La transformation est un concept familier au Luxembourg : le pays a réussi à réinventer son économie, passant des hauts fourneaux aux services financiers. L’objectif du gouvernement de positionner le Grand-Duché comme le prochain hub européen de l’innovation est sur le point de devenir réalité. Big data, cloud, analyse de données, Internet mobile… les nouvelles technologies bousculent les habitudes.

A quoi l’avenir va-t-il ressembler ? «Nous n’avons pas de boule de cristal pour le savoir, mais nous pouvons nous baser sur les tendances qui ont émergé ces dernières années pour anticiper les changements à venir», observe , vice-président de l’APSI et associé chez PwC Luxembourg en introduction de la conférence organisée par l’AMCHAM (American Chamber of Commerce), l’ (Association des Professionnels de la Société de l’Information) et . L’événement a rassemblé près de 80 personnes pour discuter de l’impact des nouvelles technologies sur la société et les entreprises.

Surfer sur la vague des nouvelles technologies

Dans le milieu des entreprises innovantes, tout le monde parle de «disruption» -les technologies et modèles d’entreprise de rupture. Certains y voient un risque, d’autres au contraire y voient une opportunité à saisir.

«Nous vivons tous dans une logique de ‘créer demain, produire aujourd’hui’. Nous sommes confrontés à une énorme croissance des données qui va perturber la logistique traditionnelle et pourrait donner naissance à une nouvelle industrie, la logistique numérique», assure , directeur des services technologiques de CHAMP Cargosystems. Selon lui, cinq technologies de rupture vont affecter le secteur de la logistique et du fret : l’internet des objets, l’impression 3D, la réalité augmentée, la robotique et l’intelligence artificielle. Selon lui, l’agilité, la consumérisation, les réseaux sociaux, le cloud, la mobilité et l’analyse prédictive ont déjà changé le paradigme de la technologie de l’information dans les entreprises.

Selon Cyrille Foillard, Managing Director de PwC’s Accelerator, l’internet mobile et le cloud resteront les deux technologies les plus «disruptives» dans un avenir proche. Grâce à elles, les entreprises innovantes peuvent se doter d’une plate-forme à moindre coût leur permettant d’atteindre des milliards de personnes et de se construire rapidement une base d’utilisateurs solide. «Personne n’est à l’abri de ce type de rupture. Même les géants de l’internet, comme Google, peuvent être bousculés. Par exemple, l’avenir de la recherche et SEM réside plus dans les médias sociaux et les sites de e-commerce. Mais au-delà des technologies de rupture, il faut parler de modèles d’entreprise de rupture. Les technologies sont des catalyseurs qui définissent la portée du changement, mais elles ne sont pas toujours nécessaires; les modèles innovants d’entreprises sont les vrais créateurs de rupture, car ils rendent très difficile pour les entreprises déjà établies de répondre d’une manière économique à un nouvel entrant», explique Cyrille Foillard.

Le modèle freemium (utilisé par LinkedIn), le modèle entièrement gratuit (utilisé par les moteurs de recherche) et le modèle basé sur une place de marché (comme Alibaba et Amazon, ou encore les nouvelles entreprises de l’économie de partage, comme Uber, Airbnb, Blablacar…) sont les plus courants aujourd’hui. Si la «rupture » est le saint graal tant recherché, comment les start-up peuvent-elles le trouver ? «La réponse est à chercher sur les marchés en croissance ou, au contraire, les marchés saturés, en proposant aux clients une solution moins chère et plus pratique ou encore une solution nouvelle quand l’écosystème et les clients sont prêts.»

La quête du … passe par la

Les nouvelles technologies changent la donne dans le milieu des entreprises, mais leur influence va beaucoup plus loin. Elles modifient aussi notre relation à la politique et à la culture. Apport de calories, fréquence cardiaque, géolocalisation… La multiplication des capteurs donnent aux utilisateurs une masse de données statistiques sur leur santé et leurs activités. «Hyperconnectés, nous produisons de plus en plus de contenus numériques avec lesquels nous alimentons notre propre base de données. La prochaine étape sera axée sur la recommandation : les gadgets nous indiqueront si nous devons manger moins ou faire plus d’exercice», explique le professeur de l’Université du Luxembourg.

La connectivité croissante et l’accumulation de données soulèvent des questions de sécurité. En termes de respect de la vie privée et de contrôle de l’échange d’informations, le Luxembourg figure parmi les pays les plus sûrs au monde. Cependant, l’Union européenne perd du terrain face aux pays émergents qui ouvrent plus largement l’accès aux données. Le problème ne vient pas du manque de réglementation, mais du manque d’outils pour la mettre en œuvre. «Si vous ne pouvez pas vérifier le code derrière une application, vous ne pourrez jamais savoir avec certitude combien d’informations sont réellement stockées ou à risque. Il ne suffit pas d’éduquer et d’informer les gens sur les différents risques associés à l’utilisation d’Internet. Tant que nous ne pouvons pas faire au code qui gère nos vies, nous aurons un problème, et la sensibilisation des utilisateurs ne suffira pas à le résoudre», explique Sven Clement, associé chez Clément & Weyer.

Sociétés et entreprises se trouvent à un moment crucial de l’histoire comparable à la révolution industrielle il y a deux siècles : une époque de grands défis et aussi de grandes opportunités. , directeur général de l’ Luxembourg garde une vision optimiste de l’avenir. «Nous devons bien sûr rester vigilants, mais à choisir, nous devrions nous concentrer sur les opportunités plutôt que sur les risques», a-t-il conclu.

 

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La quête du graal digital, un parcours semé d’embûches
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La quête du graal digital, un parcours semé d’embûches
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La connectivité croissante et l'accumulation de données soulèvent des questions de sécurité : la quête du graal digital passe par la sécurité !
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