L’échec de la semaine dernière est déjà oublié. N’ayant pu mettre la main sur le français , Altice, la maison mère de Numericable-SFR, regarde intensément KPN. «Pour l’économie et les infrastructures néerlandaises, ce serait une bonne chose si nous appartenait !», a ainsi déclaré, vendredi 26 juin, Dexter Goei, Chief Executive Officer & Executive Director, SA, au quotidien « De Telegraaf ».

L’histoire se répète. Voici six mois, le bras droit de avait marqué son intérêt pour Bouygues Telecom qui, comme KPN, n’était pas officiellement à vendre. De la même façon, il précise aujourd’hui qu’il n’est ni dans une attitude hostile, ni pressé de racheter le joyau néerlandais. Mais tout indique qu’il s’apprête à faire offre… Altice ne fait que suivre un autre français, Orange, qui a tenté sa chance voici peu. En vain.

Pourquoi cet intérêt soudain pour KPN ? Selon certains analystes, l’opérateur néerlandais fait figure de cible potentielle dans l’hypothèse d’une consolidation européenne du secteur des télécoms.

Et donc Altice se prépare. Le groupe a annoncé une réorganisation de sa structure juridique et capitalistique en vue, précisément, de procéder à de grosses acquisitions. Altice va ainsi créer une nouvelle entité néerlandaise, cotée à Amsterdam, qui va absorber l’actuelle société de droit luxembourgeois. Les investisseurs auront le choix entre deux types d’actions : des actions A valant un droit de vote et des actions B valant 25 droits de vote. Autrement dit, en cas d’augmentation de capital en vue d’une acquisition, les droits de vote supérieurs seraient maintenus, alors que les autres seraient dilués. Une disposition qui vise à permettre à Patrick Drahi, actionnaire à 60% d’Altice (via la société Next, qu’il contrôle à 100%) de garder le contrôle du groupe. Le solde du capital est presque entièrement sur le marché (le management d’Altice en possède de 3 à 4%). L’opération de fusion devrait se finaliser le 12 août prochain.

L’opération est nécessaire. L’endettement accumulé par les acquisitions successives ces derniers trimestres (aujourd’hui estimé à plus de 30 milliards EUR), rendent plus fragiles les montages financiers pour financer d’éventuelles nouvelles opérations. On l’a notamment vu avec l’offre d’achat refusée de Bouygues Telecom. Sur les 10 milliards EUR proposés (dont 9 en cash), seuls 4 milliards aurait été financés par la dette (via un prêt de BNP, JP Morgan et Morgan Stanley), le reste étant supporté par des cessions d’actifs, de la trésorerie disponible chez Numericable-SFR (pour 2,5 milliards) et, éventuellement, une augmentation de capital réservée à Bouygues.

En attendant, Dexter Goei se veut prudent : «Une acquisition comme celle-là n’a pas besoin de se passer aujourd’hui, demain ou cette année; notre approche est toujours non-hostile et nous ne sommes pas en discussion.»

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Altice : vers un nouvel axe Luxembourg-Amsterdam
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N'ayant pu mettre la main sur le français Bouygues Telecom, Altice, la maison mère de Numericable-SFR, regarde intensément KPN
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