A lire le tableau reprenant la proportion des activités ICT sur l’économie globale, le constat stimule: parmi l’ensemble des pays de l’OCDE, le a le plus haut ratio d’activités ICT rapporté à son économie. C’est d’ailleurs un argument soutenu par les autorités publiques pour attirer les entreprises à venir s’installer au : le secteur et les activités ICT sont un des facteurs-clés du dynamisme et de la croissance grand-ducale. 

Mais ce n’est qu’un tableau, une comparaison. Par ailleurs, le pays manque cruellement de spécialistes -principalement dans la , le cloud, le big data, la business intelligence… Certes, comme dans les pays voisins. Mais la situation, au Luxembourg, est plus sensible pour différents facteurs. D’abord, en raison de la taille des entreprises: le secteur ICT est composé principalement de micro-entreprises (91% d’entreprises comptant moins de 19 salariés et 62% étant des entreprises d’un seul salarié). Ensuite, en raison du faible pourcentage de personnes formées au Luxembourg. Plusieurs entreprises de l’échantillon sont entièrement composées de personnel formé en France, et souvent de nationalité française. 

Tels sont deux constats de l’ «» que l’ (Institut Universitaire International Luxembourg) a commandité auprès du . Objectif: mieux comprendre les besoins en termes de compétences et de profils de ces acteurs économiques. 58 pages denses, un travail remarquable.

L’IUIL et le CRP Henri Tudor le notent: le Luxembourg pourrait importer des produits pertinents, notamment les formations sur les thématiques de la sécurité, de la protection des données, de la gouvernance, de la conformité, de la virtualisation, la gestion des données, sans oublier le développement d’applications mobiles.

Mais les compétences techniques ne suffisent plus, analysent les auteurs. L’offre en «» (compétences comportementales) pour le secteur doit être adaptée, d’autant que les entreprises veulent engager. Or, celles-ci sont «les plus manquantes et les moins bien abordées en formation initiale», ne craignent pas d’affirmer les auteurs. De ce fait, les profils combinant compétences techniques et comportementales sont particulièrement recherchés, au point que des recrutements hors Luxembourg, hors Grande Région, voire hors Europe, sont réalisés par certaines organisations. Et de poursuivre: «malgré des packages salariaux élevés -sans pour autant concurrencer les salaires du secteur public- les entreprises expriment leurs difficultés à recruter ce type de profil. Serait-ce dû au système de formation proposé au Luxembourg?» 

Grave question. L’une des pistes pour mettre à niveau les compétences luxembourgeoises serait de mettre l’accent sur une adaptation de l’offre en formation continue. «L’offre de formation e-jobs au Luxembourg répond partiellement aux besoins des entreprises d’aujourd’hui et de demain», précise encore le rapport dans lequel son présentées des bonnes pratiques de l’étranger qui pourraient être importées, notamment dans les champs de la sécurité, de la protection des données ou encore de la gouvernance. En conclusion, l’IUIL et le CRP Henri Tudor proposent de «stimuler les idées créatives pour la complétion et le développement d’activités de formation pour les praticiens, réfléchir aux pratiques nouvelles dans la formation initiale, améliorer la qualité, la complétude et l’adaptation aux environnements du Luxembourg et, enfin, stimuler les collaborations.»

  

Les postes où il est le plus difficile de recruter du personnel

– Développeur d’applications mobiles

– Chefs de projets

– Consultant sécurité

– Consultant et administrateur cloud/SaaS,

– Business Analyst

– Auditeur IT

– Web marketer

– Manager de contenu Internet (Web content Manager)

– Consultant en référencement (SEO et SEA)

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e-jobs, manque de «soft skills» !
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L'étude e-jobs de l'IUIL et du CRP Henri Tudor pour mieux comprendre les besoins en termes de skills
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