Maîtriser l’incertitude pour creuser l’écart avec les concurrents

A Davos, PwC avance les principales préoccupations des CEO. L’IA en est une. Pour Mohamed Kande, PwC Global Chairman, on observe un fossé croissant entre les entreprises qui testent l’IA et celles qui passent à l’échelle.

« 2026 s’annonce comme une année décisive pour l’IA. Un petit nombre d’entreprises transforment déjà l’IA en retours financiers mesurables, tandis que beaucoup d’autres peinent encore à dépasser le stade des projets pilotes, constate Mohamed Kande, PwC Global Chairman. Cet écart commence à se traduire par une baisse de la confiance et de la compétitivité, et il se creusera rapidement pour celles qui ne réagissent pas. »

Le ton est donné. La principale préoccupation des CEO est de savoir s’ils se transforment suffisamment vite pour suivre le rythme des évolutions technologiques, notamment celles liées à l’IA. Quarante-deux pour cent des répondants citent ce point comme leur principale préoccupation, loin devant les inquiétudes concernant la capacité d’innovation ou la viabilité à moyen et long terme (29 % dans les deux cas).

Confiance au plus bas depuis cinq ans

Telles sont les principales conclusions de la 29e enquête mondiale de PwC auprès des CEO ( panel : 4 454 CEO dans 95 pays et territoires ), rendue publique à l’occasion du rendez-vous du WEF à Davos. Seuls 30 % se disent confiants quant à la croissance de leur chiffre d’affaires au cours des 12 prochains mois, contre 38 % en 2025 et 56 % en 2022. Ces résultats suggèrent que, face à un environnement opérationnel complexe marqué par une évolution technologique rapide, l’incertitude géopolitique et les pressions économiques, de nombreuses entreprises peinent encore à transformer leurs investissements en gains financiers constants.

La confiance des CEO dans les perspectives de revenus de leur entreprise a chuté à son plus bas niveau en cinq ans, les dirigeants étant confrontés à des rendements inégaux de l’intelligence artificielle, à la montée des risques géopolitiques et à l’intensification des cybermenaces.

L’IA, un facteur déterminant pour la croissance et la rentabilité

Malgré une expérimentation généralisée, seul un CEO sur huit ( 12 % ) affirme que l’IA a généré des gains à la fois en termes de coûts et de revenus. Globalement, 33 % font état de gains, soit en termes de coûts, soit en termes de revenus, tandis que 56 % déclarent n’avoir constaté aucun avantage financier significatif à ce jour.

L’enquête révèle un fossé croissant entre les entreprises qui testent l’IA et celles qui la déploient à grande échelle. Les CEO qui font état de gains à la fois en termes de coûts et de revenus sont deux à trois fois plus susceptibles d’affirmer avoir largement intégré l’IA dans leurs produits et services, la génération de la demande et la prise de décisions stratégiques.

Les fondations sont aussi importantes que l’échelle. Les CEO dont les organisations ont établi des fondations solides en matière d’IA – telles que des cadres d’IA responsable et des environnements technologiques permettant une intégration à l’échelle de l’entreprise – sont trois fois plus susceptibles de faire état de retours financiers significatifs. Une analyse distincte de PwC montre que les entreprises qui appliquent largement l’IA à leurs produits, services et expériences client ont réalisé des marges bénéficiaires supérieures de près de quatre points de pourcentage à celles qui ne l’ont pas fait.