La «révolution» pose un double défi au monde des services financiers : avec, d’un côté, l’impératif de tirer parti de leviers puissants pour optimiser les modèles existants (amélioration de la connaissance client, nouveaux modes de scoring…) et, de l’autre, de nouvelles pistes à explorer dans la création de services contextuels et la monétisation des data.

Le grand espoir suscité par le big data s’énonce en effet sous la forme d’une promesse quasi fantasmatique : en exploitant la masse considérable de données digitales produites, de nouvelles solutions technologiques peuvent apporter, de manière automatisée et à un coût réduit, une finesse et une souplesse inégalable dans les solutions délivrées en temps réel à des individus toujours plus «connectés».

Tel est le constat d’, auteur d’une approfondie, publiée après plusieurs mois d’enquêtes par Xerfi, sous le titre «Banques et organismes financiers face au Big Data – Comment l’industrie du big data est-elle susceptible de transformer le monde des services financiers ?».

De nouveaux modèles data driven prolifèrent d’ores et déjà dans le monde des services financiers. Ils sont portés par deux catégories de nouveaux entrants : les start-up de la finance ou , et les géants du digital nord-américains et chinois. La data est le «carburant» indispensable à ces modèles qui définissent une «nouvelle» relation bancaire autour de trois axes : automatisation intelligente, désintermédiation et excellence de l’expérience utilisateur. Pour les acteurs traditionnels du monde bancaire, une contre-offensive s’impose face à la menace, bien réelle, de voir ces nouveaux intermédiaires s’emparer de la maîtrise de leur relation client, les cantonnant à un simple rôle de fournisseurs techniciens.

Le big data offre aux banques de nouvelles opportunités dans la monétisation des data, si elles prennent adroitement ce tournant. La valorisation des données peut en effet leur permettre d’étendre leur pouvoir d’intermédiation dans de nouveaux champs d’activités en commençant par le commerce, via les portefeuilles électroniques et les modèles d’offres liées à la carte. Déjà, certaines applications illustrent les potentialités offertes. C’est notamment le cas des services liés à la carte (Card-Linked Offers) développés aux Etats-Unis qui s’appuient sur une analyse historique des données de paiement pour proposer des outils de pilotage contextuels des programmes de fidélisation (offres commerciales, informations…) rattachés à la carte bancaire.

Pour assurer le succès de ces nouveaux modèles d’affaires, tout un ensemble de défis devront cependant être relevés : définir un mode de gouvernance des données favorisant et créativité en interne et en externe, accompagner le changement organisationnel et culturel, et mettre en place les bonnes stratégies partenariales au sein de nouveaux écosystèmes en cours de constitution.

C’est ainsi qu’une nouvelle ère de compétition entre « plateformes ouvertes bancaires » pourrait rapidement voir le jour dans le monde des services financiers. Pour fonctionner efficacement et mieux faire fructifier l’«or noir» des banques (les données des clients), une telle stratégie de plateforme nécessite une ouverture à d’autres parties prenantes. Il s’agit donc de laisser la possibilité à des acteurs comme les FinTech ou les clients eux-mêmes (crowdsourcing) de participer à l’enrichissement de la plateforme en services innovants centrés sur les besoins de l’individu, au-delà de la seule activité bancaire.

 

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Dans le secteur bancaire, le défi du big data sera... double !
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Dans le secteur bancaire, le défi du big data sera... double !
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Le big data offre aux banques de nouvelles opportunités dans la monétisation des data, si elles prennent adroitement ce tournant.
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