Le attire autant qu’il fait encore peur !

par | Sep 29, 2016 | Business, Nouvelles récentes, Top Banner | 0 commentaires

Pour , Principal Consultant chez PAC, le cloud hybride se répand car ses bénéfices sont semblables à ceux du cloud privé, qui reste aujourd’hui le type de cloud le plus avancé.

° Aujourd’hui, nous apprend le livre blanc ‘L’usage du cloud hybride’, réalisé par l’usage du cloud hybride est en plein développement. Or, à écouter les fournisseurs, nos entreprises avaient déjà plébiscité le meilleur des deux mondes voici deux ans… Comment expliquer ce décalage dans le temps ?

Mathieu Poujol : «Par nature, les fournisseurs de technologies anticipent. Dans ce ‘décalage’, il y a, de toute évidence, une différence de perception entre ce qui se passe des deux côtés de l’Atlantique, les fournisseurs nord-américains étant plus avancés. Les ‘early adopters’ ont toujours été de l’autre côté de l’océan ! Le phénomène est connu. En revanche, quand l’Europe continentale s’engage, elle monte plus rapidement en puissance : le ratio d’utilisation de l’IT est toujours supérieur en Europe continentale…

«Il n’empêche : aujourd’hui, le cloud hybride est une réalité. Attractif, il représente, justement, le ‘meilleur des deux mondes’ : cloud privé et cloud public. Et il se répand car ses bénéfices sont semblables à ceux du cloud privé, qui reste aujourd’hui le type de cloud le plus avancé dans nos pays -en particulier en Belgique et au Luxembourg.»

° Qu’est-ce qui motive les entreprises à adopter le cloud ?

«Dans notre , la réduction des coûts est citée par trois répondants sur quatre comme la raison principale de l’adoption de solutions cloud, cela pour aider l’entreprise à faire face aux contraintes économiques de son activité. On notera que la réduction des coûts est citée à quasi égalité avec la mobilité et la flexibilité. Ceci montre que, même si une entreprise peut adopter le cloud pour des raisons de coûts, c’est aussi pour répondre à des objectifs stratégiques.»

° A vous entendre, le cloud privé reste la référence. Pourtant, la comparaison s’arrête là : la mise en place d’un cloud hybride est fort différente. Par nature, elle est plus complexe… Nos entreprises sont-elles prêtes ?

«En majorité, leurs systèmes d’information concernent encore une organisation informatique classique, ainsi qu’un cloud privé. Et ce n’est donc encore qu’une première étape vers une vraie approche hybride qui étend les capacités du système d’information. De plus, les tâches qui fonctionnent sur des environnements du cloud hybride relèvent en majorité de tâches périphériques -les moins ‘engageantes’ possibles- illustrant le fait que les entreprises expriment encore de fortes craintes à l’égard du cloud public.»

° Bref, une approche prudente, caractérisée par une démarche progressive…

«Exactement. Pour preuve, l’analyse des workloads gérés sur des environnements de cloud hybrides. En tête, les tests d’applications, puis l’hébergement de sites internet et les applications de communication et de collaboration. Aujourd’hui, les applications historiques métiers occupent un tiers du périmètre, ce qui -déjà- traduit une volonté globale de modernisation et d’optimisation des fonctions cruciales de l’entreprise pour s’adapter aux besoins de son marché. Demain, le cloud hybride supportera davantage d’applications critiques.»

° Le frein de la est donc levé ?

«Non, le cloud inquiète toujours. Et c’est paradoxal. D’un côté, en effet, un gros tiers des entreprises disent avoir déjà plus de la moitié de leurs workloads dans le cloud; d’un autre, les problèmes de sécurité arrivent tout en haut des freins à l’utilisation des solutions cloud… Une des difficultés rencontrées par les entreprises qui engagent leur transformation digitale réside dans le fait de mener parallèlement leurs opérations quotidiennes et de s’engager dans des projets de transformation. Le cloud est, pour ces entreprises, un levier d’innovation et de transformation; il ne peut être un frein aux activités opérationnelles. L’étude nous montre par ailleurs que la performance est un sujet tout aussi important que la sécurité. C’est le cas, notamment, de certaines activités opérationnelles ou certaines montées en charge pour lesquelles une application en cloud peut montrer ses limites -par exemple pour le provisioning. Ainsi, on peut préférer maintenir l’exécution d’une application ou de services sur des infrastructures classiques. Il s’agit, dans de nombreux cas, moins d’une problématique concernant la solution cloud elle-même que d’une problématique de réseau -latence, coûts et limites de la bande passante. Lorsqu’une solution est hébergée dans son entreprise, la latence peut de facto affaiblir les temps de réponse d’une application et donc dégrader l’expérience vécue par les utilisateurs, au contraire des objectifs visés.»

