Fintech, changement de statut : de concurrents à partenaires

par | Avr 7, 2017 | Business | 0 commentaires

82% des établissements financiers traditionnels prévoient de renforcer leurs partenariats avec les fintech d’ici 5 ans, assure PwC.

88% des 1300 dirigeants d’établissements financiers traditionnels de plus de 70 pays interrogés par PwC craignent une perte de leurs revenus au profit d’une fintech au cours des cinq ans à venir ! Ces grands acteurs internationaux de la banque, de l’assurance ou de la gestion d’actifs estiment même en moyenne à 24% la part de leur business qui serait menacée, en particulier les prêts personnels et les finances personnelles dans la banque. Ce sont les start-up qui sont considérées comme les mieux placées pour créer la rupture dans le secteur au cours des cinq ans qui viennent, pour 75% des sondés, devant les géants du Net et des réseaux sociaux (55%) ou de l’informatique (50%), les e-commerçants (43%), les opérateurs d’infrastructures financières (41%), loin devant les institutions traditionnelles (28%).

«Le secteur des services financiers sera méconnaissable dans cinq ans. Les innovateurs d’aujourd’hui ne seront pas forcément ceux de demain, prédit PwC. Les jeunes générations arrivant sur le marché voudront le même niveau de service et d’innovation qu’ils obtiennent des GAFA américains (Google Apple Facebook Amazon) ou des BATX asiatiques (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi).»

La fin d’une époque ? C’est sûr. La guerre ? Pas forcément. En moyenne, 45% des acteurs historiques interrogés ont déjà noué des partenariats avec des entreprises de la fintech; ils étaient 32% voici un an… Mieux : 82% envisagent d’accroître cette collaboration dans les trois à cinq ans à venir.

«La fintech a évolué de start-up voulant battre les acteurs en place à un écosystème plus large de différentes entreprises cherchant dans bien des cas des partenariats. Les start-up de la fintech n’ont pas seulement besoin de capital, il leur faut des clients. En même temps, les acteurs historiques ont besoin de nouvelles approches pour conduire le changement et innover», analyse PwC.

De nombreuses startups ont d’ailleurs fait évoluer leur modèle, du business-to-consumer (B2C) au business-to-business (B2B), en d’autres termes en fournissant des services ou des solutions technologiques à des entreprises, notamment des acteurs financiers, plutôt qu’en direct aux consommateurs sous leur marque propre. PwC cite l’exemple des robo-advisors, ces outils de gestion financière automatisée qui sont désormais intégrés dans des plateformes d’acteurs de renom afin de profiter d’une large base de clientèle installée.

Le rapprochement peut se faire par la technologie elle-même. Les acteurs historiques investissent en priorité dans la mise à jour de leur informatique existante, l’analyse de données, le mobile mais aussi l’intelligence artificielle (IA) : 57% des établissements financiers français prévoient d’investir dans l’IA en 2017 (contre 34% au niveau mondial) et 52% prévoient d’investir dans la robotique (30% en moyenne dans le monde).

Selon les chiffres de la plateforme DeNovo de PwC, les start-up qui cherchent à intégrer l’intelligence artificielle aux services financiers ont bénéficié de financements de l’ordre d’un milliard de dollars par an au cours des deux dernières années. La blockchain est l’autre technologie qui a la cote : 77% des acteurs historiques s’attendent à adopter ce registre numérique décentralisé dans leurs systèmes ou leurs processus d’ici à 2020. Les usages identifiés seront dans les infrastructures de paiement et de virement et la gestion de l’identité numérique.

«Nous sommes en train d’assister à l’adoption rapide de la blockchain par les acteurs de la finance», observe PwC. A la fin de l’année 2016, BNP Paribas a effectué des paiements instantanés entre deux clients situés dans deux pays différents grâce à la blockchain. Cet exemple souligne les bénéfices de cette technologie de rupture pour les acteurs traditionnels : réduire les coûts et les délais mais aussi supprimer tout risque d’erreur dans la transaction.

Si les acteurs traditionnels de la finance et les fintech sont amenés à travailler davantage ensemble sur des sujets tels que les paiements instantanés permis par la blockchain, de nombreux freins persistent, constate encore PwC. Pour les établissements financiers, des difficultés émergent en matière de stockage de sécurité informatique pour (58% des répondants) mais aussi d’incertitudes réglementaires (54%) et de différences de management et de culture d’entreprise (40%). Du côté des fintech, les différences de management et de culture avec les autres entreprises du secteur représentent la principale difficulté qu’elles rencontrent (55% des répondants), juste devant les incertitudes réglementaires (48%).

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