«L’appellation est galvaudée, tout comme la désignation Tier III+ qui d’ailleurs n’existe pas! Ces appellations deviennent génériques. D’un côté, nous pourrions nous en féliciter: n’est-ce pas, pour l’, la meilleure preuve de reconnaissance? Malheureusement, c’est abuser les clients. Ces appellations tiennent à des certifications que seul l’ est en mesure de délivrer. Au niveau mondial, seul compte trois Data Centres Design certifiés par l’Uptime Institute, dont un certifié Conctructed Facility Fault Tolerant (le 3ème en Europe). Le marché devrait s’y intéresser davantage: soit le prestataire est certifié, soit il ne l’est pas!»

Philip Collerton, Managing Director EMEA, Uptime Institute, ne mâche pas ses mots. «Nous avons inventé le ‘Tiering’ pour normaliser la conception, la construction et l’exploitation des Data Centres; nos certifications servent à sécuriser le budget, réduire les coûts, garantir les niveaux de SLA et à générer des opportunités de connectivité.»

Créé en 1993 aux Etats-Unis par Ken Brill, l’Uptime Institute a fondé son activité sur l’évolution des besoins des clients en termes de Data Centres auquel l’organisme répond par de la formation, des conférences, de la recherche, du conseil et des certifications.

C’est en 2009 que l’Uptime Institute introduit les fameuses certifications « Tier » (Tier I à IV) visant à qualifier la capacité des Data Centres à répondre aux exigences métiers selon une série de critères précis (sécurisation, redondance des équipements, solutions de refroidissement, gestion de l’énergie…). Et si le label est devenu un standard à l’échelle mondiale, une seule organisation le délivre. Pas moins de 350 centres de données sont aujourd’hui certifiés dans le monde et 190 projets de sont en cours.

Pour Philip Collerton, il ne s’agit de multiplier les certifications, mais d’évoluer en termes de disponibilité et de qualité de services. «L’enjeu, désormais, se situe au niveau de la gestion au quotidien avec des clients qui attendent du 100% de dispo!»

Aussi, l’Uptime Institute a décidé de faire évoluer ses certifications. A la notion de ‘Design’, l’organisation ajoute celle de ‘Fault Tolerant – Constructed Facility’. «La première n’engage pas, la seconde oui!», résume Philip Collerton. Pour preuve, un opérateur de Data Centre reconnu ‘Tier IV Designed’ perdra automatiquement sa certification s’il ne vise pas le niveau ‘Tier IV Fault Tolerant Constructed Facility’ dans un délai de deux ans!

«Notre ambition est d’encourager nos membres à aller toujours plus loin, à viser la perfection», renchérit Philip Collerton. De là, aussi, la nouvelle certification Operational Sustainability. On vise ici la gestion, l’exploitation et la maintenance du site plutôt que sa topologie de conception et de construction. La viabilité opérationnelle établit les comportements et les risques au-delà du système de niveau de classification (I, II, III, IV) qui ont un impact à long terme la performance des centres de données. «Bref, on jette un pont entre les comportements de gestion du site et la fonctionnalité de niveau de l’infrastructure du site

«Notre ambition est d’encourager nos membres à aller toujours plus loin, à viser la perfection, poursuit Philip Collerton. Pour un Tier IV, c’est un moyen d’approcher les 100% de disponibilité, les 100% mythiques. Car si on s’en peut s’en approcher du point du vue infrastructure, c’est au niveau opérationnel, que vous serez finalement jugé!»

Depuis 2011, un autre label, indépendant de la certification Tier, est également accessible. Ce dernier, baptisé M&O (Management and Operations), valide les processus opérationnels du centre en dehors de tout aspect infrastructure. Qualifications, compétences et formation du personnel sont ici des éléments clés au même titre que les processus de maintenance. Ce label permet à certains Data Centres, trop anciens pour répondre aux critères actuels du tiering, d’être néanmoins reconnus pour la qualité de leur gestion et de leur exploitation.

L’Uptime Institute s’invite dans les Data Centres de EBRC

Bienvenue dans le plus petit pays qui compte le plus de Data Centres certifiés Tier IV! Voici peu, EBRC recevait dans ses murs quelques membres éminents de l’Uptime Institute, majoritairement des ingénieurs.

Visite de Data Centres, échange d’informations, discussions sur les dernières best practices… C’était le premier jour. Le deuxième, présentations de contenus de l’Uptime Institute ou de l’industrie avec des avis de participants, dont certains sont parfois provocants. Parmi les sujets abordés, le Direct Liquid Cooling. On a parlé aussi de l’impact du Cloud en termes de risques, de DCIM, etc.

«Nous sommes heureux d’avoir pu accueillir l’Uptime Institute, commente Yves Reding, CEO, EBRC. C’est la seule référence mondiale au niveau des Data Centres, la seule référence objective avec des tests sur site. Et dans un monde réclamant plus de disponibilité en raison d’une criticité toujours plus grande, c’est fondamental.»

«Les clients nous demandent une disponibilité maximale, une maîtrise à tous les niveaux de la chaîne, enchaîne Bruno Fery, Head of Data Centre Services, EBRC. Nous sommes engagés sur un chemin d’amélioration continue. Nous avons cette culture d’amélioration continue dans nos gènes, nous allons plus loin que le papier, plus loin que la certification.»