° L’adoption du cloud hybride, aujourd’hui, serait-elle seulement tactique ?

«Non. Je dirais plutôt que la démarche n’est pas encore structurée, les entreprises restent encore trop dans un voeu pieux, n’envisageant le cloud hybride que de façon opportuniste et en n’ayant pas encore élaboré de véritable stratégie en la matière. En réalité, le niveau de maturité reste en-deça des ambitions : le cloud privé managé et la virtualisation des applications critiques constituent le niveau de maturité cloud maximal pour un gros tiers des entreprises. Et quand bien même, le cloud hybride serait envisagé de façon tactique, mieux vaut l’envisager de façon stratégique, dans un contexte de transformation digitale… puisque le cloud hybride en est la plateforme technologique !»

° La question se pose donc de comprendre quelle approche les entreprises vont adopter concernant le cloud hybride ?

«Pour la majorité des entreprises, les avantages du cloud hybride sont ceux du… cloud privé ! Il s’agit notamment de la fiabilité de la performance et de la sécurité qui sont les principales raisons d’adopter un cloud privé plutôt qu’un cloud public. Il s’agit d’éléments forts de réassurance pour les entreprises utilisatrices, en particulier pour leurs applications critiques et pour faire face à des réglementations qui se durcissent -en particulier les nouvelles directives européennes, mais aussi nationales.

«Un autre enseignement crucial est que la principale problématique du cloud hybride tient à la multiplicité et à l’hétérogénéité des systèmes informatiques et des clouds à intégrer, puis à gérer. En effet, la raison de devoir intégrer et gérer en parallèle et de façon simultanée plusieurs univers différents, provenant de différentes sources comme le cloud public ou le cloud privé, est une problématique ‘classique’ et un problème récurrent en informatique depuis les années soixante… Ainsi, gérer la complexité, fiabiliser et automatiser -comme toute problématique d’intégration de systèmes- constituent le principal frein au cloud hybride. Il faut dépasser ces freins si l’on veut réussir un projet de cloud hybride.»

° On bute donc, encore, sur l’intégration…

«Assez largement, les problématiques d’intégration constituent encore et toujours un point sensible pour réussir la bonne mise en place du cloud hybride. Globalement, ces résultats sont alignés sur l’état de l’art du marché du cloud hybride. En effet, l’enjeu d’intégration entre différents clouds et ou avec l’existant IT ainsi que le troisième point majeur, l’automatisation, restent les zones les plus fréquemment citées par les entreprises sondées. Or, c’est bien entendu ces trois dimensions qui permettent de tirer pleinement parti des avantages promis par une approche de cloud hybride.»

«Dans une approche de cloud hybride, il est assez courant de devoir satisfaire d’une part à l’intégration des fonctionnalités des outils de gestion de plate-forme cloud avec des solutions verticales comme des ERP, mais aussi avec des API et, d’autre part, à des adaptations, du re-engineering en somme, des applications pour les rendre déployables et opérables sur un socle organisé en cloud hybride, notamment pour satisfaire à des fonctions de bursting et de scaling.»

° Voilà pour les aspects d’intégration. D’un autre, l’étude montre qu’il est de plus en plus intégré dans les entités métier, qui sont désormais en position de challenger la direction ICT sur le sujet. Comment, sur ce point, réagit la direction ICT ?

«La direction ICT est appelée à redéfinir son rôle, en devenant un prestataire de services interne qui génère de la valeur, voire des revenus, grâce à de nouvelles relations avec les métiers. Est-elle prête ? C’est toute la question ! Je pense qu’elle évolue, qu’elle cherche à se repositionner dans un rôle de prescripteur de solutions technologiques en soutien de l’évolution et la transformation digitale des métiers.»

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