doit pas être un frein pour la migration vers Windows 7. Au demeurant, Windows 7 fonctionne bien sur Windows Server 2003. Mais, c’est sûr, il fonctionnera encore mieux avec Windows Server 2008 R2

Jean-François Liénart (Sogeti) analyse la situation autrement: «D’accord, Windows 7 et Server 2008 R2 se complètent, se renforcent même. Mais en termes de migration, ce sont deux projets distincts, parce qu’ils ne répondent pas aux mêmes besoins. Le véritable moteur, aujourd’hui, c’est la fin du programme du support de XP. Les entreprises ont compris qu’il était urgent d’étudier la situation. Chaque chose en son temps

Pour Johan Vermeulen (Sogeti), c’est l’occasion d’envisager les migrations sous un autre jour. Comprenez: à travers la virtualisation. «Aujourd’hui, nous sommes mesure d’isoler OS et applications. Pourquoi ne pas en profiter pour avancer progressivement, par exemple au rythme de remplacement des PC?»

Quoiqu’il en soit, tout le monde s’accorde pour prôner une migration progressive, planifiée, réfléchie. Les PME, plus tributaires de leur budget, avanceront pas à pas, sur base du renouvellement de leurs postes de travail. «Prenez le temps de tester vos applications sans traîner, assurez-vous de la satisfaction des utilisateurs et capitalisez sur cette expérience pour progresser», conseille encore Michel Carette (Telindus).

Les grands comptes, eux, inscriront la migration dans une démarche de projet. Migreront-ils tout de suite? Pas sûr. «Une fois encore, ce sont les métiers qui décideront, maintient Thierry Fromes (Microsoft). Si les avantages sont clairement identifiés, le processus sera rapidement lancé...»

Propos recueillis par :
Jacques La Rou et Alain de Fooz


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