D’accord, les relations entre le secteur financier et les systèmes de monnaie virtuelle sont tendues. Et c’est normal: les banques et les entreprises de service de paiement voient ces dernières comme une concurrence déloyale, car ne tombant pas sous le coup de contraintes réglementaires, Marc Hemmerling, ABBL (Association des Banques et Banquiers, Luxembourg). Et les risques liés au hacking, au vol de comptes, au blanchiment d’argent ou au financement d’activité terroristes sont élevés.  

«Une fois ces risques maîtrisés et encadrés par de nouvelles règles, cette technologie pourrait connaitre un bel avenir et gagner la des utilisateurs. Et le Luxembourg, en pointe en matière de services financiers -et particulièrement réactif lorsqu’il s’agit d’adopter toute nouvelle réglementation- pourrait attirer de nouveaux acteurs du secteur.»

Des risques, c’est évident. Mais aussi des opportunités. Pour sa de rentrée, l’ (American Chamber of Commerce) et l’ (Association des Professionnels de la Société de l’Information), avec le soutien de , ont mis l’accent sur deux technologies de rupture: monnaie virtuelle et .

Ces technologies ont la capacité de bousculer l’ordre établi, de changer les modes de vie et les pratiques professionnelles, et de créer de nouveaux marchés et services. Quel sera leur impact sur le fonctionnement des entreprises et sur leur stratégie? Vont-elles aider les entreprises à attirer de nouveaux clients? Ou, au contraire, les obliger à s’adapter pour faire face à de nouveaux concurrents? Quelles sont les opportunités et les défis pour Luxembourg?

Pour discuter de ces sujets, Philippe Pierre, Vice-Président de l’APSI and associé chez PwC Luxembourg, et Jean-Paul Hengen, Président du comité IT de l’AMCHAM et responsable de Luxinnovation GIE, se sont entourés d’experts du secteur ICT.

Les , Bitcoin en tête, font parler d’elles depuis quelques mois. En permettant de réaliser des transactions sans intermédiaires, les sont perçues par les experts comme l’avenir des systèmes de électroniques.

Pour lancer le débat de cette première table ronde rassemblant Laurent Probst (PwC’s Accelerator), Jean Diederich (APSI), Jean-Louis Schiltz (Schiltz & Schiltz) et Max Wolter (Nexunity), Marc Hemmerling de l’ABBL (Association des Banques et Banquiers, Luxembourg) a rappelé la définition donnée par la European Banking Association: les monnaies virtuelles sont une représentation numérique de valeur qui n’est pas émise par une banque centrale ou un État, et qui n’est pas nécessairement rattachée à une monnaie traditionnelle. Elles peuvent être utilisées par des particuliers ou des entités juridiques comme moyen de paiement; elles peuvent être transférées, stockées ou échangées de manière électronique.

L’intérêt est double pour les utilisateurs. Cela réduit de manière significative les frais et les délais de transaction comparé à des opérations bancaires ou à des services de paiement traditionnels. Mais pour l’heure, même si les monnaies virtuelles sont dans la ligne de mire des autorités comme l’ont souligné les participants, elles ne sont pas réglementées.

Le pays a aussi une carte à jouer pour attirer plus d’entreprises dans le secteur du contenu digital. «Le contenu digital est protéiforme. Cela peut être du texte, des fichiers audio ou vidéo, des visuels, animations ou photos,explique Xavier Lisoir, directeur chez PwC Luxembourg. Pour résumer: tous types de fichiers qui peuvent être publiés sur internet, aussi bien à titre professionnel que personnel, et accessibles depuis tout appareil connecté. Avec l’explosion des réseaux sociaux, des appareils mobiles connectés, ou encore le Big Data et le cloud, les consommateurs veulent pouvoir accéder à leur contenu n’importe où et n’importe quand.»

Pour cette seconde table ronde, Xavier Buck (EuroDNS), Tun Van Rijswick (BCE), Laszlo Czero (Docler Holding) et Vincent Wellens (NautaDutilh) ont discuté des défis rencontrés par les entreprises des médias traditionnels et médias internet. Longtemps habitués à accéder au contenu gratuitement, les utilisateurs devraient-ils payer pour accéder au contenu produit par ces entreprises? Quelles sont les meilleures solutions pour monétiser le contenu digital?

Les questions juridiques sont aussi au cœur des débats actuels. Le piratage est évidemment un obstacle au développement de ces entreprises mais le cadre réglementaire pour le combattre existe. Les participants ont aussi échangé sur la propriété du contenu acheté en ligne. Sans le savoir les utilisateurs achètent une licence d’utilisation du contenu mais n’en sont pas propriétaires. Quid du contenu produit et publié par les utilisateurs eux-mêmes? Cela ne semble pas freiner les utilisateurs qui continuent de partager photos ou vidéos massivement sur les réseaux sociaux…

Avec un cadre réglementaire attractif, une main d’œuvre qualifiée et des infrastructures de premier rang, le Luxembourg a réussi à attirer des acteurs majeurs du secteur, aussi bien dans le domaine des jeux vidéo en ligne qe du divertissement. Selon les participants, il reste encore de nombreuses opportunités à saisir, de nouveaux marchés à créer en proposant des services innovants. Et le Grand-Duché a de nombreux atouts à faire valoir pour les entreprises souhaitant se développer sur le marché européen.

 

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Monnaies virtuelles, contenu digital: des opportunités à saisir
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L’AMCHAM et l’APSI, avec le soutien de PwC Luxembourg, ont mis l’accent sur deux technologies de rupture: monnaie virtuelle et contenu digital
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